26.10.2008

Bayrou plutôt que Sarkozy, ou l’humanisme plutôt que le capitalisme

Conference nationale 261008 001.jpgAujourd’hui 26 octobre 2008  s’est tenue la Conférence nationale du Mouvement Démocrate à la Mutualité, rassemblant environ 2000 représentants des adhérents. L’objet de cette instance étant la validation par les adhérents de la stratégie et de l’organisation du MoDem, notamment le règlement intérieur qui était encore provisoire depuis son approbation au Congrès de Villepinte des 1er et 2 décembre 2007, marquant la création du Mouvement. Cette rencontre a été surtout l’occasion de démontrer la ligne politique du Mouvement Démocrate, véritablement axée sur la construction d’un projet de société alternatif humaniste et de rappeler la clairvoyance de François Bayrou sur les dérives profondes du système capitaliste qu’il avait dénoncées pendant sa campagne présidentielle.

 

Cette conférence a centré son ordre du jour sur la crise financière, la compréhension de ses causes, l’évaluation de ses impacts redoutés, en invitant des personnalités émérites à s’exprimer :

-         Michel Camdessus : ancien directeur du Trésor, gouverneur de la Banque de France et Directeur Général du FMI, chargé d’une mission internationale sur le problème de l’eau dans le monde, récemment chargé de l’organisme qui vient d’être mis en place pour favoriser le crédit à l’économie,

-         Robert Rochefort, directeur du Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie.

-         Nicole Maestracci, magistrate, présidente de la Fédération nationale des associations d’accueil et de réinsertion sociale (FNARS),

 

Au-delà de la compréhension des causes et des conséquences de cette crise financière et maintenant économique, cette rencontre a permis de réfléchir sur les leçons à en tirer quant au modèle que nous souhaitons pour notre société. Car cette crise marque bien la ruine et l’échec du capitalisme (ce qui ne signifie pas celui du libéralisme), comme en 1989 la chute du mur de Berlin a marqué la chute du socialisme. Or le Mouvement Démocrate a été justement créé pour cela, pour proposer un nouveau modèle de société qui n’est ni le capitalisme, ni le socialisme, mais l’humanisme.

 

François Bayrou était sans doute en avance sur son temps en 2007, ou n’a pas été suffisamment entendu. Alors que Nicolas Sarkozy fondait sa campagne sur le pouvoir d’achat des Français, qu’il souhaitait même booster en favorisant l’endettement des ménages par un recours plus fréquent au crédit, notamment les hypothèques rechargeables basée sur la valeur des biens immobiliers (rappelant curieusement les subprimes), alors qu’il prônait le capitalisme et la mondialisation, surtout celui du CAC40, le bonheur par la consommation, l’argent comme valeur centrale (et le vedettariat), une société basée sur les valeurs de l’avoir et du paraître, François Bayrou lui prônait une société humaniste, c'est-à-dire mettant l’homme au centre plutôt que l’argent, une société de justice face à notre monde d’inégalités croissantes, donnait priorité à l’éducation, à la création et à l’innovation, une croissance par un soutien aux PME, qui représentent  80% des emplois en entreprise en France, une croissance qui soit durable.

 

François Bayrou avait annoncé toutes les dérives de ce capitalisme dans sa campagne présidentielle. Tout montre à présent qu’il avait raison.

 

Alors que Nicolas Sarkozy cherche à « refonder le capitalisme », continuant à nous vanter le modèle où c’est le capital qui domine le monde, où la croissance est génératrice d’inégalités croissantes, où c’est le profit individuel qui donne le sens, même si l’on met plus de contraintes, de morale, de régulation et de contrôle sur ce système, ce que nous propose François Bayrou avec l’humanisme, c’est une autre manière de voir le monde, c’est la priorité aux valeurs humaines et spirituelles plutôt que matérielles, c’est une redécouverte du sens donné à la vie, pour le bonheur des êtres humains. C’est très profond, c’est le seul modèle qui soit durable et universel. Il ne s’agit pas d’utopie, de paroles idéalistes relevant d’un rêve où ce modèle ne serait pas réalisable. Il s’agit de construire réellement cette société en revoyant les priorités, par exemple concrètement en ne favorisant pas le travail du dimanche pour protéger la vie de famille, en assurant des programmes scolaires assurant une continuité et une sédimentation des savoirs plutôt qu’un lycée à la carte générant une éducation de « zapping », en soutenant les créateurs d’entreprises et les PME plutôt que les actionnaires et les dirigeants du CAC40, en n’abandonnant pas les campagnes dans l’aménagement du territoire (la privatisation de La Poste risque à nouveau de donner lieu à des fermetures de bureaux de poste), …

 

Et pour conduire ce projet alternatif dans la mondialisation, il nous faut un support : ce support c’est l’Europe :

 

-         une Europe où l’identité européenne n’est pas contradictoire avec les identités nationales, l’Europe étant à la Nation ce que la famille est à l’individu,

-         une Europe pour défendre des projets communs qui ne sont réalisables qu’ensemble : le défi écologique, celui de l’énergie, de la régulation européenne et internationale des banques et des marchés, de l’aide aux pays pauvres,…

 

Enfin, il faut aussi faire preuve de pédagogie et non de démagogie auprès des citoyens, tant sur l’explication des causes de la crise que sur les solutions proposées (les milliards du plan de soutien). Les Français se posent deux questions :

-         où le gouvernement trouve-t-il tous ces milliards ?

-         comment se fait-il que pour les banques, on trouve ces milliards et pas pour nous, pour l’éducation, pour valoriser les petites retraites, pour la santé, pour l’emploi ?

 

La pédagogie de la crise n’a pas été faite, et de la crise financière en crise économique, la colère risque de monter et la crise peut devenir une crise sociale.

 

Enfin, alors qu’on pouvait se demander si cette crise allait brouiller les lignes politiques, Nicolas Sarkozy se montrant « socialiste » en prônant un étatisme à tout va pour intervenir dans la finance et l’économie, reprenant à présent à son compte des arguments autrefois soutenus par François Bayrou et même les socialistes (lutte contre les paradis fiscaux, régulation internationale, abus des rémunérations des dirigeants, …), François Bayrou a bien marqué sa ligne, en profondeur, celle d’un projet de société humaniste, celle d’un tournant de civilisation.

18.06.2008

Des partis européens pour re-construire l’Europe

Parlement Europeen Strasbourg.jpgLe non irlandais au referendum de ratification du traité de Lisbonne, de même que le non français au précédent referendum sur le traité de Constitution Européenne, sont symptomatiques de la méfiance des citoyens européens.  Les citoyens européens ont l’impression que l’Europe se fait sans eux, voire contre eux. Les sondages le prouvent, les discussions de quartier, de commerce, de famille, le confirment, la volonté manifeste des gouvernements d’éviter autant que possible le referendum pour la dernière ratification du nouveau traité, qui de surcroît n’est pas à la portée d’un peuple car trop technique et trop complexe, en est l’évidente justification.

 

Il est intéressant de noter et d’analyser toutes les réactions publiées par la presse et les médias de la scène politique française et Européenne :

 

-          Il y a ceux qui baissent les bras et pensent ce c’en est fini de l’Europe,

 

-          ceux qui espèrent refaire voter les Irlandais après avoir monté une opération de pédagogie, d’explications, de négociations,

 

-          et ceux qui proposent une Europe à deux vitesses : celle des pays qui ont ratifié et exercent entre eux le nouveau mode de fonctionnement, et les autres, dans un 2ème cercle, un peu comme les pays de l’Union qui sont dans l’Euro et ceux qui ne le sont pas. Mais je n’ai pas compris comment cela pourrait fonctionner, notamment pour les votes (Irlande exclue du vote à majorité qualifiée ? Les lois votées ne seraient pas appliquées à l’Irlande si elle pose un véto ? Le haut représentant pour la politique étrangère et de la sécurité commune ne parlerait pas pour l’Irlande ? …).

 

Nuls de ceux-là n’expliquent la cause profonde du non et proposent d’y répondre, sauf François Bayrou. Il est le seul à exprimer ce simple et évident constat et appeler à une véritable re-construction de l’Europe, avec et non sans les citoyens. Ecouter notamment son intervention publiée sur le site du Mouvement Démocrate et lors du congrès Cap21 dimanche 15 juin.

 

L’Europe devrait être un facteur d’augmentation de la puissance et de la souveraineté de ses pays et de ses peuples au sein de la  mondialisation et face aux grandes puissances que sont les Etats-Unis, la Russie, la Chine, l’Inde, le Japon. Elle devrait contribuer à une meilleure croissance économique de ses pays réunis, mais ne pas se limiter au commerce et à l’économie. L’Europe se doit de défendre et protéger des valeurs communes, un patrimoine culturel commun, un projet social et des valeurs de solidarité, tout en respectant la diversité des identités et des cultures, offrir au monde un modèle de société exemplaire et s’affirmer comme une puissance  incontournable dans ce nouveau monde multipolaire. L’Europe devrait aussi être proche de ses citoyens, les informer régulièrement et prendre leur avis par les députés qu’ils ont élus et aussi par la presse nationale. Or cela ne fonctionne actuellement pas comme cela.

 

Comment recréer le lien entre les citoyens européens et leurs institutions et comment re-construire le projet Européen ?

 

D’après François Bayrou, il y a deux manières de recréer le lien entre les citoyens et l’Europe : la transparence et l’information par voie de presse. Il avait proposé que les journaux informent à fréquence hebdomadaire des sujets discutés au sein des institutions européennes, au Parlement et à la Commission de Bruxelles. Et aussi que les députés européens assurent un lien régulier avec leurs électeurs.

 

 

Dans ce contexte, les élections européennes qui auront lieu dans un an vont cristalliser toutes les rancoeurs des citoyens et c’est justement là qu’il faudra répondre à leurs attentes, leur expliquer en termes simples l’actuel fonctionnement de l’Europe, ce qui marche bien et ce qui fait défaut, leur proposer un projet clair qui définisse les valeurs qui gouvernent la société européenne, qui soit un projet de société pas seulement économique mais également solidaire, durable et désirable, qui réponde à la fois à leur besoin d’assurance sur la sauvegarde de leur identité, sur le respect de la démocratie, leur besoin de prise en compte de leur opinion de citoyen et du devoir d’information à leur égard.Ces élections seront donc capitales et la campagne sera une occasion non pas simplement de luttes de pouvoirs entre clans politiques, décomptant les députés de chaque clan, mais une rencontre importante entre les représentants du peuple et le peuple pour remettre les compteurs à zéro, rebattre les cartes, s’expliquer, sur le fond.

