20.04.2012

L’ultime avertissement de François Bayrou avant le 22 avril

La campagne présidentielle s’achève avec cette impression amère, confirmée par la presse internationale sidérée, qu’elle n’a pas traité les sujets essentiels : la crise de la dette et le chômage, suivi par le niveau de plus en plus dégradé de notre éducation. Elle a aussi quasiment éludé l’écologie et la santé publique. Seul le candidat François Bayrou a cherché à tenir un langage de vérité sur la gravité de la situation économique de la France et a fait des propositions fortes pour le « produire en France » et sur « l’instruire ». Eva Joly a parlé d’écologie et de santé publique, mais sans que ces sujets importants mobilisent car devenus non prioritaires, au point qu’elle ne parle plus d’écologie dans son clip officiel de campagne.

Cette campagne a continué de fonctionner sur un ancien référentiel, le clivage traditionnel « gauche-droite », alors qu’il y a plus de division et même une vision différente de modèle, au sein de la droite et au sein de la gauche qu’entre la partie gauche et la partie droite plus centrales, c'est-à-dire en désaccord avec son extrême. Les candidats des extrêmes, d’extrême gauche comme d’extrême droite, veulent "casser le système", casser l'euro ou l'Europe, sortir du capitalisme et de la mondialisation en prônant le protectionnisme, tout en désignant les boucs émissaires. Comme dit François Bayrou : « Sarkozy est le candidat de la division et Hollande le candidat de l’illusion, et les extrêmes sont soit dans "l'extrême division" soit dans "l'extrême illusion". Mais « Les partis se tiennent par leur noyau dur » !

Sur leur vision du modèle de société, Sarkozy, Hollande et Bayrou sont au moins d’accord sur des objectifs communs même s’ils dénotent des priorités différentes et certaines nuances : préserver l’Europe et l’Euro, sauvegarder notre modèle social, assainir les finances publiques en réduisant le déficit, réindustrialiser la France, mieux réguler la finance, intégrer la dimension écologique même si le thème reste en retrait, sans casser le système. La candidate écologiste Eva Joly est aussi dans la continuation de ce modèle même s’il donne plus de priorité à certains thèmes (écologie et lutte contre la corruption). Alors que Sarkozy prétend "protéger" tout en divisant les Français, Hollande prône l'égalité par la "redistribution" mais en faisant des promesses intenables et en s'adressant à "la gauche", c'est François Bayrou qui à mon avis a la meilleure analyse, tenant un langage de vérité avec une approche lucide et pragmatique et visant vraiment à "créer" de l'activité, des vrais emplois, pour sauver à la fois notre modèle social et nos emplois, en assurant plus de solidarité, en rassemblant et en s'adressant à tous les Français. Je pense également que son idée de rassemblement central autour de cette vision commune, des priorités visant à sortir la France de la crise en prenant les problèmes à la racine et en responsabilisant les citoyens, est la bonne, même si elle est mal comprise dans le contexte de bipolarité politique gauche-droite. Et qui d’autre que lui, François Bayrou, pourrait conduire ce rassemblement central ?

Avant de voter, écoutons l’analyse de François Bayrou et son ultime avertissement :

La France est dans une situation économique désastreuse, beaucoup plus grave que Sarkozy et Hollande le disent. Niveau insupportable de la dette publique et du déficit commercial extérieur, désindustrialisation galopante. Et ceci est dû aux politiques publiques des gouvernements de gauche comme de droite qui ont laissé filer ces déficits et qui n'ont pas su avoir de stratégie industrielle, qui n'ont pas anticipé et géré les évolutions technologiques, la mondialisation etc.

Cette situation n’est pas due à la mondialisation, à la Chine, ni à l’euro. La preuve c'est que les autres pays, dans un même contexte, avec le même coût du travail, et pour la plupart dans l'euro, ont une balance commerciale en excédent et un faible chômage : Allemagne, Pays-Bas, Pays nordiques ... Notre modèle social est maintenant mis en danger si on ne redresse pas la barre tout de suite. François Bayrou soutient l’euro et l’Union Européenne face à ceux qui veulent remettre en cause la monnaie unique ou qui refusent de payer la dette que les gouvernements français ont accumulée depuis trente ans, face à ceux qui voudraient une solution argentine (qui s’est traduit par un effondrement de 50% du niveau de vie, 53% de personnes passées sous le seuil de pauvreté, exil,…).

 - Le niveau de la dette publique est tel qu'il faut absolument le geler (puis le réduire …) en s'interdisant tout déficit et en immunisant le taux d'intérêt, mais avec une solution crédible, pas en s'imaginant qu'il suffit de faire payer les riches ou avoir recours à un financement à taux zéro de la BCE, ce qui n'est pas envisageable sans l'accord des partenaires européens et qui génèrerait une inflation telle que ce serait ruineux au final.

L'assainissement des finances publiques doit s'accompagner d'une politique de croissance basée sur le « produire en France » soutenu par le « acheter français », mais pas par une dépense publique excessive, pas par des chèques en bois, pas par des emplois subventionnés ou très à la marge. Une politique de soutien de la demande par la consommation (augmentation des salaires etc.) ne pourra réussir si les consommateurs achètent surtout des produits étrangers. Au contraire, cela creusera encore un peu plus le déficit commercial et n’arrangera pas plus les finances de l’État. Pourtant, c’est l’erreur que voudrait commettre à nouveau la gauche si elle parvenait au pouvoir. Il faut redynamiser l'économie filière par filière en créant de l'activité. François Bayrou a donné des multiples exemples dans l'industrie, dans la filière bois, dans le numérique, etc.

