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19.09.2007

Droite, Gauche, Centre…Face à des philosophies différentes de l’approche de l’homme, la position du Mouvement Démocrate.

Nous tentons de différencier les partis en comparant leur contenu politique. Or, qu’est-ce qu’un contenu « politique » ?

Ce devrait être une déclinaison en projet, en programme d’actions, de valeurs que l’on cherche à promouvoir selon certaines priorités, en privilégiant des moyens qui semblent les mieux appropriés à répondre à leur mise en œuvre.

Il faut donc logiquement bien définir au préalable ces valeurs et priorités et bien argumenter quant à l’efficacité des moyens préconisés, usant de pragmatisme (par comparaison avec nos pays voisins notamment) et expérimentation (dans le passé ou sur un sous-ensemble limité avant de les généraliser).

C’est d’ailleurs une démarche usuelle en Allemagne où les partis ont tous une « Charte des valeurs ». J’ai donc cherché les « chartes de valeurs » des principaux partis politique en France. Je n’en ai trouvé qu’à l’UDF, relayée par le MoDem en cours de fondation, qui est en train d’en valider une ainsi qu’une charte éthique sur le comportement politique, ce qui me semble être une excellente initiative.

J’ai donc essayé de traduire, de décoder, les valeurs qui servent tacitement de référence à « la droite », disons Nicolas Sarkozy et l’UMP d’une part, et à « la gauche », disons le PS même s’il est divisé, d’autre part, et enfin de situer le MoDem dans ce référentiel. Puis j’ai tenté de comparer les moyens préconisés par les différents partis pour mener à bien leur politique. Ma conclusion paraîtra à certains caricaturale, mais m’a paru éclairante.

Il m’est apparu que si l’on doit résumer au plus simple « la mystique », ce qui motive profondément les intentions de « la droite », découle d’une conviction intime, d’un postulat, que l’homme est intrinsèquement mauvais et qu’il ne pourra pas s’améliorer. Il est ainsi et il faut optimiser le monde autour de ce constat. D’où les priorités d’ordre sécuritaire, à la répression plutôt qu’à la prévention, certaines croyances quant aux prédispositions génétiques, l’acceptation de la loi du plus fort, une reconnaissance des riches et des puissants, des « stars people », quels qu’aient été leur mérite, leur chance ou leur héritage justifiant leur succès matériel et médiatique, leur opulence matérielle servant de modèle ultime plutôt que les qualités morales et spirituelles. En terme de moyens, « la droite » croit plus en l’autorité, la centralisation des pouvoirs imposant des décisions (marquée par un étatisme important et de puissants lobbies sous couvert d’un apparent mais trompeur libre-échangisme), la motivation matérielle (l’outil fiscal notamment) et quantitative (culture du chiffre que ce soit pour la police, l’école, le chômage…).

De l’autre côté, la conviction intime de « la gauche » me paraît découler de l’hypothèse rousseauiste que l’homme est intrinsèquement bon. D’où la dérive libertaire et le déni des problèmes de sécurité (responsable de l’échec du PS en 2002), l’idée que tous les problèmes viennent du manque de moyens donnés à l’homme et à la prévention du mal, que ce soit sur les problèmes d’éducation (il suffit de plus d’enseignants et de surveillants…), de chômage (il suffit d’offrir une formation et une assurance sécurité emploi, de redistribuer le temps de travail quitte à sacrifier généreusement les heures supplémentaires de ceux bénéficiant d’un travail, …), au point d’en oublier les réels levier de la croissance, l’entreprise, et entretenant une illusion et, par là, des déceptions.

En terme de moyens, « la gauche » prône un interventionnisme important de l’Etat protecteur et re-distributeur. Tandis que « la droite » prône également la toute puissance de l’Etat, mais plutôt au profit de la centralisation du pouvoir et de l’application de son autorité… « La gauche » n’a pas la culture du chiffre de « la droite ». Elle est plutôt dans le registre qualitatif, plus subjectif, moins mesurable, plus flou.

La gauche comme la droite, ont infantilisé le citoyen, cet enfant intrinsèquement bon ou mauvais, lui laissant croire que l’Etat tout puissant va régler tous ses problèmes, qu’il suffit de voter, de déléguer le pouvoir et d’obéir, faire confiance… Les psychologues diront que la droite représente le père et la gauche la mère.