 

 

Sur la scène nationale, on n’entend parler que des partis nationaux qui devront présenter des listes (UMP, PS, MoDem, Les Verts, …). Or, au Parlement Européen, les partis nationaux auxquels appartiennent (en général) les députés européens, sont pour certains affilés à un parti européen, lui-même inscrit dans un groupe parlementaire au Parlement, afin de s’organiser efficacement selon des courants politiques défendant des positions communes répondant à une convergence de valeurs, de projet, d’appréciation d’efficacité politique de moyens d’actions.

 

Ces élections doivent ainsi s’inscrire dans un projet européen défendu par des partis européens. En effet, cela paraît bien étriqué de mener une campagne européenne en France uniquement au nom de partis nationaux. Dans la mesure où les partis nationaux s’inscrivent dans une démarche commune d’un parti européen, d’un groupe parlementaire européen, il est logique de présenter un projet européen défendu au niveau européen par le groupe parlementaire, dont les partis nationaux sont les porte-parole vis-à-vis des citoyens dans chacun des pays européens.

 

Aussi est-il intéressant de s’interroger sur l’existence de ces partis européens,  la manière dont ils fonctionnent,  leur lien avec les partis nationaux. Les Français et de manière générale les citoyens européens sont très peu informés de l’existence et des actions de ces partis européens. Et pourtant il en existe et l’Union Européenne consacre même un budget de 8,4 millions d’euros par an à leur fonctionnement.

 

Des partis européens pour représenter les citoyens européens

 

 Les partis politiques européens ont une existence légale depuis le 4 novembre 2003 date à laquelle une loi européenne a été adoptée pour réglementer la création et le financement des partis politiques au niveau européen.

 

Il s’agit donc d’une avancée démocratique notable, car les partis politiques sont un facteur d’intégration important. Ils contribuent à la formation d’une conscience européenne et à l’expression de la volonté politique des citoyens.

 

Dans le cadre du processus d’intégration européenne, les plus importantes familles politiques ont fondé, au cours des années soixante-dix, des fédérations de partis au niveau européen, qui se composent des partis nationaux se rattachant à une même sensibilité politique.

 

 

Quelles sont les conditions pour la création d’un parti européen ?

 

 Un parti politique européen (qui peut être un seul et unique parti politique ou une alliance de partis politiques) doit être enregistré auprès du Parlement Européen et doit satisfaire un certain nombre de critères :

 

--avoir la personnalité juridique dans l'Etat membre où il a son siège

--
être représenté dans au moins un quart des Etats membres par des élus au Parlement européen ou dans les parlements nationaux ou régionaux,

--
ou bien avoir obtenu au moins 3 % des voix exprimées dans, au moins, un quart des Etats membres lors des dernières élections européennes

--respecter, dans son programme et par son action, les principes de la liberté, de la démocratie, du respect des droits de l'Homme et des libertés fondamentales, ainsi que de l'État de droit

 

Un citoyen européen ne peut pas adhérer directement à un parti européen  puisqu’il s’agit d’une fédération de partis. Cependant il est légitime de penser qu’on pourrait faire évoluer ce dispositif pour le rendre plus proche des citoyens, avec une adhésion directe. Il faut y réfléchir …

 

 

Quels sont les partis et groupes politiques au Parlement Européen ?

 

 

Le Parlement est organisé en groupes politiques : les députés ne se regroupent pas par délégations nationales mais par affinité politique en fonction des partis nationaux auxquels ils appartiennent.

Sur les 785 eurodéputés, 772 sont répartis en 8
groupes politiques
. Pour former un groupe politique, il faut au minimum 20 députés européens originaires d'au moins 6 États membres de l'UE. Les groupes politiques décident des questions qui seront traitées lors de la session plénière ; ils peuvent également introduire des amendements aux rapports qui seront votés au cours de la session plénière. Avant la session, ils décident de la position adoptée par le groupe politique. Toutefois, aucun membre ne peut être obligé de voter d’une façon particulière.Le site du Parlement Européen nous informe sur ces partis et l’adhésion des partis nationaux des différents pays à ces partis. Citons notamment les trois principaux groupes :

 

Le Parti Populaire Européen (PPE), auquel est affiliée l’UMP, est le parti situé plutôt « à droite » selon les critères habituels en France, se qualifiant de chrétien-démocrate-conservateur. Il est le groupe parlementaire le plus important numériquement (264 des 732 sièges). Il s’est ouvert à des formations politiques eurosceptiques (telles que les conservateurs britanniques ou les membres de Forza Italia).

Le Parti Socialiste Européen (PSE) regroupe les partis socialistes, sociaux-démocrates et travaillistes d'Europe. Deuxième groupe politique au Parlement européen après les élections de 2004 (215 députés en février 2008), c'est également le principal parti de l'opposition au Parlement européen. Issu de la gauche gouvernementale réformiste, ses alliés traditionnels sont les Verts européens. Selon la tradition européenne, il peut participer à des majorités de circonstance avec des partis du centre ou de droite. Il demeure cependant distant vis-à-vis des communistes et ex-communistes de la Gauche européenne. Le PSE est lié à l'Internationale socialiste.

L’Alliance des Démocrates et des Libéraux pour l’Europe (ADLE) est le troisième groupe politique d’importance au Parlement européen, avec 106 députés issus de 21 pays. Il regroupe le Parti Démocrate Européen (PDE) et le Parti Européen des Libéraux, Démocrates et Réformateurs (ALDR). Les Démocrates partagent avec les Libéraux une conception commune de l'Europe (institutions démocratiques, fédéralisme, protection des identités) mais divergent généralement sur les questions économiques et de société.

 

Le Parti démocrate européen, auquel est affilié le parti français le Mouvement Démocrate, est un parti politique européen du centre, initié le 16 avril 2004 par le Français François Bayrou et l'Italien Francesco Rutelli qui sont ses deux premiers co-présidents.Politiquement, il se situe entre le Parti des socialistes européens (PSE) et le Parti populaire européen (PPE, droite). Il compte 26 députés.

Parmi les points principaux de son programme, citons :

  1. l'exigence d'institutions plus démocratiques, mettant les citoyens et non les technocrates au centre du projet européen ;
  2. l'idée que l'Europe doit parler d'une seule voix dans le monde, développer une politique de défense et de sécurité commune, et défendre le multilatéralisme dans les relations internationales ;
  3. la défense du modèle social européen, qui garantit la libre concurrence mais agit activement pour combattre ses excès et préserver les services publics qui ne peuvent être abandonnés aux seules force du marché ;
  4. l'investissement massif dans l'éducation et la recherche pour reconquérir le niveau d'excellence en matière d'enseignement supérieur dont l'Europe a besoin pour être à la pointe de l'innovation ;
  5. la défense des identités nationales, régionales et locales, et la promotion de la diversité culturelle et linguistique.

     

Et au-delà de l’Europe, des partis mondiaux ?

 

Ces alliances ne se limitent pas au niveau européen, en tout cas pour les démocrates. Le Mouvement Démocrate a des liens non seulement en Europe, mais également en Inde avec les Démocrates engagés et réformateurs et aux Etats-Unis avec le Parti Démocrate. Il a créé fin février 2006 avec la New democrat coalition américaine, composante parlementaire du Parti démocrate, une Alliance mondiale des Démocrates.

 

L'Alliance mondiale des Démocrates (AMD) est une structure internationale rassemblant à travers le monde les partis ayant en partage un projet politique commun fondé sur l'idée d'une économie efficace au service de la cohésion sociale et du progrès partagé. Il a été fondé en février 2005 par le Parti démocrate européen et la New Democrat Coalition du Parti démocrate américain, lors d'une convention tenue à Rome. Il s'est depuis doté d'une solide structure organisationnelle avec notamment des bureaux à Bruxelles et Washington, DC.L'AMD unit les partis ayant en commun une culture du réformisme politique, généralement appelée "démocrate" ou "humaniste", c'est-à-dire un mélange de social-démocratie, personnalisme et christianisme social.
Il se définit comme portant un grand projet de société qui ne soit "ni socialiste, ni conservateur" (et également différent du projet de l'internationale libérale), mettant l'accent sur la responsabilité individuelle et la solidarité collective.

 

 

Construisons l’Europe et menons campagne au niveau européen !

 

Même si ce réseau, ces connexions internationales politiques, sont peu connues du grand public et peu relayées par la presse et les médias, elles montrent que la mondialisation s’étend aussi aux partis politiques, qu’un projet de société ne peut de construire uniquement au sein d’un pays ni en Europe ou dans le monde par une action limitée à un parti national.

 

 

Ce sera un des enjeux de cette nouvelle campagne. Rapprochons-nous de nos amis européens pour faire campagne ensemble et proposer un projet européen qui soit celui des citoyens démocrates européens !

 

 

 

Note :

 

Je vous invite tous à aller sur QuindiBlog.eu, le blog de Arnaud Hoyois, représentant le Mouvement Démocrate en Italie,  en particulier lire sa proposition de projet pour le Parti Démocrate Européen, remarquée par Marielle de Sarnez, qui a fait la promotion de ce blog  lors de la Convention sur l’Europe le 8 juin dernier. Le travail réalisé par Arnaud est remarquable, pédagogique, riche de références, plein d’idées novatrices pour une Europe comme on devrait l’aimer.  Arnaud aura certainement un rôle important dans les contributions à la construction du projet démocrate européen. Bravo, encourageons-le en contribuant nous aussi avec lui à ce beau projet !

 

 

Merci également à Danièle Douet (alias Etoile66 pour les blogs), pour m’avoir donné l’idée de cet article !

 

01.06.2008

François Bayrou est-il altermondialiste ?

Les lignes de clivage politique sont en train de bouger en France, et le repère euclidien droite-gauche en passant par le centre n'est plus qu'un 905886415.jpgrepère fictif, virtuel, rassurant pour certains dont le manichéisme représente un confort de pensée (voir mon article sur "la bipolarité répond-elle à une structure mentale de la mentalité occidentale ?"), mais dont les contenus devraient être redéfinis en même temps que les étiquettes, rebaptisées.

