18.10.2008
Philosophie de la crise financière ... et question sur notre civilisation
Après l’effondrement du système communiste dans les années 90, nous venons de constater la ruine et l’échec du modèle néocapitaliste anglo-saxon libéral, fondé sur la recherche du profit individuel et sur la loi du marché (et la loi du plus fort, quitte à laisser les faibles sur le carreau) supposée équilibrante et autorégulatrice, créatrice de richesses pour le bien-être de tous.
La question essentielle qui se pose à nous est la suivante : allons-nous colmater les brèches de ce système et continuer à faire tourner le même moteur en le bridant, devons-nous "refonder le capitalisme", ou bien existe-t-il un modèle alternatif ?
Les leçons de la crise sur le modèle néocapitaliste
Le système capitaliste crée de la richesse, mais il accroît en même temps les inégalités, que ce soit au sein des nations ou entre les nations (Nord/sud). Ce système n’est pas juste et il n’est pas durable.
De plus il est basé sur l’illusion. Illusion d’un marché parfait dans la transparence de l’information et la parfaite concurrence, l’équilibre des prix entre l’offre et la demande. Or le marché n’est pas parfait comme l’a démontré Joseph Stiglitz : l’accès à l’information n’est pas le même pour tous, certains étant privilégiés, la concurrence est faussée (effet des concentrations et des lobbyings), le prix de marché à un instant t reflète un prix marginal entre une offre et une demande marginale, le prix que les quelques acteurs en excédent de demande seront prêts à payer (le prix s’appliquant alors à tous), d’où les hausses fulgurantes vues cet été sur le pétrole et les matières premières ; de plus le prix de marché est plus basé sur la spéculation de la valeur future que sur la valeur réelle. Ce prix « marginal » s’appliquant à tout le stock, notamment pour la valorisation d’actifs dans les portefeuilles, dans les bilans (« fair value », « mark-to-market »), il donne l’illusion d’une valeur des biens, des entreprises, des banques, par la valeur de marché, qui en fait n’est pas forcément une valeur réelle représentative des biens.
Il y avait déjà eu des avertissements : crise asiatique des années 90, bulle Internet en 2001, … Cette fois les crédits immobiliers américains dits subprime. L’implosion aurait pu venir d’une autre cause, d’un autre déséquilibre. Le résultat est là. La bourse a chuté d’environ 50% depuis le 1er janvier 2008. Ce n’est pas une « destruction de valeur » réelle des actifs de l’économie (la capacité des entreprises à produire n’a pas été modifiée), mais c’est tout comme car c’est la prise de conscience que la valeur de patrimoine de l’économie est deux fois moindre que ce que l’on croyait. Sans doute cette chute est-elle d’ailleurs bien trop forte comparée à une valeur « réelle », car l’effet violent du marché est toujours exagéré et en l’occurrence on surestime sans doute trop les risques tant que la confiance est à ce point entamée.
Illusion, bulle, ... puis désillusion, éclatement de la bulle. Perte potentielle pour les épargnants, les retraites capitalisées, les assurances vies (comparée à ce qu’ils croyaient détenir). Perte brutale pour les banques dans leurs comptes à cause du fameux « mark-to-market », les obligeant à aligner plus de fonds propres pour couvrir ces pertes et faire face au reste de leurs engagements, eux-mêmes devenus plus risqués dans un contexte de récession économique. Pertes induites pour l’Etat et in fine le contribuable (émission de dette d’Etat même si elle est temporaire en attendant des jours meilleurs, afin de renflouer les banques, augmentant ensuite la charge financière de la dette). Pertes induites pour tous lorsque la crise financière devient crise économique (baisse de pouvoir d’achat, chômage) puis crise sociale.