François Bayrou soutient son argumentation en comparant la France à l’Allemagne :

-          La France, depuis 2005, a un déficit commercial extérieur (exportations-importations) qui s’est creusé jusqu’à atteindre 70 milliards en 2011 (ce qui est équivalent en montant à 3 millions de salaires charges comprises !), alors que l’Allemagne a un excédent de 160 milliards (équivalent de plus de 6 millions de salaires charges comprises !).

-          Pourtant les deux pays sont de même niveau, avec la même monnaie, les mêmes coûts salariaux, les mêmes niveaux de protections sociales (le coût du travail est même un peu supérieur en Allemagne).

-          En étudiant attentivement chaque filière, François Bayrou a cherché à comprendre pourquoi la France ne produit plus et pourquoi l’Allemagne produit beaucoup. L’Allemagne était au même niveau que le France en 2004 mais le gouvernement de Gerhard Schröder avait décidé de mettre en œuvre un plan industriel qui porte maintenant ses fruits, en regardant filières après filières les spécificités de chaque marché.

François Bayrou a pris pour exemple la filière bois. La France métropolitaine a 16 millions d’hectares de forêts et 450 000 emplois. En Allemagne, il y a 11 millions d’hectares de forêts et 800 000 emplois. Cela voudrait dire qu’en France, il manque plus de 500 000 emplois avec ses ressources forestières. Pourquoi ? Parce que l’Allemagne a décidé d’un grand plan de réimplantation de scieries et que la France va en Allemagne pour scier ses arbres !

Il a aussi donné un autre exemple, avec l’industrie automobile. Il y a sept années, Renault produisait 1,2 million de véhicules en France et Volkswagen autant en Allemagne. Aujourd’hui, Renault ne produit plus que 440 000 véhicules en France et Volkswagen en produit 2,2 millions en Allemagne. Les ouvriers de Volkswagen ont même eu droit à une prime de 7 500 euros pour les remercier du travail accompli.

L’Allemagne a veillé à préserver ses emplois sur son sol, par une politique industrielle et par le soutien des partenaires sociaux qui sont associés aux décisions de l’entreprise. Ces derniers ont aussi accepté de recourir au chômage partiel pendant le temps fort de la crise économique, en 2009 notamment, pour garder les compétences et pouvoir reprendre ensuite l’activité lors de la reprise. Le dialogue social joue un rôle essentiel dans cette stratégie. De même que l’entrée de représentants du personnel avec droit de vote dans les conseils d’administration des entreprises devrait aussi, selon François Bayrou, faciliter ce dialogue, l’approbation d’une stratégie qui défend l’emploi. Il prône aussi la participation de représentants de personnel que dans les comités de rémunération afin de mieux contrôler les rémunérations de leurs dirigeants.

L’approche de François Bayrou part d’une analyse profonde et d’une vision du modèle de société articulé autour des valeurs républicaines. Elle est pragmatique, s’enrichissant des expériences qui ont réussi, dans les autres pays, ou au sein de notre pays. Elle est responsabilisante, ne cherche pas les boucs émissaires, la condamnation de causes extérieures, ce qui empêche de voir nos propres défauts. Enfin, il a confiance dans les citoyens qui ne demandent qu’à éveiller leur conscience, à comprendre, à être informés, pour contribuer aux réflexions, au débat et à choisir en connaissance de cause.

26.02.2012

Libre, François Bayrou est le seul à pouvoir véritablement moraliser la vie politique

Samedi 25 février 2012, François Bayrou a tenu son quatrième grand forum thématique, sur les questions de justice, de démocratie, des contre-pouvoirs (notamment sur l'indépendance de la presse). Edwy Plénel était invité de la troisième table ronde, ainsi que  Jean-François Kahn, délectant l'auditoire d'excellentes interventions bruyamment applaudies, Edwy Plénel citant Tocqueville qui  menaçait la démocratie du risque de "dictature douce" ou encore, à propos des atteintes faites à la démocratie, Péguy qui disait "Il y a quelque chose de pire que d'avoir une âme perverse. C'est d'avoir une âme habituée". 

Retenons aussi le remarquable discours de clôture de François Bayrou, dénonçant les dérives et abus du pouvoir, les conflits d'intérêt, les relations incestueuses du pouvoir avec le monde des médias et des puissances financières, annonçant s'il est élu président en 2012 un référendum sur la moralisation de la vie politique, le 10 juin, le même jour que le premier tour des élections législatives, incluant les propositions suivantes :

Les 12 propositions de François Bayrou :

1/ Fixation des règles de composition d'un gouvernement resserré de moins de 20 ministres.

2/ Cumul des mandats "interdit" pour les députés dès les législatives de juin, "limité" pour les sénateurs.

3/ Délégation de vote supprimée et donc présence obligatoire des députés pour voter les lois; tous les votes seront publics.