Plus nous avançons sous ce gouvernement sarkozyste avec son cortège d'erreurs et de confusion, sa cour monarchique et son injure à la démocratie, son arrogance, sa favorisation du modèle américain matérialiste, capitaliste et inégalitaire, en même temps que le contexte mondial est difficile, avec ses crises alimentaire, écologique et financière que cette politique ne sait pas gérer, plus je me dis qu'il fallait passer par cette étape pour une prise de conscience des gens, des Français mais aussi des Européens. Au moins Sarkozy aura prouvé ce qu'il vaut, que ses promesses n'engageaient que ceux qui les écoutaient, que les Français se sont trompés en le choisissant.

De l'autre côté c'est bien parti pour que les socialistes se déchirent, embourbés à la fois dans leurs querelles de personnes, une guerre sémantique révélatrice et une impossible synthèse idéologique. Ce qui est étonnant, c'est qu'ils avouent (enfin !) la reconnaissance de l'économie de marché et osent même pour certains prôner le libéralisme (Delanoë,...) associé à son antinomique socialisme (alors qu'il n'a plus d'avenir), alors même qu'en ce moment s'amorce un fort contre-courant contre les dérives du capitalisme et du libéralisme économique, et qu'ils devraient au contraire retrouver une unité idéologique en dénonçant ces dérives, en proposant une gestion différente qui pour autant ne soit pas le socialisme qui a montré son échec.

François Bayrou de son côté, continue à creuser son sillon en proposant un nouveau chemin, qui me paraît être celui d'un ALTERMONDIALISME humaniste, démocrate et réaliste
 
En effet, lors de son  intervention sur France Culture datant de samedi 31 mai 2008, François Bayrou énonce clairement les deux questions fondamentales :

- celle de la démocratie et du pluralisme en France : n'y-a-t-il dans notre pays que deux offres politiques où y-en-a-t-il d'autres et dans ce cas ont-elle la possibilité de s'exprimer et d'être représentées ?
- celle du projet de société, non limité à la France : la mondialisation porte-t-elle un modèle unique, basé sur la recherche du profit individuel et générateur d'inégalités croissantes ?

Dans la charte des valeurs du Mouvement Démocrate comme dans le projet démocrate et les discours de François Bayrou, les priorités ne sont pas accordées à la recherche du profit individuel, mais au respect de l'être humain, à la justice et à la réduction des inégalités, à la préservation de la planète, des espèces dont l'homme fait partie, à l'éducation et à  la diversité culturelle. Le développement économique n'en est pas pour autant renié mais doit s'inscrire dans ce contexte de nouvelles priorités, ne pas se faire au détriment des autres (de l'Afrique, de l'environnement, notamment) ne plus voir l'unique taux de croissance global du PIB comme l'indicateur absolu du progrès et des jours meilleurs.

François Bayrou propose un autre modèle de société, qui ne nie pas la mondialisation mais qui la régule par de nouvelles règles du jeu mondiales (passant nécessairement par un renforcement de l'Europe) et puisse fonctionner sur un autre moteur que celui de la seule recherche du profit individuel, un autre carburant que l'argent et les valeurs matérialistes (passant par une prise de conscience et une responsabilisation individuelle de notre destin collectif). En ce sens, François Bayrou est altermondialiste.

Rappelons la définition de l'altermondialisme :

L'altermondialisme ou altermondialisation est un mouvement social composé d'acteurs très divers qui, face à une logique de mondialisation libérale effrénée, revendique et met en avant des valeurs comme la démocratie, la justice économique, la sauvegarde de l'environnement, les droits humains en vue d'une mondialisation maîtrisée et solidaire.

Très hétérogène et composé d'une multitude d'associations, de mouvements d'horizons divers, d'organisations non gouvernementales, l'altermondialisme se manifeste par des positions qui vont du réformisme à la rupture. Pour créer des synergies entre les différents mouvements qui le composent, il tente de développer des réseaux internationaux (Forums sociaux).

Malgré cette définition, le terme ALTERMONDIALISME évoque souvent un courant révolutionnaire utopiste et anarchiste ou d'extrême gauche inspirée du marxisme, les manifestations lors des sommets de l'OMC ou du G8, l'arrachage de plants transgéniques, etc. C'est parce qu'on retient plus, médiatiquement, les manifestations parfois violentes des tenants d'une stratégie de rupture que celles moins bruyantes des réformistes.  L'altermondialisme n'a pas encore été construit politiquement pour proposer un projet de société réaliste en s'inscrivant dans un parti politique crédible.

Or c'est bien ce que propose le Mouvement Démocrate avec François Bayrou. De même qu'aux Etats-Unis, Barack Obama semble être porteur de ce même projet. De plus en plus de personnalités renommées des mondes scientifique, philosophique, politique, journaliste ont déjà tiré l'alarme en vue d'envisager "un autre monde" et sont aussi "altemondialistes" : Hubert Reeves, Joseph Stiglitz, Yves Paccalet, Hervé Kempf,...

La gauche et la droite sont politiquement des concepts dépassés, vidés de leur sens. Donc le centre également. Leur utilisation confortable par les élus en place qui cherchent à préserver un électorat en leur faisant croire à des repères ne pourra plus tenir bien longtemps. Il faut redonner un sens à la politique, aux partis politiques, par un contenu idéologique, non seulement affirmant une priorité à des valeurs de référence et en proposant des actions, un programme, mais surtout en définissant un projet de société.

L'UMP nous a directement proposé un programme, des réformes, sans nous décrire le projet de société, mais que l'on devine aisément comme défenseur d'une mondialisation motivée par la recherche du profit individuel, la loi du plus fort, génératrice d'inégalités croissantes.

Le PS a édicté des valeurs, accordant plus d'importance à la justice et à la solidarité, mais il lui reste à décrire le projet de société et à résoudre les profonds désaccords internes sur les choix politiques, entre libéralisme et socialisme, l'impossible synthèse, ainsi que les luttes de pouvoirs entre personnalités.

François Bayrou nous propose un autre chemin, altermondialiste humaniste démocrate et réaliste, en ayant décrit ses priorités en terme de valeur, son projet de société, sa politique. Etant désavantagé en terme de représentation parlementaire car les institutions et la loi électorale actuelles favorisent la bipolarité politique, les courants majoritaires, il lui faut surtout avoir l'écoute des Français pour exposer cette alternative, leur redonner confiance en la politique, une politique fondée sur un projet de société et non sur des luttes de personnes et des fausses promesses, avec à la clé un beau rendez-vous en 2012 !

11.04.2008

BAYROU : une mise à mort organisée par l'Elysée

1715132248.2.jpgSelon un article du Monde d'hier, une "note stratégique" a été adressée lundi 7 avril à Nicolas Sarkozy en vue d'une réunion le mercredi suivant appelée "comité de liaison" avec les ministres  et parlementaires centristes "ralliés" et en cours de ralliement (+ JM Cavada).

Voici son contenu intégral diffusé par Le Monde.

Cette note prouve l'orchestration organisée de la mise à mort de François Bayrou par l'Elysée, la malveillance des uns, la traitrise des autres, attirés par les prébendes ou intimidés par les menaces. Après Hervé Morin, Maurice Leroy et autres anciens parlementaires qui avaient soutenu François Bayrou puis soudain lâché entre les deux tours des élections présidentielles, Jean-Marie Cavada ensuite, voici maintenant la vague annoncée de sénateurs, entraînés par Jean Arthuis et Michel Mercier, sans omettre Thierry Cornillet. La cohorte des Judas est en marche ...

Mercredi,  François Bayrou avait réprouvé  ce "comité de liaison" de la majorité annoncé par l'Elysée, y voyant un "réseau de cuisine politique" et déclarant à la presse dans les couloirs de l'Assemblée : "Ce n'est pas la fonction du président de la République d'être un animateur des partis politiques". La fonction du président devrait être au-dessus des partis, il ne devrait pas être un des acteurs. Le MoDem n'est pas englué dans ce réseau de cuisine politique de la majorité. Les militants du MoDem sont libres et indépendants".

Ces manoeuvres dépassent les bornes, les limites acceptables de la tactique politicienne élevée à l'école de Machiavel. Les journalistes, la presse et les médias, les journaux citoyens, devraient relayer cette note et dénoncer cet abus du gouvernement, cette honte à la démocratie, qui salit la vie politique et en dégoûte les Français.

Il ne s'agit pas ici de défendre personnellement Monsieur Bayrou, seul contre tous, mais de défendre la République et la Démocratie, d'imposer un peu de moralité en politique !

Je relaie aussi le message des Démocrates :

"Devant les attaques répétées et injustifiées visant le Mouvement Démocrate , et à travers lui François Bayrou ,nous adhérents ou sympathisants déclaront soutenir ceux qui ,à la tête ce de ce mouvement, continuent de résister à la politique de la compromission. Nous souhaitons leur réaffirmer ici notre soutien, leur adresser nos encouragements et témoigner de notre volonté d'avancer. Ceux qui choisissent la voie de la facilité et de la servilité ne font que nous renforcer dans l'idée qu'il est grand temps de faire de la politique autrement. Quoiqu'il arrive, nous affirmons être fiers d'être MODEM et nous continuerons à travailler au renouveau politique de notre pays, pour que le projet d'espoir devienne réalité pour chacun."

17.01.2008

Lettre ouverte de militants du MoDem à Jean-Marie-Cavada

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Nous vous avions soutenu lors des élections législatives à Saint-Maur / Créteil / Bonneuil dans le Val de Marne. Vous représentiez pour nous des valeurs, une compétence, une image, un soutien exemplaire de François Bayrou et du Mouvement Démocrate. Et nous étions fiers de mener ce combat à vos côtés, ne comptant pas notre temps, tractant par tous les temps sur les marchés et dans les gares, le week-end et en semaine, participant aux multiples réunions et débats, animant votre blog de soutien militant. A l’époque, vous sembliez très attaché à vos responsabilités au Parlement Européen, néanmoins prêt à les quitter en cas de victoire aux législatives en France, jugeant l’enjeu très important pour le MoDem et pour que la France fasse avancer le projet européen, et vous vous étiez déclaré absolument pas intéressé par un mandat local de Maire, laissant donc entendre qu’il n’y aurait pas de suite à votre candidature aux élections municipales, quelle que fût l’issue des législatives.