La gauche comme la droite, prônent la démocratie alors même que leurs gouvernements ont galvaudé ce terme et n’ont pas respecté la démocratie. La suppression de la proportionnelle à l’Assemblée puis le maintien confortable de cet état de fait, empêchant la représentativité des différents courants d’opinion au motif d’éviter celle du Front National ou d’assurer une franche majorité est une piètre excuse. L’autorisation de cumul de mandats doublée d’absentéisme à l’Assemblée est indigne. La compromission entre le pouvoir politique, financier et médiatique rend forcément illusoire la démocratie, l’information libre du citoyen. Démocratie signifie « pouvoir du peuple », s’appuyant sur sa conscience et sa responsabilité, le contraire de l’infantilisation.

Face à ces approches, le MoDem en a une autre. Il refuse la qualification de « centre », qui fait référence à quelque chose qui se situerait dans l’espace entre la gauche et la droite (donc ici entre la croyance en un homme un peu bon et un peu mauvais, entre le père et la mère …). Le Mouvement Démocrate (MoDem) est inspiré d’humanisme et de démocratie au sens originel des mots. Il a la conviction que l’homme n’est ni intrinsèquement bon ni intrinsèquement mauvais mais qu’il porte en lui biologiquement à la fois des pulsions agressives de survie (le bas cortex, la première couche dite « reptilienne » du cerveau), une affectivité (seconde couche du cerveau commune aux mammifères), et enfin une couche supérieure qui caractérise l’homme, le cerveau supérieur, qui contrôle les pulsions et l’affectivité, qui est capable de se fixer une ligne de conduite, de réfléchir sur ce qui est bon et mauvais à titre individuel et aussi à titre collectif dans le sens de l’intérêt général même si parfois il contraint un intérêt particulier.

L’humanisme vise l’amélioration de l’être humain et le progrès de l’humanité. Il croit que l’homme est en devenir vers un « meilleur », de même pour l’ensemble de la société humaine. Et que pour se faire, il doit exercer sa conscience et sa responsabilité (vis à vis de lui-même, des autres, des générations futures…), pas simplement se laisser guider et se faire dicter une conduite.

En ce sens il est logique que le MoDem commence avant toute chose à définir une  charte des valeurs et une charte éthique, une manière de conduire la politique.  Le nom de « Mouvement démocrate » n’est pas choisi au hasard. Le « mouvement » traduit cet homme et cette société en devenir. Démocrate reprend le sens originel de son nom, tant galvaudé par les autres partis. Est-ce un hasard aussi si en verlan Modem donne « Demo », qui signifie « le peuple » ?

Et nous ne sommes pas dans un monde fermé, il faut maintenant travailler avec nos homologues européens démocrates, ce que fait le MoDem bien plus que les autres partis.

Concernant les moyens d’actions de la politique, le MoDem a une approche pragmatique afin de bien comparer l’efficacité des moyens d’actions entre les pays qui ont appliqué différentes méthodes et dans quel contexte (notamment TVA sociale, leviers de croissance…) avant de s’en inspirer, de même par exemple que pour les choix structurants de méthodes pédagogiques François Bayrou avait proposé des expérimentations à petite échelle des différentes méthodes avant de généraliser la plus efficace et agir plus sur la qualité de l’enseignement et l’avis des enseignants que sur la quantité des effectifs et les objectifs quantitatifs de 80% de réussite au Bac.

Il faut du PRAGMATISME et surtout de l’EFFICACITE. Il était reconnu que les  deux emplois sans charges par entreprise relanceraient efficacement la croissance par l’offre (avec un coût inférieur à 6 milliards d’euros sans compter les rentrées fiscales liées au bénéfice de la croissance), alors que le bouclier fiscal décidé par Nicolas Sarkozy est un cadeau aux plus riches sans efficacité quant à la croissance (pour un coût de 15 milliards !) et que la croyance en une relance par la consommation est aujourd’hui plus illusoire que celle par l’offre (amélioration de la compétitivité des entreprises par allègement de charge et incitation à l’investissement), car les français consomment plus de 50% de produits importés …