La question de projet de société, voire de civilisation
La question est donc finalement la suivante :
- va-t-on se contenter d’éteindre l’incendie, de colmater les brèches par le plan de soutien aux banques et la mise en place de verrous supplémentaires, d’une régulation renforcée, d’encadrement des abus d’appropriation des profits (parachutes dorés, rémunération des grands patrons et des traders), d’ajustement de normes comptables bancaires, puis continuer à faire tourner cette machine infernale basée sur le même moteur de recherche effrénée du profit individuel ? Est-ce cela « refonder le capitalisme » comme le propose notre président de la république Nicolas Sarkozy ? Apparemment les vœux pieux et contraintes souhaitées de développement durable et de solidarité aux pays les moins avancés n’arrivent pas à s’imposer et devront peut-être s’imposer par d’autres électrochocs ...
- ou bien réfléchit-on vraiment en profondeur à un autre modèle ? Si le modèle économique actuel ne fonctionne pas, il nous faut réinventer un projet de société et je dirais même plus un projet de civilisation.
C’est la question essentielle, existentielle, de notre civilisation.
La civilisation actuelle connaît les premiers signes de sa mortalité, notamment au travers du défi écologique. Mais bien au delà de cette mortalité physique, elle souffre également de signes de mortalité morale et spirituelle, de perte d’humanité. Je disais aussi, reprenant François Bayrou, qui à mon avis est l’homme politique en France et même en Europe qui a le mieux analysé notre monde, compris la société actuelle et pressenti tout ce qui allait se passer :
Le modèle de civilisation dominant est celui du néocapitalisme basé essentiellement sur des valeurs matérialistes, la recherche du profit, la valeur de l’argent, et le règne de l’image, du paraître, au détriment des valeurs humaines et spirituelles. Dans ce modèle règne la loi du plus fort. Ce modèle fertilise son pouvoir sur le terrain de la mondialisation. Il génère des inégalités croissantes dans le monde et dans chacune des sociétés qui le composent. Il ne sait pas venir à bout de la pauvreté dans le monde ni du désastre écologique qui menace la planète, car les intérêts matériels et particuliers à court terme l’emportent toujours sur l’intérêt général à long terme. Il ne paraît pas non plus rendre les gens plus heureux, contribuer à augmenter le niveau de bonheur des populations, sinon par une éphémère impression de bonheur représentée par l’argent, un pouvoir d’achat. La domination du monde par ce modèle induit implicitement cette civilisation à sa propre destruction.
Les partisans de ce modèle, au travers de partis politiques, ne clament pas bien sûr qu’ils recherchent les inégalités croissantes et la loi du plus fort, qui en fait sont implicites des valeurs matérialistes qu’ils érigent comme prioritaires. Ils aiment se proclamer tenants de la Démocratie et de la République, bien qu’ils n’en respectent pas des principes fondamentaux, galvaudant ces nobles termes pour épicer leurs discours ou les rendre convenables. Leur stratégie politique est basée sur la séduction, le pouvoir des médias, la soumission aux sondages, une forme de populisme, la conservation du pouvoir par les puissants tout en entretenant une volontaire léthargie, passivité des masses, en les divertissant par les jeux, les programmes télévisés, en les faisant rêver par l’entretien d’événements people, le star system, l’espérance de gains où chacun a sa chance (loterie et loto), … et l’illusion que le salut est dans l’action effrénée, quel que soit son aboutissement, du moment que « ça bouge ». C’est la société du « zapping » perpétuel.
Un autre modèle de civilisation a tenté de s’imposer au XXème siècle avec l’échec que l’on connaît matérialisé par la chute du mur de Berlin en 1989 et la période de la Perestroïka en URSS : le modèle socialiste communiste, très dirigiste, prônant l’appropriation des terres et bien de production par l’Etat, avec une centralisation extrême du pouvoir et de la redistribution des revenus. Ce modèle aboutit à un appauvrissement de la population, une déresponsabilisation des citoyens, à la prise de pouvoir par une oligarchie représentant l’Etat et s’octroyant des privilèges, à la dictature.