Une chose nous avait intrigués: votre sympathie très affirmée à l’égard de Nicolas Sarkozy, proclamé publiquement comme une de vos plus proches amis, avec lequel vous avez souvent passé des vacances à Arcachon. Tout en faisant également le panégyrique de François Bayrou, de son courage, de son honnêteté et de sa droiture. Nous avons cependant aussi noté deux autres points : votre rancune à l’égard de François Bayrou qui n’aurait pas dû selon vous dire qu’il ne voterait pas pour Nicolas Sarkozy au second tour des présidentielles, et votre refus de partager le pouvoir au MoDem avec Marielle de Sarnez. Nous redoutions déjà une rupture …

Vous avez attendu la formation des candidatures aux municipales pour soudain basculer de camp et vous déclarer candidat tête de liste UMP aux municipales de Paris dans le XIIème arrondissement, que vous n’habitez pas puisque vous résidez à Neuilly-sur-Seine.

Nous respectons vos choix. Ce que nous ne pouvons pas comprendre, c’est la raison de votre décision, vos arguments nous paraissant incohérents, votre discours dévoilant vos palinodies, ou disons un désaveu.

Vous étiez parfaitement en ligne avec les valeurs et le programme du Mouvement Démocrate, qui sont très différentes de ce qu’a exprimé et met en œuvre l’UMP et le gouvernement Sarkozy. Pourtant, au motif de préférer être du côté du gouvernement pour défendre plus efficacement les idées qui ne sont pas les siennes, vous ralliez donc un camp dont vous savez bien qu’il est très difficile de faire valoir des idées contradictoires, comme nous en avons la preuve avec le Nouveau Centre, Bernard Kouchner et bien d’autres. Les députés ex-MoDem ralliés au gouvernement utilisaient les mêmes arguments que vous, proclamant avoir conservé les mêmes valeurs et programmes initialement du MoDem, et n’arrivent plus à se faire écouter, allant même jusqu’à l’autocensure, leur porte-parole François Sauvadet refusant à plusieurs reprise de faire valoir des demandes de ses pairs. On se demande aussi pourquoi vous n’avez pas rejoint ce Nouveau Centre … Sans doute car il est déjà doté d’un chef, Hervé Morin. Vous prétendez à présent vouloir fédérer les centristes, le centre gauche, bref, les démocrates …

Reconnaissez également que le principal intérêt de Nicolas Sarkozy à votre recrutement était bien celui de « casser » Bayrou et son Mouvement Démocrate, et diviser le centre comme la gauche par ces débauchages pour mieux régner sans partage et désamorcer l’opposition.

Vous venez d’annoncer hier le lancement d’un « forum d’action » ou encore d’une « structure de travail » appelée maintenant « Avenir Démocrate » (remplaçant donc le « Alliance des citoyens pour la démocratie » suivi du « Action citoyenne pour la démocratie en Europe » annoncé récemment ?). Le plagiat devient caricatural…

Quant à votre propre intérêt, puisque vous n’étiez pas motivé, selon vos propres dires, par un mandat local, il est probablement à chercher du côté de la promesse d’autres fonctions, d’un poste ministériel, tout en faisant plaisir à votre ami Sarkozy, en rejoignant sa cour.

Et enfin ce que nous ne pouvons admettre, ce sont toutes les critiques venimeuses et pleines de fiel que vous avez soudain étalées sur la place publique à l’égard de François Bayrou, critiques de surcroît infondées et dites sur un ton si passionnel qu’elles ne pouvaient qu’éveiller la suspicion de leur auditoire.

Rappelons quelques-unes unes de ces phrases assassines :

«J’ai voulu accompagner François Bayrou jusqu’aux limites de la loyauté, pour des raisons essentiellement humaines et par fidélité aux militants. […] Mais aujourd’hui, j’ai épuisé tous les recours de la loyauté.»
« J’ai voulu créer une structure pour accueillir les militants du MoDem en déshérence » 
 «François Bayrou a un programme romantique mais un tempérament qui lui fait refuser l’obstacle de la décision. S’il avait voulu que ses idées prévalent, il aurait pu négocier une alliance avec le gouvernement. […] Il s’y est refusé.» 
 "Nous voulons écarter les diseurs de bonne aventure, ceux que j'ai appelés les télévangélistes, qui observent, dénoncent, critiquent, et invoquent un avenir meilleur, mais se refusent à passer à l'action" et sont "focalisés" sur la prochaine échéance présidentielle."
«Je refuse que les militants de l’UDF-MoDem soient sacrifiés aux négociations municipales ou à l’échéance présidentielle de 2012»
Je vous ai même entendu dire que vous proposiez une porte de sortie aux militants du MoDem, que Bayrou envoie « à l’abattoir » en ne pensant qu’à son élection en 2012.

Trop, c’est trop ! Bayrou n’est pas un boucher et nous ne sommes ni des gogos ni des brebis égarées que l’on va bientôt égorger ! Un peu de décence aurait été plus conforme à l’image que vous donnez habituellement de vous ! La calomnie ne fait pas partie du registre des valeurs du Mouvement Démocrate, aussi cette lettre vise-t-elle à répondre à cette vilaine et indigne attitude sans pour autant vous retourner de telles paroles haineuses. Je peux vous affirmer que les militants du MoDem sont en très grande majorité très déçus de votre attitude, jugée méprisante non seulement à l’égard de François Bayrou, mais aussi à leur égard.

Par votre comportement, vous avez non seulement participé à la division et non au rassemblement des forces démocrates du pays, mais vous avez fait perdre à la France un poste important de présidence de Commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures du Parlement Européen, car votre ralliement à l’UMP, affilié au parti conservateur européen PPE-DE, a provoqué de vives réactions de la part de vos pairs européens démocrates de l’ADLE, vous obligeant à démissionner du poste le 15 janvier dernier, et de ce fait c’est probablement un député belge (Gérard Deprez) qui vous remplacera.

De surcroît, vous donnez aux citoyens une piètre image de la politique, laissant accroire que l’attrait des postes est plus fort que les valeurs, les idées que l’on défend, la loyauté.

Depuis votre défection, vous ne nous avez pas rappelés ni envoyé vos vœux, probablement persuadé que notre accueil ne serait pas chaleureux ou bien peut-être nous avez-vous complètement oubliés.

Nous vous souhaitons quand même une bonne année 2008, avec plus de cœur et moins de rancœur, et avons même composé pour vous et Hervé Morin ces quelques alexandrins :

Tous ceux-là, malgré la réception des honneurs,
Devraient méditer sur ce bel antique adage
Qui rappelle que nul même sous projecteurs
N'est à l'abri d'une chute après les hommages :
Le "Arx tarpeia Capitoli proxima " :
"La Roche Tarpéienne est près du Capitole"
Voilà ce dont prévient, maxime a minima,
Que même la tête des vrais preux dégringole.

L'adulé d'aujourd'hui peut être honni demain,
Quand le banni d'hier a aujourd'hui la main !

 

                    Marie-Anne Kraft et des militants MoDem de Saint-Maur (94)

01.01.2008

Pour cette année 2008

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Misez sur des mots, osez ce qui démode, et surtout,...

MoDémisez "de toutes vos forces" !

22.12.2007

Le Mouvement Démocrate : un projet de civilisation

2bf1f1b380dcc2af2e3ca5945cc17684.jpgLe projet du Mouvement Démocrate va bien au delà d'un programme politique, économique et social ; bien au delà des catalogues de mesure habituellement présentés par les partis politiques. C'est même plus qu'un projet de société : c'est un projet de civilisation.

 