Vous me trouverez sans doute « utopiste », je vous répondrai que je suis plutôt volontariste et que je garde espoir, qu’un monde humaniste prenne le dessus sur un monde matérialiste et dominé par l’argent et la violence. Le MoDem me semble être le seul parti aujourd’hui à prendre le problème par le bon côté et être porteur de cet espoir, de la fondation de ce nouveau modèle de société. Les tentatives actuelles d’expression d’une nouvelle « gauche moderne », qui accepte la mondialisation, le libre-échange, prône l’humanisme et ne considère plus que l’Etat doit tout prendre en charge reprennent ni plus ni moins ce qu’a déjà décrit François Bayrou. Comme Nicolas Sarkozy s’en inspire également de plus en plus, d’abord dans la formation d’un gouvernement d’ouverture, de sensibilités politiques plurielles, et récemment dans la proposition d’un « small business act » à la française pour la relance des PME. C’est un signe que Bayrou a raison, c’est lui qui montre le chemin. Moi je préfère l’original aux mauvaises copies.

L’enfant citoyen est sur le point de devenir un adolescent, l’éveil de sa conscience et de sa lucidité peut se faire grâce à un homme providentiel tel que François Bayrou. L’adolescent porte en lui l’émancipation et la révolte, mais également le désir de devenir adulte et responsable. Et je pense que c’est cette attitude qui permettra à l’homme de sauver son devenir existentiel et la survie même de son espèce et de la planète. Le « surhomme », qu’annonçait Nietzsche après la phase de nihilisme de nos sociétés dites modernes et évoluées, c’est celui qui saura passer cette crise d’adolescence et rendre dominant ce nouveau modèle de société qu’est l’humanisme.

10.09.2007

Charte des valeurs du MoDem de Marianne (en alexandrins))

Nous, les fondateurs du Mouvement Démocrate,

Présentons ci-après dans la présente charte

Tout ce qui constitue nos profondes valeurs,

Celles guidant notre âme et fondant notre cœur.

Humanisme, démocratie et république

Forment les fondations de notre politique.

LES VALEURS D’HUMANISME

L’Homme, une valeur centrale

L’idéal Humaniste a pour priorité

Le progrès de l’ensemble de l’Humanité.

L’Homme est un but en soi, notre valeur centrale.

L’argent n’est qu’un moyen, un minimum vital,

Un carburant nécessaire à l’économie,

Mais non une fin en soi ni un but dans la vie.

L’Homme ne doit pas être qu’un consommateur,

Une simple ressource ou bien un producteur.

Au sein du monde humain, « tout homme en vaut un autre,

Offre son potentiel », cette devise est nôtre.

A chacun sa dignité depuis son enfance,

Aussi droit au respect, à la reconnaissance.

« Etre » et « devenir » sont de tous les auxiliaires

Ceux qui de loin prévalent, ceux que l’on préfère

A « avoir » et « paraître », trop valorisés

Par le matérialisme de nos sociétés.

Construire une société de confiance

Il faut construire une société de confiance

Fondée sur le respect, justice et tolérance,

L’art de vivre ensemble, la solidarité,

L’intérêt général, la générosité,

L’égalité des chances éveillant les talents,

Permettant d’accomplir leur épanouissement.

Le contraire d’une société de défiance

Où l’inégalité germe dès la naissance,

Où domine toujours cette loi du plus fort,

Des riches et puissants, laissant le faible mort.

Là où l’anonymat comme l’isolement

Et le « chacun pour soi » règnent également.

Dans cette société humaine et humaniste

Et non point agressive, hautaine et égoïste,

Gageons que l’homme soit en tout point responsable

De son propre avenir et de tous ses semblables

Et qu’il sache élever son niveau de conscience

De sa propre attitude à l’usage des sciences.

Fonder un projet de civilisation

Nous voulons un projet de civilisation

Où développement a signification

D’abord à la base au niveau individuel,

La relation sociale et le spirituel,

Et mondial sur le développement durable

Qui ne doit pas être uniquement imputable

A la permanence des sources d’énergie,

Mais doit répondre à tous nos besoins d’aujourd’hui,

Sans compromettre pourtant la capacité

Des générations futures à profiter,

Quel que soit le domaine où leur besoin s’applique,

Y compris la gestion des finances publiques.