4/ Fixation des principes d'une nouvelle loi électorale et d'une nouvelle composition de l'Assemblée nationale: nombre des députés diminué d'un tiers, "de l'ordre de 400" au lieu de 577 aujourd'hui. Elus pour trois-quarts au scrutin majoritaire actuel et pour le quart restant à la proportionnelle. Réduction du nombre de sièges applicable au Sénat.

5/ Reconnaissance du vote blanc à toutes les élections.

6/ Obligation effective de parité hommes-femmes.

7/ Suppression de "la myriade de micro-partis individuels ou de complaisance".

8/ Définition du conflit d'intérêts pour les responsables politiques, pour les hauts fonctionnaires (obligation de déclaration publique des intérêts privés avant l'entrée dans la fonction et lors de toute modification, fixation des incompatibilités), création d'une Autorité de déontologie de la vie publique pouvant être saisie par les citoyens.

9/ Interdiction du retour dans la vie publique des élus condamnés pour corruption.

10/ Indépendance de la justice. Le ministre de la Justice aura un statut particulier. Sa nomination, proposée par le duo exécutif, devra être soumise à l'approbation d'une majorité qualifiée du Parlement, devant qui il sera individuellement responsable et par qui il pourra être censuré. C'est lui qui conduira au nom du gouvernement la politique pénale de la nation.

11/ Indépendance des médias. Abrogation de la procédure "scandaleuse" qui fait de la nomination des présidents de l'audiovisuel public l'apanage personnel du chef de l'Etat.

12/ Procédure nouvelle pour éviter les nominations de complaisance et les soumettre à une approbation du Parlement et non pas à la "pseudo-approbation" actuelle.

Compte tenu de toutes les affaires, les casseroles, que traînent l'UMP et le PS depuis des années où il ont conduit le pays en alternance et en monopolisant le pouvoir, seul un homme (ou une femme) honnête, intègre et libre de ces appareils, non tenu par des parlementaires qui n'accepteront jamais de lâcher leurs privilèges, peut proposer une telle refondation, peut s'engager enfin à ce que ces promesses, tant attendues par nombre de Français, soient enfin traduites dans les actes. Et ceci dès le vote en référendum, approuvé par les Français eux-mêmes (notamment le non cumul des mandat pour les députés élus en mai prochain !). Seul le point 4 sur la nouvelle loi électorale, diminuant le nombre de députés et instituant 25% de scrutin à la proportionnelle, ne peut être mise en place que pour la prochaine législature, car elle nécessite un travail préparatoire, un redécoupage des circonscriptions).

François Bayrou est cet homme-là. Il a de plus de l'expérience et vise réellement la reconstruction du pays, dans un esprit d'unité nationale et non plus d'affrontement camp contre camp. Eva Joly aurait pu aussi, en tant que femme intègre et soucieuse des mêmes objectifs, mais son parti, trop lié au PS, n'est pas libre. Jean-Luc Mélenchon non plus n'est pas libre et quand il prône une Assemblée constituante et exhorte les citoyens à "reprendre le pouvoir" dans un esprit révolutionnaire, alors qu'il annonce son ralliement au PS, ce n'est pas crédible. Corinne Lepage également, mais qui pèse si peu électoralement et qui n'a pas la potentialité de François Bayrou d'atteindre le second tour.

Il est temps de tourner la page, de donner un grand coup de balai ("Escoubat !" comme on dit en béarnais ...).

Extrait du discours de François Bayrou :

"Cette moralisation de la vie publique qui traîne depuis trente ans, dont tout le monde parle depuis trente ans sans que jamais rien ne change, cette moralisation de la vie publique, je considère qu'il est vital, vital pour la France, de la conduire maintenant à son terme. 

... Je ferai une vie politique honnête et insoupçonnable parce que je serai un président libre, lié à aucun réseau, ne trimbalant aucune affaire lointaine et que j'aurai pour le faire le soutien des Français.

... J'en suis arrivé à une certitude : le monde politique tel qu'il est dominé par les deux partis du monopole du pouvoir est incapable de se réformer lui-même. Or la réforme est vitale pour retrouver l'estime du peuple envers ses élus et ses dirigeants et pour que cessent les manipulations et les manoeuvres. Elle est nécessaire en particulier et surtout pour redresser la France et la sortir de la crise, car la condition du redressement, c'est la confiance retrouvée. Pour rétablir les principes de la République, les simples principes de l'éducation civique, il faut donc en passer par la seule autorité qui vaille, qui est l'autorité directe des Français. "


AGENDA 2012/2020, 4ème Forum, Démocratie... par bayrou

12.02.2012

La campagne présidentielle 2012 se fera-t-elle sur « les valeurs » ?

Samedi 11 février 2012, François Bayrou tenait son troisième forum, sur le thème des solidarités et du contrat social. Dès le début, il donne le ton, s’en prenant violemment à Nicolas Sarkozy, sur le registre des « valeurs », en témoigne cet extrait de son discours d’ouverture au forum :

"Nous n'avons pas écrit le scénario en connaissant tous les événements qui donneraient son sens à cette journée.