Il y a donc bien à présent deux modèles de civilisation qui s’affrontent aujourd’hui sur notre planète, dont la concurrence alimentera le combat politique des prochaines décennies, pas seulement en France mais également chez nos voisins européens comme aux Etats-Unis et même dans le reste du monde, remplaçant le traditionnel clivage « Gauche-droite » en France, aujourd’hui dépassé :
-d’un côté le modèle néocapitaliste basé sur des valeurs matérialistes, la loi du plus fort, qui génère des inégalités croissantes,
-de l’autre le modèle démocrate et humaniste, priorisant les valeurs humaines et spirituelles, visant une justice croissante et un développement humain. Sans cependant nier la réalité économique et le contexte de la mondialisation.
Quel moteur pour un modèle alternatif humaniste ?
On connait le moteur du modèle néocapitaliste : c’est celui de la recherche et de l’accumulation du profit individuel même s’il s’exerce au détriment de l’intérêt général, celui de la loi du plus fort.
En son temps, Aristote nous avait averti sur les dangers de l’Hybris et de la chrématistique.
Je reprends les définitions :
L’hybris (aussi écrit ubris, du grec ancien ὕϐρις / húbris) est une notion grecque que l'on peut traduire par « démesure ». C'est un sentiment violent inspiré par les passions et plus particulièrement, par l’orgueil. Les Grecs lui opposaient la tempérance ou modération (sophrosune).
La chrématistique (de khréma, la richesse, la possession) est une notion créée par Aristote pour décrire l'état d'esprit de celui qui accumule le capital pour son plaisir. Aristote condamne cette attitude.
Selon Aristote, l'accumulation de la monnaie pour la monnaie (la "chrématistique" dite "commerciale") est une activité contre nature et qui déshumanise ceux qui s'y livrent : suivant l’exemple de Platon, il condamne ainsi le goût du profit et l'accumulation de richesses. Le commerce substitue l’argent aux biens ; l’usure crée de l’argent à partir de l’argent ; le marchand ne produit rien : tous sont condamnables d'un point de vue philosophique.
Bien qu'Aristote traite la chrématistique comme un ensemble de ruses et de stratégies d’acquisition des richesses pour permettre un accroissement du pouvoir politique, il l’a toujours condamnée en tant que telle et donné une place beaucoup plus importante à l’économie. Sa théorie fut reprise par plusieurs religions et idéologies :
- L’Eglise catholique tout au long du Moyen-Âge reprend la critique aristotélicienne contre cette conduite économique et la déclare contraire à la religion. De nombreux auteurs estiment que la mise en œuvre de cette doctrine fut un obstacle au développement économique.
- L’Islam également. La charia interdit les intérêts (appelé aussi usure) et interdit d’investir dans tout ce qui est illégal, tels que les casinos, le porc, l’alcool, la pornographie… Il est également interdit de prendre des risques financiers, car ils sont considérés comme une forme de hasard.
- Karl Marx dans des pages du Capital reprend l'analyse des conséquences sur les personnes de ce qu'il nomme auris sacra fames (maudite soif de l’or) du nom latin donné à cette passion dévorante de l'argent pour l'argent.
Le vice serait-il donc dans l’objectif, la motivation profonde qui sert de moteur à ce modèle capitaliste, la recherche individuelle du profit pour le profit ?
Les mathématiques nous aident à penser, à traduire et à modéliser le monde. Si on se réfère par analogie à la logique de la programmation linéaire en recherche opérationnelle, modélisant un système qui maximise une variable sous contrainte d'autres variables (méthode du simplex, pour les explications techniques je vous conseille le cours de Bruno Bachelet sur nawouak.net) :
- Le néocapitalisme d'aujourd'hui cherche à maximiser le profit individuel sous contraintes du respect de la propriété d'autrui, d'intérêt général etc.,
- Le nouveau "capitalisme régulé" est toujours basé sur une maximisation du profit individuel, on y ajoute des contraintes supplémentaires.
Il s'agit donc de réfléchir à un modèle alternatif en renversant cette programmation linéaire, à un modèle qui maximise l'intérêt général, la justice, le bonheur humain, sous contrainte d'un minimum d'aisance matérielle, de santé et de liberté individuelle.