Respectons nos racines et nos traditions,

La mémoire des peuples et leurs convictions,

L’héritage commun fait de diversité,

Qui nous enrichissent par la pluralité.

Protégeons nos coutumes et langues régionales

Du danger de l’uniformisation mondiale

A la fois culturelle et idéologique,

Comme la mondialisation économique !

Classons-les patrimoines de l’humanité

Comme des biens précieux qu’il nous faut protéger !

L’identité se décline  tant régionale

Que nationale, européenne ou bien mondiale.

Et si nos histoires sont toutes différentes,

Notre avenir commun est la chose importante :

Où voulons-nous aller, dans quelle direction,

Doit être pour nous tous l’essentielle question.

Redonner un sens à  la relation humaine

Il nous faut découvrir une autre relation

Avec nos semblables, la communication,

D’abord au quotidien, celle de tous les jours,

Du simple geste amical, du simple bonjour,

Du sourire gratuit, de l’entraide banale,

Afin de bien retisser un vrai lien social

Au sein du voisinage et des associations

Dans la vie du privé comme des professions.

Une relation non forcément monnayée,

Non plus systématiquement marchandisée,

Où l’on offre avec un simple désir d’offrir,

Et où l’on donne uniquement pour faire plaisir,

Sans attendre en échange un renvoi en retour

Un troc des services et même de l’amour.

Retrouver la prospérité

Le goût de l’entreprise et de l’innovation

Doit bien nous motiver dans toutes nos actions

Plus que l’appât du gain, la valeur ajoutée,

La rentabilité à court terme assurée,

Le modèle actuel  exigeant rendement

D’au moins quinze pour cent sur l’investissement,

La spéculation s’avérant préférentielle

A la logique du projet industriel

Exigeant souvent  durée et persévérance,

S’inscrivant sur le terme d’une autre échéance.

LES VALEURS DE LA DEMOCRATIE

La démocratie permet de construire l’homme,

Reconnaît sa place, citoyen autonome,

Sa dignité, sa conscience et son jugement,

Responsable de ses actes moralement.

Changer le statut du citoyen

Mais le citoyen voit son pouvoir limité

A la désignation des personnalités

Dirigeantes qu’il a choisies par son suffrage

Qui vont après régner, décider sans partage.

Or le citoyen est de plus en plus formé

Et par les médias de plus en plus informé.

Ainsi la simple délégation du pouvoir

Semble pour s’avérer mieux justifiée devoir

Redonner au citoyen un rôle d’acteur,

Afin que son avis serve aussi de moteur,

Sortir de l’ attitude immature et soumise,

Sur laquelle toute autorité reste assise.

Organisons une vraie participation !

Osons une véritable concertation,

Entre le pouvoir, l’ensemble des citoyens !

Une vraie consultation qui fera du bien,

Pas une fausse où l’on fait mine d’écouter

Pour ensuite imposer ce qu’on a décidé.

Un sain conflit permet l’expression des attentes,

En dénouant les tensions comme une détente,

La contradiction renforce l’autorité,

Donne à son exercice légitimité.

Cette fertile discussion ne peut se faire

Sans un renforcement des corps intermédiaires :

Associations, syndicats ou corporations

En tant que citoyennes représentations.

Redonner au pouvoir sa légitimité

La vraie démocratie doit aussi assurer

Au pouvoir une franche légitimité,

Par au Parlement une représentation

Juste de l’ensemble des courants d’opinion.

Séparer les pouvoirs

Elle doit aussi ne pas oublier ses devoirs

De respect de la séparation des pouvoirs,

Exécutif, législatif et juridique

Sans oublier non plus le pouvoir médiatique.

Instaurer une démocratie sociale

Instaurons enfin la démocratie sociale

Qui redonne au travail sa place capitale

Car ce qui fonde le lien entre tous les hommes

C’est bien l’utilité sociale, au minimum,

C’est à dire le travail dans la société,

Et non le droit à un revenu assuré,

Condition de la reconnaissance qui donne

Source d’épanouissement à toute personne.