Mais chacun d'entre vous mesure que le déroulement de la campagne électorale, les déclarations faites hier ou ce matin par Nicolas Sarkozy et qui montrent l'axe qu'il va suivre pour sa campagne électorale, donnent tout leur sens à cette journée. Et les mots qu'il a employés, je dirai cet après midi ce que j'en pense tant ils me paraissent révélateurs d'une orientation qui n'est pas la nôtre, en particulier le mot de « valeurs », ces mots donnent tout leur sens à cette journée parce qu'en effet, c'est « valeurs » contre « valeurs ».

Les valeurs qui sont les nôtres ne sont pas celles qui sont exposées dans ses déclarations qui dessinent une campagne électorale, en réalité celle de la division des Français, du choix d'un certain nombre de cibles proposées à l'exaspération collective. Et cela ne peut être à nos yeux qu'un immense affaiblissement pour un peuple, pour une société, pour une nation comme la nôtre.

Nous aurons toute la journée à illustrer notre projet de société à nous. Et notre projet que je crois profondément en phase avec le projet de société historique de la France, le projet républicain de la France, notre projet de société à nous porte un nom tout simple, il s'appelle «humanisme » !

C'est cet humanisme-là qu'il va falloir défendre contre des stratégies qui, en réalité, le fragilisent et le ruinent.

Cette journée prend naturellement à nos yeux tout son sens puisque nous allons aborder le cœur de ce qu'un projet de société humaniste signifie, c'est-à-dire la solidarité qui fait qu'un peuple, une nation, une société ne sont pas formés de personnes individuelles étrangères les unes aux autres, chacune s'occupant de son propre avenir, de sa propre situation, mais qu'il y a entre nous des liens qui font que nul n'est abandonné, singulièrement pas le plus faible, nul n'est oublié, singulièrement pas celui qui a des difficultés, nul n'est laissé de côté, singulièrement pas le plus fragile.

Vous voyez bien à quoi correspondent ces valeurs dans l'histoire des idées, des convictions du monde.

C'est l'idée que chaque être humain est, en soi, un absolu. Il peut être malade, il peut être paralysé, il peut être sans capacité de production, il peut être génial, il peut être formidablement entreprenant, il n'y a pas de différences, il n'y a pas de balance où l'on pèse celui qui sert et celui qui ne sert pas et où on peut soutenir l'un et abandonner l'autre.

C'est cela notre choix. Ce choix-là est en effet, puisqu'ils aiment tant utiliser le mot, un choix de « civilisation » !

De même dans son discours de clôture :

"Or, ce que l'on nous propose aujourd'hui, ce que Nicolas Sarkozy présente comme valeurs, c'est à mes yeux la négation même d'un certain nombre de ces valeurs qui ont fait la France ! L'idée, pour gagner des voix, d'un référendum organisé sur le droit des chômeurs, c'est la négation de ce qu'un chef d'État doit à un pays comme la France. Ce ne sont pas les chômeurs qui sont responsables du chômage, ce sont les gouvernants !

Il y a peut-être dans le rang des chômeurs, probablement ou sans doute, quelques abus, mais pas davantage que dans le monde de la finance, pas davantage que dans le monde de certains élus lorsqu'ils abusent des fonds publics ! S'il y a des abus, il faut y répondre, corriger, mais pas en faisant des chômeurs le symbole des dérives d'une société dont ils sont les victimes et pas les coupables ! Vous voyez ce que le référendum veut dire. Le référendum, nous le savons bien, chaque fois qu'un sujet est passionnel, c'est l'assurance de faire flamber les passions. Et lorsque le sujet du référendum, ce sont des personnes, chômeurs ou étrangers, alors c'est contre ces personnes que les passions flambent et nous savons bien que pour obtenir le oui, s'il y a référendum, il faudra exposer, étaler largement des exemples d'abus. Alors, on votera contre le voisin d’immeuble, le voisin de pallier, le voisin de village, et on déchirera ainsi la société française.
Les hommes politiques ne devraient pas s'y prêter. Les hommes d'Etat devraient se l'interdire et le président de la République en fonction plus que tout autre car sa mission, sa fonction, c'est d'avoir charge de tout un peuple non pas pour le diviser, mais pour l'unir. C'est cela la fonction d'un président de la République."

François Bayrou présente l’idéal républicain comme les valeurs de l’humanisme qu’il souhaite incarner, comme il l’avait décrit dans la préface de mon livre « La révolution humaniste » (éditions Salvator). Dans son texte, d’une grande profondeur, François Bayrou s’exprime sur la nature des crises que nous traversons et  sur la République vue comme un projet politique, un projet de société et même un principe de civilisation.

 

Liberté-Egalité-Fraternité, triptyque de valeurs unies et indissociables, se tenant comme une clé de voûte, marque la devise de cette République qui vise à libérer l’homme, à l’émanciper et à l’assurer, à l’épanouir, à le lier aux autres dans un destin commun.