Une civilisation lie des sociétés d’hommes qui se construisent sur des valeurs et une culture commune et dans un objectif commun, une même vision du progrès, dans la projection qu’elles se font de l’avenir en commun. Alors que le mot société désigne d’une manière générale un groupe de personnes ayant une forme de vie commune. La civilisation est à la société ce que l’espèce est à la race. De même que les espèces peuvent disparaître, Paul Valéry nous a avertis que «Nous autres, civilisations, nous savons désormais que nous sommes mortelles » .
Il se trouve que la civilisation actuelle connaît les premiers signes de sa mortalité, notamment au travers du défi écologique. Mais bien au delà de cette mortalité physique, elle souffre également de signes de mortalité morale et spirituelle, de perte d’humanité.
Le Projet Démocrate est un projet de civilisation car il repose sur des valeurs, résumées dans une charte des valeurs, et sur une culture (humaniste), une idée du progrès de l’homme et de l’humanité, ainsi que sur une éthique, un comportement politique et moral, résumée dans une charte éthique. Il vise un idéal humaniste, un monde de justice croissante, basé sur la confiance dans le respect de la démocratie et de la république.
Certains détracteurs du projet démocrate qualifient ce dernier d’utopie, car ils sont convaincus que l’homme est intrinsèquement mauvais et qu’il ne peut être motivé par des valeurs humaines. Selon eux, seuls l’appât du gain, la recherche du pouvoir personnel et du plaisir (physique) peuvent motiver ce dernier dans ses projets et ses actions. Ils sont cyniques et politiquement suivent les principes de Machiavel décrits dans « Le Prince » afin d’acquérir ou de conserver le pouvoir, reposant sur les postulats suivants :
1- la seule motivation doit être le pouvoir
2- Il faut absolument s’affranchir de toute morale pour conduire le pouvoir
3- L’homme, le peuple comme le Prince, est naturellement mauvais ; il ne regarde que son premier intérêt avant celui d’autrui.
Rappelons cependant la définition de l’utopie : l’utopie est un régime politique idéal, qui gouvernerait les hommes parfaitement, une société parfaite (sans injustice par exemple, comme la Callipolis de Socrate) ou encore une communauté d’individus vivant heureux et en harmonie (l’Abbaye de Thélème, dans Gargantua, de Rabelais, en 1534). Ce terme a été dévoyé, désignant une réalité difficilement admissible, un monde irréaliste. Ainsi, qualifier un projet d’utopiste consiste à le disqualifier et à le considérer comme irrationnel. Comme si le fait d’envisager une société idéale, qui doit être un objectif, était du domaine du rêve irréalisable, l’idéal étant de fait incompatible avec le réel.
Il se trouve que cette utopie démocrate a le mérite de présenter au moins une cible, un projet de société et même comme nous l’avons dit de civilisation, plutôt que naviguer à vue sur des mesures à court terme et sans fondement de valeurs, et qu’elle s’inscrit par ailleurs dans la réalité de ce monde, ne niant pas la mondialisation et le fonctionnement capitaliste de l’économie. Il s’agit de reconnaître des priorités nouvelles dans nos actions personnelles, les actions des entreprises, de l’Etat, et de mettre en place des garde-fous, ceci dans un contexte plus global, d’abord européen, voire mondial. Il est tout à fait possible de réfléchir sur le réel, sur l’amélioration concrète de nos conditions de vie, par une représentation objective du monde que nous souhaitons.
Le modèle démocrate (appelons-le ainsi) s’oppose donc à un autre modèle de civilisation dominant, qui est celui du néo-capitalisme basé essentiellement sur des valeurs matérialistes, la recherche du profit, la valeur de l’argent, et le règne de l’image, du paraître, au détriment des valeurs humaines et spirituelles. Dans ce modèle règne la loi du plus fort. Ce modèle fertilise son pouvoir sur le terrain de la mondialisation. Il génère des inégalités croissantes dans le monde et dans chacune des sociétés qui le composent. Il ne sait pas venir à bout de la pauvreté dans le monde ni du désastre écologique qui menace la planète, car les intérêts matériels et particuliers à court terme l’emportent toujours sur l’intérêt général à long terme. Il ne paraît pas non plus rendre les gens plus heureux, contribuer à augmenter le niveau de bonheur des populations, sinon par une éphémère impression de bonheur représentée par l’argent, un pouvoir d’achat. La domination du monde par ce modèle induit implicitement cette civilisation à sa propre destruction.
Les partisans de ce modèle, au travers de partis politiques, ne clament pas bien sûr qu’ils recherchent les inégalités croissantes et la loi du plus fort, qui en fait sont implicites des valeurs matérialistes qu’ils érigent comme prioritaires. Ils aiment se proclamer tenants de la Démocratie et de la République, bien qu’ils n’en respectent pas des principes fondamentaux, galvaudant ces nobles termes pour épicer leurs discours ou les rendre convenables. Leur stratégie politique est basée sur la séduction, le pouvoir des médias, la soumission aux sondages, une forme de populisme, la conservation du pouvoir par les puissants tout en entretenant une volontaire léthargie, passivité des masses, en les divertissant par les jeux, les programmes télévisés, en les faisant rêver par l’entretien d’événements people, le star system, l’espérance de gains où chacun a sa chance (loterie et loto), … et l’illusion que le salut est dans l’action effrénée, quel que soit son aboutissement, du moment que « ça bouge ». C’est la société du « zapping » perpétuel.
Un autre modèle de civilisation a tenté de s’imposer au XXème siècle avec l’échec que l’on connaît matérialisé par la chute du mur de Berlin en 1989 et la période de la Perestroïka en URSS : le modèle socialo-communiste, très dirigiste, prônant l’appropriation des terres et bien de production par l’Etat, avec une centralisation extrême du pouvoir et de la redistribution des revenus. Ce modèle aboutit à un appauvrissement de la population, une déresponsabilisation des citoyens, à la prise de pouvoir par une oligarchie représentant l’Etat et s’octroyant des privilèges, à la dictature.
Il y a donc bien à présent deux modèles de civilisation qui s’affrontent aujourd’hui sur notre planète, dont la concurrence alimentera le combat politique des prochaines décennies, pas seulement en France mais également chez nos voisins européens comme aux Etats-Unis et même dans le reste du monde, remplaçant le traditionnel clivage « Gauche-droite » en France, aujourd’hui dépassé :
-                      d’un côté le modèle néo-capitaliste basé sur des valeurs matérialistes, la loi du plus fort, qui génère des inégalités croissantes,
-                      de l’autre le modèle démocrate et humaniste, priorisant les valeurs humaines et spirituelles, visant une justice croissante et un développement humain. Sans cependant nier la réalité économique et le contexte de la mondialisation.
Quel Projet de Civilisation propose le Mouvement Démocrate ?
Comme nous l’avons dit, le Projet Démocrate vise un idéal humaniste, un monde de justice croissante, basé sur la confiance dans le respect de la démocratie et de la république. Décrivons ci-après les fondements de cet idéal, les valeurs qui l’animent.
L’idéal humaniste à pour objectif le progrès de l’Humanité. L’humanisme place l’Homme au centre, lui reconnaissant en tant qu’individu sa conscience, sa responsabilité, sa valeur et son potentiel, quelles que soient son identité, sa naissance, son origine sociale, ethnique et culturelle. Les valeurs de l’Humanisme sont des valeurs de confiance, de respect, de tolérance, d’authenticité, de transparence, de justice et de solidarité. Ainsi l’Humanisme s’oppose au matérialisme, qui gangrène de plus en plus nos sociétés aujourd’hui, laissant s’instaurer une domination par l’argent, confisquant le pouvoir au bénéfice des riches et des puissants, accréditant que nos motivations essentielles sont l’acquisition des richesses et la consommation, modèle aboutissant finalement à une société d'inégalités croissantes. Ce courant humaniste est résistant, révolutionnaire et pacifique.
Résistant car les valeurs qu’il prône sont des valeurs de résistance : la liberté individuelle doit se gagner face à un monde où ce qui est naturel, c’est la domination de l’autre. L’égalité entre les hommes ne va pas de soi non plus dans un monde où chacun cherche à défendre ses acquis. La solidarité et la fraternité ne sont pas non plus systématiques, l’égoïsme, l’individualisme et d’hédonisme étant aussi des attitudes plus faciles à adopter chez l’homme.
Révolutionnaire car il affronte la domination des esprits et de l’argent par les puissants, il bouleverse les pouvoirs établis.
Pacifique car il croit en une émancipation des hommes qui sont de plus en plus formés et informés pour élever leur conscience et prendre leurs responsabilités, notamment dans les pays qui fonctionnent en démocratie, par l’expression et le vote. Il a également l’espoir que les puissants eux-mêmes adhèrent aux valeurs de l’Humanisme et réalisent que seules ces valeurs sont à même de porter le progrès de l’Humanité et de sauver le devenir même de l’espèce humaine et de donner sens à son existence.
Inspirés d’Humanisme, les Démocrates veulent construire une société de confiance, tant au niveau individuel que sur le plan collectif, une société qui donne le sens de « vivre ensemble », où les relations entre les humains ne sont pas systématiquement monnayées ou « marchandisées ». La société de confiance s’oppose à une société de défiance, où l’inégalité germe dès la naissance, où domine la loi du plus fort et du plus riche, où l’apparence, la caste et le carnet d’adresse priment sur la compétence, où règnent l’anonymat, l’isolement, le « chacun pour soi » et le « sauve-qui-peut ».
Cette société s’inscrit dans un projet de civilisation transversal et universel, dans un univers mondialisé, se traduisant aussi bien au niveau individuel, de la famille, de la commune, de la région, de la nation, de l’Europe et du Monde. Ce projet doit viser la prospérité, pas seulement matérielle mais aussi humaine et spirituelle, redonner le goût de l’entreprise et de l’innovation, une motivation sur des objectifs industriels visant un progrès et une valeur humaine, pas seulement une « valeur ajoutée » financière, ne visant que la rentabilité financière à court terme.
Ce projet doit aussi viser la préservation de la planète et ce qu’on appelle le « développement durable ». Ce terme ne devrait pas être limité au souci de permanence des sources d’énergie et des ressources en général, mais considérer plus généralement le « devoir de répondre aux besoins des générations présentes sans compromettre pour autant la capacité des générations futures à répondre des leurs », quel que soit le domaine où il s’applique. C’est vrai notamment pour la gestion de la dette publique qui grève les générations futures.
Le Projet Démocrate veut réconcilier l’Europe avec les Nations. L’Europe ne doit pas être  réduite à un simple espace de libre échange. Elle doit être le lieu de rassemblement des problèmes communs des pays européens, pour protéger et promouvoir leurs ressources, leurs cultures, leurs valeurs. Les problèmes de ressources énergétiques, d’environnement, d’immigration, de défense doivent être traités au niveau de l’Europe.
Il s'agit également de protéger nos racines, notre identité, nos traditions, notre culture et nos langues régionales, face à la mondialisation et à l’uniformisation culturelle et idéologique.
Le Mouvement Démocrate est convaincu que l’organisation sociale et politique la mieux à même de répondre à cet idéal est la démocratie. La démocratie permet de construire l’Homme, reconnaît sa place en tant que citoyen autonome libre de corps et de pensée, ayant une conscience et une capacité de jugement, responsable de ses actes moralement. La démocratie donne la parole et le pouvoir au citoyen, pouvoir qu’il organise en le déléguant et en le contrôlant. Elle suppose idéalement que le citoyen bénéficie d’une transparence de l’information, d’un accès aux connaissances et à l’éducation.
Le Mouvement Démocrate propose une démocratie proche du citoyen, qui l’informe sur les problèmes du pays, de l’Europe, du Monde, lui explique les solutions proposées et lui donne les moyens de s’exprimer.
Il prône également la démocratie sociale, qui redonne au travail une valeur capitale, car ce qui fonde le lien entre les hommes, c’est essentiellement l’utilité sociale, c’est à dire le travail. C’est par là que l’individu acquiert une reconnaissance, donc une source d’épanouissement de ses talents, et non simplement par la garantie d’un revenu assuré.
Aussi faut-il être intransigeant sur les valeurs fondamentales de la Démocratie, tenir pour prioritaire le droit à l’expression, à l’éducation et à l’information du citoyen, défendre la juste représentation des courants d’opinion, le pluralisme, l’indépendance des médias et accorder priorité à l’éducation.
Le pouvoir du citoyen ne doit plus être limité à la désignation de ses dirigeants par son suffrage, qui ensuite peuvent régner et décider sans lui rendre de comptes ou bien en lui en rendant mais toujours à sens unique, sans concertation. Il faut aller plus loin en changeant le statut du citoyen, en lui  donnant un rôle d’acteur et tenir compte de son avis au sein d’une véritable concertation. Pas une consultation d’apparence où l’on fait mine d’écouter pour ensuite imposer ce qu’on a décidé. Le conflit est sain car permet l’expression des attentes et dénoue les tensions. La contradiction renforce ainsi l’autorité et donne légitimité à son exercice.
La République formalise et institutionnalise la démocratie en la dotant d’une constitution et d’institutions lui permettant de bien fonctionner. Comme le stipule notre constitution, la République est « démocratique, laïque et sociale ». Elle repose sur les valeurs de  « Liberté, Egalité et Fraternité » qui sont des droits du citoyen. Elle garantit aussi son identité, sa citoyenneté, sa sécurité physique et la propriété, la protection de ses biens. Elle confère au citoyen des droits mais en retour ce dernier  a aussi des devoirs : le respect de l’autorité, le civisme, une forme de patriotisme. La République impose la séparation des pouvoirs et l’impartialité de l’Etat.
Le Mouvement Démocrate défend ces valeurs de la République contre toutes les dérives. Ces valeurs sont bien souvent piétinées, bafouées, contournées. Il faut assainir les institutions et mieux garantir la séparation des pouvoirs, non seulement exécutif, législatif et juridique, mais aussi financier et médiatique. La République a ses espaces sacrés, certains lieux qui méritent d’être « sanctuarisés », notamment l’Ecole, le tribunal et le Parlement. Même si le rôle de l’Etat est important dans sa fonction régalienne, protectrice et re-distributive de richesses, le Mouvement Démocrate ne croit pas à un Etat omnipotent qui gère tout et laisse penser qu’il prend tout en charge dans la vie du citoyen et dans la gestion du pays. Pour redonner au citoyen un rôle acteur et participatif, organiser une concertation entre le pouvoir et le peuple, il propose une gestion plus décentralisée de certains problèmes et le renforcement des corps intermédiaires, des représentations citoyennes tels que les syndicats, les corporations, les associations. Il faut réinventer un modèle de société. C’est une tâche et une responsabilité immense qui nous incombe, à nous Démocrates, celle d’un véritable projet de civilisation. Le programme politique du Mouvement Démocrate traduit finalement en propositions concrètes la manière de réaliser cet idéal, en ayant tout d’abord évalué les moyens les plus judicieux pour y arriver sans compromettre pour autant ses valeurs, en étant attaché avec réalisme à l’efficacité de ces moyens, en ayant recours à une évaluation de ces derniers dans des contextes similaires, par expérience passée ou par comparaison avec d’autres pays les ayant employés. En ce sens ce programme s’inscrit dans une approche réaliste et non utopiste (dans le sens irréalisable).
                             Marie-Anne Kraft (alias "Marianne")