Il ne s’agit pas de cet Etat providence,

Omnipotent et qui gère toute la France,

Mais bien d’un modèle plus décentralisé,

Laissant la place à plus de créativité,

S’appuyant sur les collectivités locales,

Le commerce, l’artisanat et le social.

Faire de l’Europe une communauté de civilisation

Il faut réconcilier l’Europe et la Nation,

Tel est l’enjeu de notre civilisation,

Construire en commun l’avenir de ces pays

Pour résoudre les problèmes de l’énergie,

Immigration, défense ou environnement,

L’Europe doit être  lieu de rassemblement

De problèmes communs pour mieux nous protéger

Et mieux promouvoir ainsi nos valeurs sacrées.

LES VALEURS DE LA REPUBLIQUE

Les valeurs de la République aiment rimer :

liberté, égalité et fraternité,

sécurité, autorité, laïcité,

citoyenneté et aussi identité.

Notre constitution dit de la République

Qu’elle est à la fois démocratique et laïque,

Mais la qualifie également de sociale,

Ses pouvoirs séparés, son Etat impartial.

La République apporte au citoyen des droits,

Ce dernier a aussi des devoirs et se doit

D’obéir à un ordre, à une autorité

Pour que l’équilibre soit toujours respecté.

Ces valeurs de la République se tiennent toutes,

Et elles sont chacune comme une clé de voûte .

Eclairées par celles de la démocratie

Elles se trouvent ainsi grâce à elles enrichies

Par la conscience et la responsabilité,

Permettant de nuancer, relativiser.

Ces vertus se méritent et requièrent résistance,

Ne découlent point d’une quelconque évidence.

La liberté se gagne et ne va pas de soi

Comme l’égalité, difficile parfois,

Et la fraternité, ne sont pas naturelles

Face aux dominations, ces vertus sont rebelles.

La République a certains espaces sacrés,

Certains lieux doivent être sanctuarisés :

L’école, le tribunal, et le Parlement

Font partie de ces cas, objets du sacrement.

L’ENGAGEMENT DU MODEM

Ainsi nous assurons que toutes ces valeurs
Nous servent de vecteurs ou d’axes directeurs

Pour ce très beau projet de civilisation.

Elles sont notre boussole et notre direction.

Ce chantier fondateur dont nous sommes pionniers,

Celui de l’humanisme, un modèle à créer,

C’est le sens de notre engagement politique,

L’objet de la charte que le MoDem applique.

           Marie-Anne Kraft

09.09.2007

Charte des valeurs du MoDem par Marianne (en prose)

Nous, fondateurs du Mouvement Démocrate, sommes les défenseurs de l’idéal humaniste, de la démocratie et de la république.

Nous visons par l’idéal humaniste le progrès de l’Humanité. L’humanisme place l’Homme au centre, lui reconnaissant en tant qu’individu sa conscience, sa responsabilité, sa valeur et son potentiel, quelles que soient son identité, sa naissance, son origine sociale, ethnique et culturelle.

Nous faisons nôtres les valeurs de l’Humanisme, qui sont des valeurs de confiance, de respect, de tolérance, d’authenticité, de transparence, de justice et de solidarité. Ainsi l’Humanisme s’oppose au matérialisme, qui gangrène de plus en plus nos sociétés aujourd’hui, laissant s’instaurer une domination par l’argent, confisquant le pouvoir au bénéfice des riches et des puissants et accréditant que nos motivations essentielles sont l’acquisition des richesses et la consommation. Ce courant humaniste est résistant, révolutionnaire et pacifique.

Résistant car les valeurs qu’il prône sont des valeurs de résistance : la liberté individuelle doit se gagner face à un monde où ce qui est naturel, c’est la domination de l’autre. L’égalité entre les hommes ne va pas de soi non plus dans un monde où chacun cherche à défendre ses acquis. La solidarité et la fraternité ne sont pas non plus systématiques, l’égoïsme, l’individualisme et d’hédonisme étant aussi des attitudes plus faciles à adopter chez l’homme.

Révolutionnaire car il affronte la domination des esprits et de l’argent par les puissants, il bouleverse les pouvoirs établis.