François Bayrou poursuit, dans son discours de clôture :

« Nous pensons qu'humanisme signifie en même temps liberté et solidarité.
La liberté n'est pas un acquis, elle n'est pas naturelle, elle se construit et elle se construit contre un certain nombre de tendances naturelles de l'humanité. Ce qui est naturel, si on laisse faire, c'est la domination des forts sur les faibles, l'aliénation. La liberté se gagne par des conditions matérielles de dignité, de logement, de santé, de revenu, elle se protège par la loi, elle se construit par la culture et le parler droit.
La solidarité non plus n'a rien de naturel. Ce qui est naturel, c'est l'égoïsme. La solidarité au contraire exige le partage, l'élaboration de mécanismes de soutien, d'alerte. Donc la liberté et la solidarité, ensemble, sont le fruit de politiques décidées en commun, soutenues, encouragées, conduites par la puissance publique.
Eh bien la France est ce pays qui, sous le nom de République, a fait de l'humanisme son idéal national.
La République libère de toutes les dépendances et garantit le vivre ensemble. C'est pourquoi elle protège les consciences par la laïcité.
La République n'abandonne pas les plus faibles. C'est pourquoi elle construit des sécurités : assurance maladie, assurance vieillesse, assurance accident du travail, assurance-chômage.
La République investit dans l'avenir. C'est pourquoi elle a porté la politique familiale la plus déterminée de tout le monde occidental. C'est pourquoi elle considère que l'école, dont nous avons parlé ici même la semaine dernière, est l'alfa et l'oméga, le commencement et le but de son projet.
La République sait que la solidité d'une chaîne se juge à la solidité de son maillon le plus faible, c'est pourquoi elle considère le handicap et la dépendance comme son affaire, la lutte contre la précarité et les discriminations comme son affaire. 
Voilà les convictions qui sont les nôtres et celles de la République. Elles ont été portées avec constance au travers du temps par les courants de pensée démocratiques et républicains qui ont fait la France.
Or, ce que l'on nous propose aujourd'hui, ce que Nicolas Sarkozy présente comme valeurs, c'est à mes yeux la négation même d'un certain nombre de ces valeurs qui ont fait la France ! L'idée, pour gagner des voix, d'un référendum organisé sur le droit des chômeurs, c'est la négation de ce qu'un chef d'État doit à un pays comme la France. Ce ne sont pas les chômeurs qui sont responsables du chômage, ce sont les gouvernants ! »

Invité au 20 heures de France 2 ce dimanche 12 février 2012, François Bayrou a estimé que "le détournement des valeurs de la France" par Nicolas Sarkozy constitue "une fracture" : "Je ne dirai pas qu'il s'agit d'un virage à droite, car je n'aime pas cette expression. Il y a des valeurs de droite qui sont honorables et respectables. Ce que fait Nicolas Sarkozy, c'est un détournement d'une partie des valeurs qui ont fait la France". "Les responsables de la crise ne sont évidemment pas ceux qui sont au chômage" et que  "personne n'est au chômage par plaisir". "Il est profondément blessant que tout ce que trouve à dire Nicolas Sarkozy, c'est qu'on va faire un référendum sur les chômeurs. Ces déclarations constituent une ligne de fracture. Je ne peux accepter ce qu'il est en train de faire".

Déjà en 2007, lorsque François Bayrou avait déclaré entre les deux tours de l’élection présidentielle qu’il ne voterait pas pour Nicolas Sarkozy, il justifiait sa décision par une confrontation de « valeurs », alors que son absence de soutien pour Ségolène Royal était sur un autre registre, celui du manque de crédibilité de son projet, insoutenable sur le plan financier notamment.

Nous comprenons avec le recul tout le sens de cette décision. D’ailleurs, de nombreuses personnalités politiques issues de la droite ne se reconnaissent plus dans l’UMP de Nicolas Sarkozy et rejoignent maintenant François Bayrou, ne supportant plus viscéralement  les orientations de Nicolas Sarkozy, justement sur la question des « valeurs ». Parmi ses nouveaux soutiens citons par exemple Dominique Versini (ex défenseur des enfants et co-fondatrice du Samu Social), d’anciens gaullistes proches de Philippe Seguin, d’anciens compagnons politiques de François Bayrou, soit issues des rangs de l’UDF avant 2002 comme les anciens ministre Alain Lambert, Philippe Douste-Blazy ou Anne-Marie Idrac, soit qui avaient rejoint Nicolas Sarkozy en 2007 avec le « Nouveau Centre », comme Philippe Folliot, ainsi que des proches de Dominique de Villepin comme Daniel Garrigues ou encore de Jean-Louis Borloo.

Cependant, il faut s’interroger sur un clivage politique marqué par « les valeurs » …

Les prétendues valeurs républicaines ne sont-elles pas elles-mêmes relatives ou à nuancer et n’est-ce pas plutôt dans l’orientation et l’interprétation que l’on donne à ces valeurs, dans leur équilibre entre elles, que l’on doit trouver le « bien commun » ?

En effet,la liberté, source de l’émancipation de l’homme, peut aussi vouloir dire » individualisme, égoïsme, primauté de soi sur l’autre, dérégulation nuisible sur le plan du commerce, d’un libre-échange incontrôlé.

De même quel’égalité, entendu comme garantie de l’égalité des chances, reconnaissance égale de la dignité de l’homme, qu’il soit fort ou faible, dans ses potentialités, peut aussi nier l’altérité à la source de la personnalité humaine, voire la notion de mérite et d’effort.