Mais il faut être réaliste, que le modèle fonctionne naturellement, il lui faut un moteur et un carburant.
Le moteur, la motivation de base, du modèle capitaliste est la recherche du profit individuel et le carburant est l'argent.
Le moteur du modèle humaniste est en revanche la motivation de chacun à faire le bonheur des autres, basé sur des valeurs humaines et spirituelles plutôt que matérielles, et son carburant est l'amour.
C’est facile à dire, moins à réaliser ! Il ne peut se décréter simplement au nom des valeurs morales. Il nécessite de passer par une prise de conscience des citoyens et une compassion naturelle pour l'autre, retrouver un sentiment de fraternité qui prime sur l'égoïsme. C'est très profond. Pour que l'ensemble des citoyens se comportent chacun en privilégiant ces valeurs et votent pour des gouvernants, pour un modèle de société, qui fonctionnera selon la primauté de ces valeurs.
En attendant, il va falloir composer avec un modèle capitaliste toujours basé sur le profit individuel mais mieux encadré et régulé, et sous contraintes coercitives de respect de la durabilité (de l'environnement notamment), d'une plus grande justice sociale Nord/Sud et entre classes de populations, de principes moraux interdisant au niveau international des excès (rémunérations abusives) et des évictions à la loi (paradis fiscaux).
Il va falloir contenir l’Hybris en attendant que s’instaure une sophrosune naturelle !
A méditer ...
10:52 Publié dans analyses politiques | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : bayrou, sarkozy, crise financière, philosophie, civilisation
19.09.2007
Droite, Gauche, Centre…Face à des philosophies différentes de l’approche de l’homme, la position du Mouvement Démocrate.
Nous tentons de différencier les partis en comparant leur contenu politique. Or, qu’est-ce qu’un contenu « politique » ?
Ce devrait être une déclinaison en projet, en programme d’actions, de valeurs que l’on cherche à promouvoir selon certaines priorités, en privilégiant des moyens qui semblent les mieux appropriés à répondre à leur mise en œuvre.
Il faut donc logiquement bien définir au préalable ces valeurs et priorités et bien argumenter quant à l’efficacité des moyens préconisés, usant de pragmatisme (par comparaison avec nos pays voisins notamment) et expérimentation (dans le passé ou sur un sous-ensemble limité avant de les généraliser).
C’est d’ailleurs une démarche usuelle en Allemagne où les partis ont tous une « Charte des valeurs ». J’ai donc cherché les « chartes de valeurs » des principaux partis politique en France. Je n’en ai trouvé qu’à l’UDF, relayée par le MoDem en cours de fondation, qui est en train d’en valider une ainsi qu’une charte éthique sur le comportement politique, ce qui me semble être une excellente initiative.
J’ai donc essayé de traduire, de décoder, les valeurs qui servent tacitement de référence à « la droite », disons Nicolas Sarkozy et l’UMP d’une part, et à « la gauche », disons le PS même s’il est divisé, d’autre part, et enfin de situer le MoDem dans ce référentiel. Puis j’ai tenté de comparer les moyens préconisés par les différents partis pour mener à bien leur politique. Ma conclusion paraîtra à certains caricaturale, mais m’a paru éclairante.
Il m’est apparu que si l’on doit résumer au plus simple « la mystique », ce qui motive profondément les intentions de « la droite », découle d’une conviction intime, d’un postulat, que l’homme est intrinsèquement mauvais et qu’il ne pourra pas s’améliorer. Il est ainsi et il faut optimiser le monde autour de ce constat. D’où les priorités d’ordre sécuritaire, à la répression plutôt qu’à la prévention, certaines croyances quant aux prédispositions génétiques, l’acceptation de la loi du plus fort, une reconnaissance des riches et des puissants, des « stars people », quels qu’aient été leur mérite, leur chance ou leur héritage justifiant leur succès matériel et médiatique, leur opulence matérielle servant de modèle ultime plutôt que les qualités morales et spirituelles. En terme de moyens, « la droite » croit plus en l’autorité, la centralisation des pouvoirs imposant des décisions (marquée par un étatisme important et de puissants lobbies sous couvert d’un apparent mais trompeur libre-échangisme), la motivation matérielle (l’outil fiscal notamment) et quantitative (culture du chiffre que ce soit pour la police, l’école, le chômage…).