Pacifique car il croit en une émancipation des hommes qui sont de plus en plus formés et informés pour élever leur conscience et prendre leurs responsabilités, notamment dans les pays qui fonctionnent en démocratie, par l’expression et le vote. Il a également l’espoir que les puissants eux-mêmes adhèrent aux valeurs de l’Humanisme et réalisent que seules ces valeurs sont à même de porter le progrès de l’Humanité et de sauver le devenir même de l’espèce humaine et de donner sens à son existence.

Inspirés d’Humanisme, nous voulons construire une société de confiance, tant au niveau individuel que sur le plan collectif, une société qui donne le sens de « vivre ensemble », où les relations entre les humains ne sont pas systématiquement monnayées ou « marchandisées ». La société de confiance s’oppose à une société de défiance, où l’inégalité germe dès la naissance, où domine la loi du plus fort et du plus riche, où l’apparence, la caste et le carnet d’adresse priment sur la compétence, où règnent l’anonymat, l’isolement, le « chacun pour soi » et le « sauve-qui-peut ».

Cette société s’inscrit dans un projet de civilisation transversal et universel, dans un univers mondialisé, se traduisant aussi bien au niveau individuel, de la famille, de la commune, de la région, de la nation, de l’Europe et du Monde. Ce projet doit viser la prospérité, pas seulement matérielle mais aussi humaine et spirituelle, redonner le goût de l’entreprise et de l’innovation, une motivation sur des objectifs industriels visant un progrès et une valeur humaine, pas seulement une « valeur ajoutée » financière, ne visant que la rentabilité financière à court terme, le retour sur investissement minimum de 15%.

Ce projet doit aussi viser la préservation de la planète et ce qu’on appelle improprement le « développement durable ». Nous proposons de définir ce terme en ne le limitant pas au souci de permanence des sources d’énergie et des ressources en général, mais en le considérant comme un « devoir de répondre aux besoins des générations présentes sans compromettre pour autant la capacité des générations futures à répondre des leurs », quel que soit le domaine où il s’applique. C’est vrai notamment pour la gestion de la dette publique qui grève les générations futures.

Nous voulons réconcilier l’Europe avec les Nations. L’Europe ne doit pas être  réduite à un simple espace de libre échange. Elle doit être le lieu de rassemblement des problèmes communs des pays européens, pour protéger et promouvoir leurs ressources, leurs cultures, leurs valeurs. Les problèmes de ressources énergétiques, d’environnement, d’immigration, de défense doivent être traités au niveau de l’Europe.

Nous devons aussi protéger nos racines, notre identité, nos traditions, notre culture et nos langues régionales, face à la mondialisation et à l’uniformisation culturelle et idéologique.

Nous sommes convaincus que l’organisation sociale et politique la mieux à même de répondre à cet idéal est la démocratie. La démocratie permet de construire l’Homme, reconnaît sa place en tant que citoyen autonome libre de corps et de pensée, ayant une conscience et une capacité de jugement, responsable de ses actes moralement. La démocratie donne la parole et le pouvoir au citoyen, pouvoir qu’il organise en le déléguant et en le contrôlant. Elle suppose idéalement que le citoyen bénéficie d’une transparence de l’information, d’un accès aux connaissances et à l’éducation.

Nous proposons une démocratie proche du citoyen, qui l’informe sur les problèmes du pays, de l’Europe, du Monde, lui explique les solutions proposées et lui donne les moyens de s’exprimer.

Nous prônons également la démocratie sociale, qui redonne au travail une valeur capitale, car ce qui fonde le lien entre les hommes, c’est essentiellement l’utilité sociale, c’est à dire le travail. C’est par là que l’individu acquiert une reconnaissance, donc une source d’épanouissement de ses talents, et non simplement par la garantie d’un revenu assuré.

Aussi sommes-nous  intransigeants sur les valeurs fondamentales de la Démocratie. Nous tenons pour prioritaire le droit à l’expression, à l’éducation et à l’information du citoyen. Nous défendons la juste représentation des courants d’opinion, le pluralisme, l’indépendance des médias et accordons priorité à l’éducation.