Quant à la fraternité, base de l’altruisme, de la reconnaissance de l’autre comme un frère par sentiment d’appartenance à une famille de destin, d’une communauté humaine, fondement de la solidarité entre les hommes, peut aussi a contrario signifier communautarisme, solidarité forcée ou organisée, qui peut remplacer le lien social en remplaçant la relation humaine par une forme matérielle de solidarité, par une relation au système.

On peut donc se proclamer républicain, qu’on soit de gauche, du centre ou de droite, adhérer aux mêmes valeurs proclamées, mais avec un dosage ou des priorités différentes …

Nicolas Sarkozy, dans son entretien au Figaro, avait lui-même annoncé son intention de battre campagne sur les valeurs, en vantant «  le travail, la responsabilité, l'autorité, ». En soi, ces valeurs prônées par la droite ne sont pas antagonistes avec l’humanisme prôné par François Bayrou. Ce sont plutôt les valeurs sous-jacentes, non exprimées explicitement par Nicolas Sarkozy mais implicites dans ces déclarations, que réfute François Bayrou.

D’ailleurs, François Bayrou a réagi contre les propos de Claude Guéant sur la prétendue supériorité des civilisations, à la fois en relativisant cette affirmation, rappelant que notre civilisation occidentale a généré le colonialisme, le fascisme, le matérialisme, l'individualisme, et surtout ressenti que cette affirmation avait une intention malveillante, s'attaquant indirectement mais avec évidence à l'islam et aux cultures arabes, visant à opposer les Français les uns contre les autres.

Entre les valeurs proclamées et pas forcément respectées d’un côté, et les valeurs sous-jacentes révélées par les actes ou des sous-entendus et non exprimées de l’autre, il peut y avoir un espace immense, un précipice dans lequel tombent les citoyens peu vigilants, où prospère la haine et le ressentiment en même temps que la bonne conscience … Cocktail explosif !

09.02.2012

Une campagne présidentielle 2012 défensive, jouant sur des sentiments négatifs

L’impression générale que me donne cette campagne est qu’elle manque d’enthousiasme, qu’elle est celle d’un vote par défaut ou contre le candidat qu’on rejette plutôt qu’un vote d’adhésion, qu’elle joue plutôt sur des sentiments négatifs d’inquiétude, de ressentiment, voire de haine.

 

En effet, notons :

 

-          la polarisation « contre Nicolas Sarkozy », un rejet manifeste contre la personnalité d’un président bling-bling et à vision opportuniste et court-termiste, qui divise les Français au lieu de les rassembler, qui a multiplié les « réformes » sans grande efficacité, induisant un accroissement des inégalités avec des cadeaux fiscaux focalisés sur les plus favorisés, qui fricote avec les thèses du FN sans l’avouer, qui s’entoure de ministres également rejetés par leur attitude xénophobe ou vulgaire (Guéant, Hortefeux, Morano,…) ;

-          des propositions offensives pour certains, dans la dénonciation, voire l’accusation (des banques, de l’euro ou de l’Europe, des élites, des agences de notation, l’immigré ou l’étranger …), anti-système, en particulier du côté des extrêmes, gauche ou droite, même s’il ne faut pas les amalgamer notamment sur le plan des valeurs ;

-          des propositions défensives pour d’autres, focalisées sur la crise, le surendettement de l’Etat, l’accroissement du chômage, de la précarité, l’échec scolaire, l’appauvrissement du pays et donc des mesures de rigueur, d’économie, des propositions économiques défensives, que ce soit la tentation protectionniste ou la recommandation d’acheter français pour plus produire en France, …

-          en revanche pas vraiment d’appel positif, d’ambition, de grandeur du pays, d’envie de conquête, de bâtir un nouveau monde ou une nouvelle société plus humaine et plus juste, de réflexion sur le modèle de société pour envisager un monde moins matérialiste et moins individualiste, le besoin de donner su sens à nos vie, de retrouver le sens du bien commun et de la relation à l’autre ;

-          et la presse et les médias abondent dans ce sens cynique, les caricaturistes, les guignols, le Petit Journal n’arrêtent pas de dénigrer les personnalités politiques, les candidats, imprégnant dans l’esprit public l’idée que les hommes et femmes politiques sont des pantins, des menteurs, des zozos.

 

Pour vous aider à décoder le registre et le sens des discours des candidats, je vous recommande l’article du philosophe Roger Nifle, intitulé « Psychologie d’une élection présidentielle ». Concepteur de l’humanisme méthodologique basé sur l’intelligence symbolique, d’une anthropologie permettant d’analyser et de comprendre l’homme et les communautés humaines, et auteur d’une récent livre « Le sens du bien commun », Roger Nifle nous propose une grille de lecture appelée « carte de cohérence » ou encore une « carte de sens ».

Analysez le discours de chaque candidat, pour voir s’il est dans un registre de valeurs positives : authenticité, construction, enthousiasme, ambition, ou au contraire dans un registre de valeurs négatives : défense, ressentiment, destruction, cynisme.

Est-il plus dans la dénonciation faisant appel à des sentiments d’inquiétude, à du ressentiment, ou plus dans la proposition constructive soulevant de l’enthousiasme ?

Prenez chaque discours et à chaque phrase ou thème, cocher le sens. Faites à la fin une évaluation de la part en % de chaque sens et placer le candidat sur la carte.