24.11.2007

"De l'origine des inégalités croissantes parmi les hommes" : réponse à François Bayrou (partie 1)

Article assez long (25 pages) dont ce texte est la première partie. Ci-joint l'article entier pour les courageux lecteurs.Moteur d'une socit de justice V3.pdf

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1         La grande question de civilisationbfde2ef0f1951e167d5255d329a17889.jpg

En octobre 2007, sur les ondes de radio et de télévision, ainsi que dans le numéro 119 de la revue Commentaire, François Bayrou fait le constat suivant :

« Ce qui a triomphé, à la surface de la planète, c’est non pas le libéralisme stricto sensu mais le principe d’inégalité croissante. L’inégalité croissante a été acceptée et choisie … à partir du succès économique américain, comme moteur du développement des sociétés. Il est vrai que ce moteur a été, dans l’ordre matériel, infiniment puissant, … interdisant progressivement toute redistribution par l’effacement des frontières, notamment fiscales, proscrivant cette redistribution … puisque rien n’est plus facile aux riches que de changer de pays » … Pour François Bayrou « ce principe d’inégalité croissante … heurte les valeurs fondamentales de notre civilisation ». « Quand la réussite personnelle se mesure seulement à l’aune de la réussite matérielle et financière, la société a changé de nature. Pour dire vrai, elle n’est plus société, association, vie en compagnonnage, elle devient collection de solitudes et de compétitions individuelles. » Selon François Bayrou, c’est l’enrichissement personnel (enrichissement matériel), l’argent, le culte de l’argent en tant que valeur dominante motivant les hommes et la société, qui est actuellement le moteur de nos sociétés et qui a engendré ces inégalités croissantes, associé au fait que la mondialisation rend la redistribution inopérante. Par ailleurs, le modèle alternatif socialo-communiste qui s’appuie sur une centralisation dirigiste du pouvoir et des moyens de production par l’Etat en vue d’une distribution égalitaire des richesses, a échoué. Partant de ce constat, François Bayrou pose une question fondamentale : « Nous visons une société de justice, ce doit être l’objectif de notre civilisation. Mais quel peut être le moteur d’une société de justice ? » Autrement dit renversons l’équation en fixant un résultat souhaité (supposant l’adhésion à cet objectif) pour trouver la ou les variables permettant d’arriver à ce résultat. Quel doit être le nouveau modèle, et comment motiver les hommes, les entreprises, les collectivités, afin d’engendrer naturellement une société de justice, de confiance, d’égalité des chances et ainsi réduire les inégalités ? Nous proposons d’étudier cette question. Cette analyse pourra paraître à certains déconcertante et originale, dans la mesure où elle sort des études habituellement réalisées, limitées au registre social, économique et financier, essayant de comprendre plus profondément les racines psychologiques et biologiques de l’attachement que l’homme et la société ont dévolu à l’argent et comment nos sociétés sont devenues matérialistes et sources de développement des inégalités. En ce sens notre démarche relève d’une approche philosophique plutôt qu’économique. En comprenant mieux la source de ces maux, ce qui sous-tend le modèle actuel de nos sociétés, il sera plus facile d’en proposer un autre, de définir et mettre en place un nouveau « moteur ».

Mais avant de réfléchir au « moteur », à ses éléments constitutifs et à son carburant, aux interactions entre la motivation de l’homme, son moteur individuel, et celle de la société des hommes, un moteur collectif, attestons tout d’abord le constat fait par François Bayrou sur les inégalités croissantes de nos sociétés et analysons les causes profondes et  le « moteur » actuel qui les a engendrées et les perpétue.

2         Le constat : une société d’inégalités croissantes

La démocratie et le libre-échange étaient ensemble porteurs d’une promesse d’épanouissement de l’individu et de son confort, ainsi que de réduction des inégalités. Tout le discours économique est basé sur la recherche à tout prix de la croissance, de la valeur ajoutée globale, du PIB (Produit Intérieur Brut), par pays et globalement.

La production et donc la richesse globale, représentées par le PIB, ont connu dans le monde une croissance moyenne de 2,5% par an depuis 25 ans et de 5% par an environ depuis 2004 et malgré la dispersion du taux selon les pays, toujours positive.

 


Evolution de la croissance économique selon la zone géographique (source : IMF, avril 2006)

Evolution et projection de la croissance économique selon la zone géographique
Zone 2004 2005 2006* 2007*
Pays industriels 3,3 % 2,7 % 3,0 % 2,8 %
dont Etats-Unis 4,2 % 3,5 % 3,4 % 3,3 %
Zone euro 2,1 % 1,3 % 2,0 % 1,9 %
Japon 2,3 % 2,7 % 2,8 % 2,1 %
Nouveaux pays industrialisés asiatiques 5,8 % 4,6 % 5,2 % 4,5 %
Autres pays émergents et pays en développement 7,6 % 7,2 % 6,9 % 6,6 %
dont Afrique 5,5 % 5,2 % 5,7 % 5,5 %
Europe centrale et orientale 6,5 % 5,3 % 5,2 % 4,8 %
Communauté des Etats Indépendants 8,4 % 6,5 % 6,0 % 6,1 %
Chine 10,1 % 9,9 % 9,5 % 9,0 %
Inde 8,1 % 8,3 % 7,3 % 7,0 %
Moyen-Orient 5,4 % 5,9 % 5,7 % 5,4 %
Brésil 4,9 % 2,3 % 3,5 % 3,5 %
Mexique 4,2 % 3,0 % 3,5 % 3,1 %
Monde 5,3 % 4,8 % 4,9 % 4,7 %

* estimations

Mais il faudrait attacher une égale importance à d’autres indicateurs, notamment le  PIB/habitant moyen, ainsi que sa dispersion dans les catégories de population (riches vs pauvres), ainsi que l’évolution du rapport entre les revenus du dernier décile (10% de la population la plus riche) et ceux du premier décile (10% de la population la plus pauvre).

On devrait aussi réfléchir à de nouveaux indicateurs permettant de mesurer un « Bonheur Intérieur Brut », le « BIB », plutôt que le PIB…Ce sera l’objet d’une autre étude !

 Or que constate-t-on ? Les inégalités se sont effectivement accrues, les écarts se sont creusés, notamment en terme de revenus et de niveau de vie dans chaque continent, dans chaque pays, dans le monde (Nord/sud).

De surcroît, on constate qu’elles acquièrent une permanence et même une accentuation par le phénomène de l’héritage, de la transmission du patrimoine des plus riches à leurs enfants, ces derniers bénéficiant d’avantages fiscaux sur l’actionnariat, les plus-values, comparés aux revenus salariaux, et ayant recours à des outils financiers ad hoc et aux paradis fiscaux pour préserver leur trésor et même le soustraire aux obligations fiscales.

Les études récentes attestent le constat d’inégalités croissantes, entre nations et au sein même des pays, entravant les progrès dans de nombreux domaines (voir notamment le rapport du PNUD publié fin 2006 et le rapport 2006 de la Banque Mondiale). Quelques chiffres pour illustrer le propos :

-          20% de la population détient 90% des richesses mondiales,

-          Entre 1970 et 1985, le PIB mondial a augmenté de 40%. C’est le cas en France d’ailleurs. Au cours des 30 dernières années, la France est devenue 2 à 3 fois plus riche qu’elle n’était, selon cet indicateur mesurant la production de richesse. Mais le nombre des pauvres c’est accru considérablement. Dans plus d’une centaine de pays, le revenu par habitant est aujourd’hui plus bas qu’il n’était il y a quinze ans. Près de 1,6 milliards d’individus, déjà en situation de pauvreté, vivent plus mal qu’au début des années 1980.

-          Près de 3 milliards d’individus sur la planète vivent en dessous du seuil de pauvreté (2 $ par jour), soit 40%. Leur nombre s’est accru de 36% depuis 1981. 50% des travailleurs de la planète en font partie.

-          1,1 milliards, soit un sixième, vit dans l’extrême pauvreté (moins de 1 $ par jour). 3% de plus qu’en 1981.

-          En Afrique, le taux de population en situation d’extrême pauvreté est passé de 41,6% en 1981 à 46,9% en 2001. Compte tenu de la croissance démographique, cela veut dire que le nombre d’Africains vivant dans l’extrême pauvreté a presque doublé, passant de 164 millions à 316 millions de personnes. 1 personne sur 3 souffre de faim chronique en Afrique subsaharienne.