De l’autre côté, la conviction intime de « la gauche » me paraît découler de l’hypothèse rousseauiste que l’homme est intrinsèquement bon. D’où la dérive libertaire et le déni des problèmes de sécurité (responsable de l’échec du PS en 2002), l’idée que tous les problèmes viennent du manque de moyens donnés à l’homme et à la prévention du mal, que ce soit sur les problèmes d’éducation (il suffit de plus d’enseignants et de surveillants…), de chômage (il suffit d’offrir une formation et une assurance sécurité emploi, de redistribuer le temps de travail quitte à sacrifier généreusement les heures supplémentaires de ceux bénéficiant d’un travail, …), au point d’en oublier les réels levier de la croissance, l’entreprise, et entretenant une illusion et, par là, des déceptions.
En terme de moyens, « la gauche » prône un interventionnisme important de l’Etat protecteur et re-distributeur. Tandis que « la droite » prône également la toute puissance de l’Etat, mais plutôt au profit de la centralisation du pouvoir et de l’application de son autorité… « La gauche » n’a pas la culture du chiffre de « la droite ». Elle est plutôt dans le registre qualitatif, plus subjectif, moins mesurable, plus flou.
La gauche comme la droite, ont infantilisé le citoyen, cet enfant intrinsèquement bon ou mauvais, lui laissant croire que l’Etat tout puissant va régler tous ses problèmes, qu’il suffit de voter, de déléguer le pouvoir et d’obéir, faire confiance… Les psychologues diront que la droite représente le père et la gauche la mère.
La gauche comme la droite, prônent la démocratie alors même que leurs gouvernements ont galvaudé ce terme et n’ont pas respecté la démocratie. La suppression de la proportionnelle à l’Assemblée puis le maintien confortable de cet état de fait, empêchant la représentativité des différents courants d’opinion au motif d’éviter celle du Front National ou d’assurer une franche majorité est une piètre excuse. L’autorisation de cumul de mandats doublée d’absentéisme à l’Assemblée est indigne. La compromission entre le pouvoir politique, financier et médiatique rend forcément illusoire la démocratie, l’information libre du citoyen. Démocratie signifie « pouvoir du peuple », s’appuyant sur sa conscience et sa responsabilité, le contraire de l’infantilisation.
Face à ces approches, le MoDem en a une autre. Il refuse la qualification de « centre », qui fait référence à quelque chose qui se situerait dans l’espace entre la gauche et la droite (donc ici entre la croyance en un homme un peu bon et un peu mauvais, entre le père et la mère …). Le Mouvement Démocrate (MoDem) est inspiré d’humanisme et de démocratie au sens originel des mots. Il a la conviction que l’homme n’est ni intrinsèquement bon ni intrinsèquement mauvais mais qu’il porte en lui biologiquement à la fois des pulsions agressives de survie (le bas cortex, la première couche dite « reptilienne » du cerveau), une affectivité (seconde couche du cerveau commune aux mammifères), et enfin une couche supérieure qui caractérise l’homme, le cerveau supérieur, qui contrôle les pulsions et l’affectivité, qui est capable de se fixer une ligne de conduite, de réfléchir sur ce qui est bon et mauvais à titre individuel et aussi à titre collectif dans le sens de l’intérêt général même si parfois il contraint un intérêt particulier.