Puis voyez celui qui se situe plus dans la partie supérieure de la carte. C’est peut-être le meilleur ?

08.02.2012

Rapport ODIS 2012 : « Gouvernance, lien social et performance », une vision du monde

L’association ODISSEE, avec le bureau d’étude L’ Observatoire du Dialogue et de l’Intelligence sociale (ODISvient de publier son nouveau rapport, présenté le 7 février 2012, intitulé  « Gouvernance, lien social et performance », une vision du monde.

Pour rappel, ODIS avait publié en 2004 un rapport sur l’état social de la France, comparant les régions de France en termes de lien social et de performance, puis en 2010 un rapport qui appliquait la même méthode comparative aux pays de l’Union européenne.  Ce rapport peut être commandé sur le site de la Documentation Française (27 euros), de même que le nouveau rapport 2012 (version franco-anglaise). J’avais d’ailleurs publié en décembre 2010 un article sur le rapport et ses conclusions, intitulé « Rapport Odissée sur l’état social de la France : le lien social est un facteur de performance ». J’ai aussi fait référence aux conclusions d’ODIS dans mon récent livre « La révolution humaniste », publié aux éditions Salvator.

Le rapport ODIS 2012 étend l’approche aux pays du monde, présentant des cartographies comparatives de 168 pays et des supports d’analyse indispensables pour comprendre nos sociétés.

Le principe retenu par ODIS est de recueillir une série d’indicateurs représentatifs du lien social et de la performance économique, de placer les pays à comparer sur un plan défini par ces deux axes (lien social et performance), de classer les pays et de calculer des corrélations entre des indicateurs et des groupes d’indicateurs, puis d’analyser les conclusions, de rechercher des explications aux résultats obtenus, pour enfin en tirer une vision prospective, constructive et positive, sur l’évolution souhaitée de nos sociétés pour l’avenir, une aide précieuse à l’action politique, économique et sociale.

Bien sûr, on peut toujours critiquer ou nuancer certaines hypothèses, le périmètre des indicateurs retenus* (limités par la disponibilité des chiffres par des organismes comme la Banque mondiale, l’ONU, l’OCDE, etc.), le calcul de l’indice « lien social » ou « performance » réalisé par une moyenne sans pondération, la vision statique des chiffres (photographie sur données récentes) sans mise en perspective historique notamment avant et après crise, … Mais les conclusions restent très pertinentes et sans appel : le rapport 2012 étendu à une vision mondiale confirme, comme les rapports précédents, qu’il n’y a pas de véritable performance économique sans cohésion sociale. La corrélation ne montre pas si c’est plutôt le lien social qui entraîne la performance ou si la performance favorise un terrain propice au lien social. En fait il y a combinaison des deux avec une interaction vertueuse entre ces facteurs.

Le graphique ci-dessous montre la corrélation entre lien social et performance, plaçant les pays sur la carte (nuage de points), le nuage étant agglutiné autour d’une diagonale représentant la parfaite corrélation. Pour les statisticiens, le coefficient R2 est égal à 0,61, ce qui montre une très bonne corrélation.

 

Sur les 168 pays, les mieux classés en haut et à droite sont :

1-     la Norvège

2-     la Suisse (1ère en performance)

3-     Singapour

La France n’arrive qu’en 25ème position (l'Allemagne est 19ème) et les Etats-Unis en 39ème position (bons en performance mais médiocres en lien social) …

Les pays ont été regroupés en régions (Union européenne, PECO, Asie, Amériques, Moyen-Orient, Afrique subsaharienne,…) ou encore OCDE, OPEP, Ligue arabe, BRICS, Pays de la Méditerranée.
Sur l’Europe, les meilleurs sont la Norvège, puis la Suisse et l’Islande. Les moins bien classés sont les pays d’Europe de l’Est de l’ancien bloc communiste.

Sur l’Union européenne, la Suède et les Pays-Bas sont en tête.

Sur l’Asie, les mieux classés sont Hong-Kong et Singapour, alors que l’Irak et l’Afghanistan sont les derniers.

Sur les Amériques, le Canada se détache nettement en haut à droite, l’Uruguay et l’Argentine sont bien placés, le Mexique et le Brésil moins bons sur le lien social, le Chili et le Costa Rica élevés en performance et moins bon sur le lien social.
En Afrique, les Seychelles, Maurice, la Tunisie sont les mieux classés, le Burundi a une position atypique avec un fort lien social et une performance basse, Madagascar figure dans les moins bien classés.

Il faut se plonger dans les cartes du rapport et leur commentaires, assez synthétiques pour parcourir le monde en quelques heures, et découvrir des explications éclairantes sur ce qui tire un pays vers le haut ou le bas, soit en lien social soit en performance, assorties d’éclairage contextuel sur chaque cas, qui permettent de rechercher les causes de ces résultats. 