-          Le rapport entre les 10% des pays les plus riches (revenu par habitant >29 000$, 18 pays dont la France est le 17ème) et les 10% des pays les plus pauvres (<1800 $, 30 pays dont 27 en Afrique sub-saharienne), est passé de 23,9 en 1995 à 33,5 en 2004. Autrement dit, un habitant du groupe des 18 pays les plus riches est 33,5 fois plus riche qu’un habitant moyen du groupe des 30 pays les plus pauvres.

-          Par ailleurs, à l’intérieur des pays, les inégalités se sont également creusées :

o        Dans les pays riches, les inégalités de salaires se sont accrues depuis 25 ans. En fait, toute la richesse créée dans ces pays a été captée par une tranche étroite de la population, les revenus médians étant stagnants alors que les revenus des 0,1% des plus riches augmentent en flèche. Le rapport entre le salaire des 10% les mieux payés et celui des 10% les moins bien payés a augmenté de 14% dans l’OCDE. Mais les inégalités sont restées stables en France et au Japon, selon les données officielles, hors revenus du patrimoine et en écarts relatifs. Si on en tenait compte, on observerait une hausse des inégalités en France, car ceux-ci progressent rapidement et sont très majoritairement détenus par les catégories les plus aisées. En observant les mêmes statistiques sur des franges plus extrêmes, les quintiles (5%) ou les centiles (1%), le rapport est de plus en plus élevé.
D’après une étude de l’Ecole d’économie de Paris portant sur la période 1998-2006, dont Libération a publié les résultats le 29 juin 2007, 1% des Français les plus riches ont vu leurs revenus augmenter de 19%, 0,1% des plus riches de 32% et 0,01% des plus fortunés de 42,5%. Alors que l’Insee, qui mesurait l’écart entre les 10% les plus riches et les 10% les plus pauvres attestait une réduction du fossé depuis les années 70 jusqu’en 2000 où la tendance commence à s’inverser.
Un autre indicateur : la pauvreté des enfants a augmenté dans les pays riches (pour 17 des 24 pays de l’OCDE) entre 1991 et 2000.

o        Les inégalités internes aux pays se sont plus accrues dans les pays à forte flexibilité du droit du travail et à moindre protection sociale, comme les pays anglo-saxons (Grande Bretagne et Etats-Unis) que dans des pays comme la France où le droit du travail, le SMIC, protège les salariés.

o        Les Etats-Unis sont l’un des pays les plus riches de la planète, mais aussi, parmi ceux-ci, l’un de ceux où les inégalités sont les plus fortes. Depuis plus de deux décennies, les inégalités économiques se creusent : les plus riches ont connu dans les années 1980 et surtout dans les années 1990 une période de rapide croissance de leurs revenus et de leur patrimoine, tandis que la classe moyenne et les pauvres n’ont bénéficié pendant la même période que de faibles gains. Depuis 1980, en effet, la croissance des revenus des familles est presque totalement concentrée sur les 5 pourcents les plus élevés de l’échelle des revenus : en termes réels, le quintile le plus pauvre gagne aujourd’hui à peine plus qu’en 1980, tandis que les 5% des familles les plus aisées ont vu leurs revenus doubler. Parmi les bénéficiaires de cet accroissement de revenus, se trouvent en particulier les dirigeants d’entreprises dont la rémunération (au sens large : salaire de base, bonus, actions attribuées, profit réalisé lors de l’exercice des stock-options, contributions aux assurances-santé et retraite…) a augmenté de plus de 300% entre 1990 et 2001. A l’opposé, le salaire minimum fédéral n’a progressé que de 35% pendant la même période, passant de 3,8 $ à 5,15 $ par heure, sans changement en termes de pouvoir d’achat.
 Si on considère la mesure scientifique des inégalités de revenu utilisant l'indice de Gini, celui-ci valait 0.45 pour les Etats-Unis en 2004, alors qu'il était de 0.267 en 2002 pour la France (dernière valeur connue d'après l'INSEE). Les inégalités de revenu sont bien plus fortes aux Etats-Unis qu'en France et le phénomène va en s’amplifiant.

o        En Chine, entre 1983 et 2004, on est passé d’un rapport de 6 à 15 (comme aux Etats-Unis !) entre le revenu moyen des 10% les plus riches et celui des 10% des plus pauvres. D’après les chiffres de la Banque Mondiale, le différentiel de revenus, entre les 20% les plus riches et les 20% les plus pauvres, est passé de 6,5 en 1990 à 10,6 en 2001, ce qui fait de la Chine le pays le plus inégalitaire de toute l’Asie. Depuis 2001, ce processus s’est clairement poursuivi. Par ailleurs, entre 1990 et 2001, la part des richesses nationales détenue par les 10% les plus riches est passée de 24,6 à 33,1%.

L’accroissement global des richesses et du niveau de vie, que l’on met plus volontiers en exergue, a masqué ces effets d’inégalités croissantes. On ne peut nier les progrès globalement réalisés : en un demi siècle, l’espérance de vie est passée dans le monde en développement de 41 à 64 ans, la part de population n’ayant pas accès à l’eau potable est tombée de 65 à 20%, la mortalité infantile a été réduite de moitié et l’analphabétisme a baissé de 52 à 26%.

Conclusion :

Nous sommes dans un monde globalement plus riche dans lequel il y a plus de pauvres, où les riches sont plus riches et où les pauvres sont plus pauvres.

10.09.2007

Charte des valeurs du MoDem de Marianne (en alexandrins))

Nous, les fondateurs du Mouvement Démocrate,

Présentons ci-après dans la présente charte

Tout ce qui constitue nos profondes valeurs,

Celles guidant notre âme et fondant notre cœur.

Humanisme, démocratie et république

Forment les fondations de notre politique.

LES VALEURS D’HUMANISME

L’Homme, une valeur centrale

L’idéal Humaniste a pour priorité

Le progrès de l’ensemble de l’Humanité.

L’Homme est un but en soi, notre valeur centrale.

L’argent n’est qu’un moyen, un minimum vital,

Un carburant nécessaire à l’économie,

Mais non une fin en soi ni un but dans la vie.

L’Homme ne doit pas être qu’un consommateur,

Une simple ressource ou bien un producteur.

Au sein du monde humain, « tout homme en vaut un autre,

Offre son potentiel », cette devise est nôtre.

A chacun sa dignité depuis son enfance,

Aussi droit au respect, à la reconnaissance.

« Etre » et « devenir » sont de tous les auxiliaires

Ceux qui de loin prévalent, ceux que l’on préfère

A « avoir » et « paraître », trop valorisés

Par le matérialisme de nos sociétés.

Construire une société de confiance

Il faut construire une société de confiance

Fondée sur le respect, justice et tolérance,

L’art de vivre ensemble, la solidarité,

L’intérêt général, la générosité,

L’égalité des chances éveillant les talents,

Permettant d’accomplir leur épanouissement.

Le contraire d’une société de défiance

Où l’inégalité germe dès la naissance,

Où domine toujours cette loi du plus fort,

Des riches et puissants, laissant le faible mort.

Là où l’anonymat comme l’isolement

Et le « chacun pour soi » règnent également.

Dans cette société humaine et humaniste

Et non point agressive, hautaine et égoïste,

Gageons que l’homme soit en tout point responsable

De son propre avenir et de tous ses semblables

Et qu’il sache élever son niveau de conscience

De sa propre attitude à l’usage des sciences.

Fonder un projet de civilisation

Nous voulons un projet de civilisation

Où développement a signification

D’abord à la base au niveau individuel,

La relation sociale et le spirituel,

Et mondial sur le développement durable

Qui ne doit pas être uniquement imputable

A la permanence des sources d’énergie,

Mais doit répondre à tous nos besoins d’aujourd’hui,

Sans compromettre pourtant la capacité

Des générations futures à profiter,

Quel que soit le domaine où leur besoin s’applique,

Y compris la gestion des finances publiques.

Respectons nos racines et nos traditions,

La mémoire des peuples et leurs convictions,

L’héritage commun fait de diversité,

Qui nous enrichissent par la pluralité.

Protégeons nos coutumes et langues régionales

Du danger de l’uniformisation mondiale

A la fois culturelle et idéologique,

Comme la mondialisation économique !

Classons-les patrimoines de l’humanité

Comme des biens précieux qu’il nous faut protéger !

L’identité se décline  tant régionale

Que nationale, européenne ou bien mondiale.

Et si nos histoires sont toutes différentes,

Notre avenir commun est la chose importante :

Où voulons-nous aller, dans quelle direction,

Doit être pour nous tous l’essentielle question.

Redonner un sens à  la relation humaine

Il nous faut découvrir une autre relation

Avec nos semblables, la communication,

D’abord au quotidien, celle de tous les jours,

Du simple geste amical, du simple bonjour,

Du sourire gratuit, de l’entraide banale,

Afin de bien retisser un vrai lien social

Au sein du voisinage et des associations

Dans la vie du privé comme des professions.

Une relation non forcément monnayée,

Non plus systématiquement marchandisée,

Où l’on offre avec un simple désir d’offrir,

Et où l’on donne uniquement pour faire plaisir,

Sans attendre en échange un renvoi en retour

Un troc des services et même de l’amour.

Retrouver la prospérité

Le goût de l’entreprise et de l’innovation

Doit bien nous motiver dans toutes nos actions

Plus que l’appât du gain, la valeur ajoutée,

La rentabilité à court terme assurée,

Le modèle actuel  exigeant rendement

D’au moins quinze pour cent sur l’investissement,

La spéculation s’avérant préférentielle

A la logique du projet industriel

Exigeant souvent  durée et persévérance,

S’inscrivant sur le terme d’une autre échéance.

LES VALEURS DE LA DEMOCRATIE

La démocratie permet de construire l’homme,

Reconnaît sa place, citoyen autonome,

Sa dignité, sa conscience et son jugement,

Responsable de ses actes moralement.

Changer le statut du citoyen

Mais le citoyen voit son pouvoir limité

A la désignation des personnalités

Dirigeantes qu’il a choisies par son suffrage

Qui vont après régner, décider sans partage.

Or le citoyen est de plus en plus formé

Et par les médias de plus en plus informé.

Ainsi la simple délégation du pouvoir

Semble pour s’avérer mieux justifiée devoir

Redonner au citoyen un rôle d’acteur,

Afin que son avis serve aussi de moteur,

Sortir de l’ attitude immature et soumise,

Sur laquelle toute autorité reste assise.

Organisons une vraie participation !

Osons une véritable concertation,

Entre le pouvoir, l’ensemble des citoyens !