Nous pensons que le pouvoir du citoyen ne doit plus être limité à la désignation de ses dirigeants par son suffrage, qui ensuite peuvent régner et décider sans lui rendre de comptes ou bien en lui en rendant mais toujours à sens unique, sans concertation. Il faut aller plus loin en changeant le statut du citoyen, en lui  donnant un rôle d’acteur et tenir compte de son avis au sein d’une véritable concertation. Pas une consultation d’apparence où l’on fait mine d’écouter pour ensuite imposer ce qu’on a décidé. Le conflit est sain car permet l’expression des attentes et dénoue les tensions. La contradiction renforce ainsi l’autorité et donne légitimité à son exercice.

La République formalise et institutionnalise la démocratie en la dotant d’une constitution et d’institutions lui permettant de bien fonctionner. Comme le stipule notre constitution, la République est « démocratique, laïque et sociale ». Elle repose sur les valeurs de  « Liberté, Egalité et Fraternité » qui sont des droits du citoyen. Elle garantit aussi son identité, sa citoyenneté, sa sécurité physique et la propriété, la protection de ses biens. Elle confère au citoyen des droits mais en retour ce dernier  a aussi des devoirs : le respect de l’autorité, le civisme, une forme de patriotisme. La République impose la séparation des pouvoirs et l’impartialité de l’Etat.

Nous adhérons à ces valeurs de la République, qu’il faut défendre contre toutes les dérives. Ces valeurs sont bien souvent piétinées, bafouées, contournées. Il faut assainir les institutions et mieux garantir la séparation des pouvoirs, non seulement exécutif, législatif et juridique, mais aussi financier et médiatique.

Nous pensons que la République a ses espaces sacrés, certains lieux qui méritent d’être « sanctuarisés », notamment l’Ecole, le tribunal et le Parlement.

Même si le rôle de l’Etat est important dans sa fonction régalienne, protectrice et redistributive de richesses, nous ne croyons pas à un Etat omnipotent qui gère tout et laisse penser qu’il prend tout en charge dans la vie du citoyen et dans la gestion du pays. Pour redonner au citoyen un rôle acteur et participatif, organiser une concertation entre le pouvoir et le peuple, nous proposons une gestion plus décentralisée de certains problèmes et le renforcement des corps intermédiaires, des représentations citoyennes tels que les syndicats, les corporations, les associations.

Il faut réinventer un modèle de société. C’est une tâche et une responsabilité immense qui nous incombe, celle d’un véritable projet de civilisation.

Ainsi, nous assurons que toutes ces valeurs nous servent de vecteurs ou d’axes directeurs, pour entreprendre, avec nos amis démocrates européens, ce projet de civilisation, un chantier fondateur dont nous sommes les pionniers. Tel est le sens de notre engagement, celui du Mouvement Démocrate.

                                    Marie-Anne Kraft

08.09.2007

LES MOTS

Il y a tous ces mots que l’on ne dit jamais,
Ceux que l’on n’ose pas dire sans ridicule,
Restant au fond de soi comme s’ils se cachaient,
Ceux qui ne sortent pas, enfermés dans leur bulle.

Mais ces mots silencieux sonnent parfois plus fort
Que de belles paroles, à dire ou bien à lire,
Lorsqu’ils parlent du coeur et ne sont point sonores,
Se lisent dans les yeux, dans un léger soupir. 

Et il y a les mots qu’on lâche par mégarde,
Ceux qui vont faire mal et laisser des blessures,
Partis d’un petit rien et sans qu’on se regarde,
D’une phrase banale ouvrant la déchirure.

Il est de ces mots creux comme une amphore antique,
Qui ont perdu leur sens et sont polyvalents,
Car en toute occasion ils nous sont bien pratiques,
Nous évitent l’effort de penser en parlant.

Que dire de ces mots, nobles et magnifiques
Que la langue a créé pour une éternité,
Racines de l’histoire mais que l’on applique
A d’autres contenus, qu’ils n’ont pas mérités ?

Miroirs de nos pensées, avouées ou bien tues,
Les mots sont l’enveloppe de nos sentiments,
Costume des mensonges parfois revêtus,
Les briques des livres qui se font bâtiments.

                  Marie-Anne (7.IX.2007)

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