L’humanisme vise l’amélioration de l’être humain et le progrès de l’humanité. Il croit que l’homme est en devenir vers un « meilleur », de même pour l’ensemble de la société humaine. Et que pour se faire, il doit exercer sa conscience et sa responsabilité (vis à vis de lui-même, des autres, des générations futures…), pas simplement se laisser guider et se faire dicter une conduite.
En ce sens il est logique que le MoDem commence avant toute chose à définir une charte des valeurs et une charte éthique, une manière de conduire la politique. Le nom de « Mouvement démocrate » n’est pas choisi au hasard. Le « mouvement » traduit cet homme et cette société en devenir. Démocrate reprend le sens originel de son nom, tant galvaudé par les autres partis. Est-ce un hasard aussi si en verlan Modem donne « Demo », qui signifie « le peuple » ?
Et nous ne sommes pas dans un monde fermé, il faut maintenant travailler avec nos homologues européens démocrates, ce que fait le MoDem bien plus que les autres partis.
Concernant les moyens d’actions de la politique, le MoDem a une approche pragmatique afin de bien comparer l’efficacité des moyens d’actions entre les pays qui ont appliqué différentes méthodes et dans quel contexte (notamment TVA sociale, leviers de croissance…) avant de s’en inspirer, de même par exemple que pour les choix structurants de méthodes pédagogiques François Bayrou avait proposé des expérimentations à petite échelle des différentes méthodes avant de généraliser la plus efficace et agir plus sur la qualité de l’enseignement et l’avis des enseignants que sur la quantité des effectifs et les objectifs quantitatifs de 80% de réussite au Bac.
Il faut du PRAGMATISME et surtout de l’EFFICACITE. Il était reconnu que les deux emplois sans charges par entreprise relanceraient efficacement la croissance par l’offre (avec un coût inférieur à 6 milliards d’euros sans compter les rentrées fiscales liées au bénéfice de la croissance), alors que le bouclier fiscal décidé par Nicolas Sarkozy est un cadeau aux plus riches sans efficacité quant à la croissance (pour un coût de 15 milliards !) et que la croyance en une relance par la consommation est aujourd’hui plus illusoire que celle par l’offre (amélioration de la compétitivité des entreprises par allègement de charge et incitation à l’investissement), car les français consomment plus de 50% de produits importés …
Vous me trouverez sans doute « utopiste », je vous répondrai que je suis plutôt volontariste et que je garde espoir, qu’un monde humaniste prenne le dessus sur un monde matérialiste et dominé par l’argent et la violence. Le MoDem me semble être le seul parti aujourd’hui à prendre le problème par le bon côté et être porteur de cet espoir, de la fondation de ce nouveau modèle de société. Les tentatives actuelles d’expression d’une nouvelle « gauche moderne », qui accepte la mondialisation, le libre-échange, prône l’humanisme et ne considère plus que l’Etat doit tout prendre en charge reprennent ni plus ni moins ce qu’a déjà décrit François Bayrou. Comme Nicolas Sarkozy s’en inspire également de plus en plus, d’abord dans la formation d’un gouvernement d’ouverture, de sensibilités politiques plurielles, et récemment dans la proposition d’un « small business act » à la française pour la relance des PME. C’est un signe que Bayrou a raison, c’est lui qui montre le chemin. Moi je préfère l’original aux mauvaises copies.
L’enfant citoyen est sur le point de devenir un adolescent, l’éveil de sa conscience et de sa lucidité peut se faire grâce à un homme providentiel tel que François Bayrou. L’adolescent porte en lui l’émancipation et la révolte, mais également le désir de devenir adulte et responsable. Et je pense que c’est cette attitude qui permettra à l’homme de sauver son devenir existentiel et la survie même de son espèce et de la planète. Le « surhomme », qu’annonçait Nietzsche après la phase de nihilisme de nos sociétés dites modernes et évoluées, c’est celui qui saura passer cette crise d’adolescence et rendre dominant ce nouveau modèle de société qu’est l’humanisme.
10:17 Publié dans analyses politiques | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : bayrou, modem, philosophie, démocratie, politique, humanisme