Le sociologue fondateur d’ODIS qui a conduit l’étude, Jean-François Chantaraud, remarque que les racines du lien social sont essentiellement :

-         les moyens et techniques de communication

-         des pratiques démocratiques durables

-         l’existence de contre-pouvoirs permanents,

-         une dialectique entre le pouvoir temporels (les décideurs) et le pouvoir spirituels (les analystes de la décision, les garants d’un système de valeurs, d’un référentiel d’évaluation, qu’il soit religieux ou non, comme le parti communiste en Chine évaluant le gouvernement)

-         des valeurs humanistes et une vision tournée vers l’avenir

-         l’existence de mécanismes relationnels entre les personnes et le système

 

Ainsi, plus l’information est mutualisée, plus la société attache de l’importance au respect des personnes, des faits, des territoires, des règles, des biens, des idées, et plus elle est tirée vers le haut et la droite de la carte.

Une autre grille de lecture nous est alors proposée par ODIS, traçant une autre diagonale :

 L’originalité d’ODIS et de son approche mérite aussi d’être soulignée : ODIS fait appel à l’intelligence et à la contribution des citoyens, des experts, des partenaires sociaux, des responsables d’ONG, de syndicats et d’associations. Ainsi, un véritable dialogue est lancé, à commencer par la salle où était présenté le rapport, à l’auditorium Marceau de la Chambre des métiers, puis lors des nombreuses rencontres prévues avec les ONG (Banque mondiale, ONU, OCDE etc.), les universités, les responsables de la vie publique, politique, associative, syndicale, experts et aussi simples citoyens intéressés par la question, notamment sur Internet (s’inscrire au site ODISSEE pour proposer des contributions et des avis). De plus, ODIS devrait mettre prochainement  à disposition publique sa base de données, permettant à ceux qui veulent en extraire des chiffres, procéder à leurs propres analyses, corrélations entre indicateurs, de le faire. Enfin, ODIS pense dores et déjà à des évolutions pour enrichir son étude, notamment suggérées par les intervenants et auditeurs :

-         Evolution des pays dans le temps pour mise en perspective

-         Ajout d’autres indicateurs, si disponibles : niveau de corruption, part de l’économie parallèle, prise en compte dans la performance des économies d’énergie, du recyclage, de l’évolution vers l’économie de partage, d’achat d’un usage plutôt que d’un bien (marché de l’occasion, vélib ou autopartage, location d’outils …) car l’évolution des comportements consuméristes éco-responsables peut paradoxalement faire baisser le PIB en améliorant la performance,…

-         Extension de l’approche aux entreprises : la méthode étant rodée, il serait maintenant intéressant de l’appliquer dans d’autres domaines, par exemple de comparer les entreprises entre elles (grandes entreprises, moyenne et pourquoi pas petites, d’un même secteur ou non), pour réaliser un benchmark, selon des critères de lien social (dialogue social, parité …) et de performance. Chaque entreprise participante pourrait savoir où elle se situe sur le plan, comparée aux autres, et voir comment elle évolue dans le temps, même si les données sont confidentielles pour les entreprises ne souhaitant pas être nommées. Cela pourrait également stimuler les entreprises en vue de les inciter à s’améliorer.

Enfin, comme je l’écrivais en 2010 au sujet du précédent rapport, cette étude est une véritable leçon de politique : alors que la droite priorise la performance économique et la gauche la solidarité, le lien social, le vivre-ensemble, selon un clivage libéralisme/socialisme, cette étude révèle que les deux sont très liés. La conscience et la responsabilité citoyenne et la valorisation de l’être et de la relation humaine, plutôt que celle de l’avoir et du paraître, sont essentielles pour arriver à des efforts communs et à un consensus priorisant l’intérêt général, redonner l’impulsion à la création, à l’inspiration, que ce soit dans le domaine de la recherche, de l’entreprise, des arts et de la culture. Pour y arriver, il faut repenser « le sens de notre société », de notre vivre-ensemble », en partant des valeurs. Jean-François Chantaraud nous propose d’inventer la « sémiocratie », allant au-delà de la démocratie. « Il faut organiser une circulation et une mutualisation de l’information afin que chaque idée, chaque expérience, chaque savoir-faire et chaque énergie trouve la place qu’il mérite au profit de tous ». « Apprendre à bâtir des raisonnement collectifs dans lesquels chacun de reconnaît ».

Cette nouvelle forme de penser la société, de réfléchir ensemble pour construire un projet de société au service de l’homme, du développement humain, cela s’appelle l’humanisme.

 

 

 

Indicateurs retenus :

 

Les indicateurs du lien social :

1-      taux d’inscription à l’école primaire

2-      proportion de femmes dans les parlements nationaux

3-      parité filles-garçons à l’école secondaire

4-      taux d’activité des femmes

5-      migration nette

6-      utilisateurs Internet pour 100 personnes

7-      écart des taux d’intérêt

8-      taux de mortalité sur les routes

9-      dispersion des revenus : coefficient de Gini

10-  proportion des jeunes dans le chômage

11-  taux d’homicides volontaires

12-  particules en suspension dans l’air au niveau du pays 


Les indicateurs de performance :

1-      croissance du PIB

2-      PNB/habitant

3-      Dette publique

4-      Taux de chômage

5-      Nouvelles entreprises enregistrées (rapporté au nombre d’habitants)

6-      Exportations de biens et services

7-      Demandes de brevets (rapporté au nombre d’habitant)

8-      PIB par unité d’énergie utilisée

9-      Espérance de vie à la naissance

10-  Taux de mortalité infantile

11-  Taux d’alphabétisation

12-  Classement des universités