Une vraie consultation qui fera du bien,

Pas une fausse où l’on fait mine d’écouter

Pour ensuite imposer ce qu’on a décidé.

Un sain conflit permet l’expression des attentes,

En dénouant les tensions comme une détente,

La contradiction renforce l’autorité,

Donne à son exercice légitimité.

Cette fertile discussion ne peut se faire

Sans un renforcement des corps intermédiaires :

Associations, syndicats ou corporations

En tant que citoyennes représentations.

Redonner au pouvoir sa légitimité

La vraie démocratie doit aussi assurer

Au pouvoir une franche légitimité,

Par au Parlement une représentation

Juste de l’ensemble des courants d’opinion.

Séparer les pouvoirs

Elle doit aussi ne pas oublier ses devoirs

De respect de la séparation des pouvoirs,

Exécutif, législatif et juridique

Sans oublier non plus le pouvoir médiatique.

Instaurer une démocratie sociale

Instaurons enfin la démocratie sociale

Qui redonne au travail sa place capitale

Car ce qui fonde le lien entre tous les hommes

C’est bien l’utilité sociale, au minimum,

C’est à dire le travail dans la société,

Et non le droit à un revenu assuré,

Condition de la reconnaissance qui donne

Source d’épanouissement à toute personne.

Il ne s’agit pas de cet Etat providence,

Omnipotent et qui gère toute la France,

Mais bien d’un modèle plus décentralisé,

Laissant la place à plus de créativité,

S’appuyant sur les collectivités locales,

Le commerce, l’artisanat et le social.

Faire de l’Europe une communauté de civilisation

Il faut réconcilier l’Europe et la Nation,

Tel est l’enjeu de notre civilisation,

Construire en commun l’avenir de ces pays

Pour résoudre les problèmes de l’énergie,

Immigration, défense ou environnement,

L’Europe doit être  lieu de rassemblement

De problèmes communs pour mieux nous protéger

Et mieux promouvoir ainsi nos valeurs sacrées.

LES VALEURS DE LA REPUBLIQUE

Les valeurs de la République aiment rimer :

liberté, égalité et fraternité,

sécurité, autorité, laïcité,

citoyenneté et aussi identité.

Notre constitution dit de la République

Qu’elle est à la fois démocratique et laïque,

Mais la qualifie également de sociale,

Ses pouvoirs séparés, son Etat impartial.

La République apporte au citoyen des droits,

Ce dernier a aussi des devoirs et se doit

D’obéir à un ordre, à une autorité

Pour que l’équilibre soit toujours respecté.

Ces valeurs de la République se tiennent toutes,

Et elles sont chacune comme une clé de voûte .

Eclairées par celles de la démocratie

Elles se trouvent ainsi grâce à elles enrichies

Par la conscience et la responsabilité,

Permettant de nuancer, relativiser.

Ces vertus se méritent et requièrent résistance,

Ne découlent point d’une quelconque évidence.

La liberté se gagne et ne va pas de soi

Comme l’égalité, difficile parfois,

Et la fraternité, ne sont pas naturelles

Face aux dominations, ces vertus sont rebelles.

La République a certains espaces sacrés,

Certains lieux doivent être sanctuarisés :

L’école, le tribunal, et le Parlement

Font partie de ces cas, objets du sacrement.

L’ENGAGEMENT DU MODEM

Ainsi nous assurons que toutes ces valeurs
Nous servent de vecteurs ou d’axes directeurs

Pour ce très beau projet de civilisation.

Elles sont notre boussole et notre direction.

Ce chantier fondateur dont nous sommes pionniers,

Celui de l’humanisme, un modèle à créer,

C’est le sens de notre engagement politique,

L’objet de la charte que le MoDem applique.

           Marie-Anne Kraft

09.09.2007

Charte des valeurs du MoDem par Marianne (en prose)

Nous, fondateurs du Mouvement Démocrate, sommes les défenseurs de l’idéal humaniste, de la démocratie et de la république.

Nous visons par l’idéal humaniste le progrès de l’Humanité. L’humanisme place l’Homme au centre, lui reconnaissant en tant qu’individu sa conscience, sa responsabilité, sa valeur et son potentiel, quelles que soient son identité, sa naissance, son origine sociale, ethnique et culturelle.

Nous faisons nôtres les valeurs de l’Humanisme, qui sont des valeurs de confiance, de respect, de tolérance, d’authenticité, de transparence, de justice et de solidarité. Ainsi l’Humanisme s’oppose au matérialisme, qui gangrène de plus en plus nos sociétés aujourd’hui, laissant s’instaurer une domination par l’argent, confisquant le pouvoir au bénéfice des riches et des puissants et accréditant que nos motivations essentielles sont l’acquisition des richesses et la consommation. Ce courant humaniste est résistant, révolutionnaire et pacifique.

Résistant car les valeurs qu’il prône sont des valeurs de résistance : la liberté individuelle doit se gagner face à un monde où ce qui est naturel, c’est la domination de l’autre. L’égalité entre les hommes ne va pas de soi non plus dans un monde où chacun cherche à défendre ses acquis. La solidarité et la fraternité ne sont pas non plus systématiques, l’égoïsme, l’individualisme et d’hédonisme étant aussi des attitudes plus faciles à adopter chez l’homme.

Révolutionnaire car il affronte la domination des esprits et de l’argent par les puissants, il bouleverse les pouvoirs établis.

Pacifique car il croit en une émancipation des hommes qui sont de plus en plus formés et informés pour élever leur conscience et prendre leurs responsabilités, notamment dans les pays qui fonctionnent en démocratie, par l’expression et le vote. Il a également l’espoir que les puissants eux-mêmes adhèrent aux valeurs de l’Humanisme et réalisent que seules ces valeurs sont à même de porter le progrès de l’Humanité et de sauver le devenir même de l’espèce humaine et de donner sens à son existence.

Inspirés d’Humanisme, nous voulons construire une société de confiance, tant au niveau individuel que sur le plan collectif, une société qui donne le sens de « vivre ensemble », où les relations entre les humains ne sont pas systématiquement monnayées ou « marchandisées ». La société de confiance s’oppose à une société de défiance, où l’inégalité germe dès la naissance, où domine la loi du plus fort et du plus riche, où l’apparence, la caste et le carnet d’adresse priment sur la compétence, où règnent l’anonymat, l’isolement, le « chacun pour soi » et le « sauve-qui-peut ».

Cette société s’inscrit dans un projet de civilisation transversal et universel, dans un univers mondialisé, se traduisant aussi bien au niveau individuel, de la famille, de la commune, de la région, de la nation, de l’Europe et du Monde. Ce projet doit viser la prospérité, pas seulement matérielle mais aussi humaine et spirituelle, redonner le goût de l’entreprise et de l’innovation, une motivation sur des objectifs industriels visant un progrès et une valeur humaine, pas seulement une « valeur ajoutée » financière, ne visant que la rentabilité financière à court terme, le retour sur investissement minimum de 15%.

Ce projet doit aussi viser la préservation de la planète et ce qu’on appelle improprement le « développement durable ». Nous proposons de définir ce terme en ne le limitant pas au souci de permanence des sources d’énergie et des ressources en général, mais en le considérant comme un « devoir de répondre aux besoins des générations présentes sans compromettre pour autant la capacité des générations futures à répondre des leurs », quel que soit le domaine où il s’applique. C’est vrai notamment pour la gestion de la dette publique qui grève les générations futures.

Nous voulons réconcilier l’Europe avec les Nations. L’Europe ne doit pas être  réduite à un simple espace de libre échange. Elle doit être le lieu de rassemblement des problèmes communs des pays européens, pour protéger et promouvoir leurs ressources, leurs cultures, leurs valeurs. Les problèmes de ressources énergétiques, d’environnement, d’immigration, de défense doivent être traités au niveau de l’Europe.

Nous devons aussi protéger nos racines, notre identité, nos traditions, notre culture et nos langues régionales, face à la mondialisation et à l’uniformisation culturelle et idéologique.

Nous sommes convaincus que l’organisation sociale et politique la mieux à même de répondre à cet idéal est la démocratie. La démocratie permet de construire l’Homme, reconnaît sa place en tant que citoyen autonome libre de corps et de pensée, ayant une conscience et une capacité de jugement, responsable de ses actes moralement. La démocratie donne la parole et le pouvoir au citoyen, pouvoir qu’il organise en le déléguant et en le contrôlant. Elle suppose idéalement que le citoyen bénéficie d’une transparence de l’information, d’un accès aux connaissances et à l’éducation.

Nous proposons une démocratie proche du citoyen, qui l’informe sur les problèmes du pays, de l’Europe, du Monde, lui explique les solutions proposées et lui donne les moyens de s’exprimer.

Nous prônons également la démocratie sociale, qui redonne au travail une valeur capitale, car ce qui fonde le lien entre les hommes, c’est essentiellement l’utilité sociale, c’est à dire le travail. C’est par là que l’individu acquiert une reconnaissance, donc une source d’épanouissement de ses talents, et non simplement par la garantie d’un revenu assuré.

Aussi sommes-nous  intransigeants sur les valeurs fondamentales de la Démocratie. Nous tenons pour prioritaire le droit à l’expression, à l’éducation et à l’information du citoyen. Nous défendons la juste représentation des courants d’opinion, le pluralisme, l’indépendance des médias et accordons priorité à l’éducation.

Nous pensons que le pouvoir du citoyen ne doit plus être limité à la désignation de ses dirigeants par son suffrage, qui ensuite peuvent régner et décider sans lui rendre de comptes ou bien en lui en rendant mais toujours à sens unique, sans concertation. Il faut aller plus loin en changeant le statut du citoyen, en lui  donnant un rôle d’acteur et tenir compte de son avis au sein d’une véritable concertation. Pas une consultation d’apparence où l’on fait mine d’écouter pour ensuite imposer ce qu’on a décidé. Le conflit est sain car permet l’expression des attentes et dénoue les tensions. La contradiction renforce ainsi l’autorité et donne légitimité à son exercice.

La République formalise et institutionnalise la démocratie en la dotant d’une constitution et d’institutions lui permettant de bien fonctionner. Comme le stipule notre constitution, la République est « démocratique, laïque et sociale ». Elle repose sur les valeurs de  « Liberté, Egalité et Fraternité » qui sont des droits du citoyen. Elle garantit aussi son identité, sa citoyenneté, sa sécurité physique et la propriété, la protection de ses biens. Elle confère au citoyen des droits mais en retour ce dernier  a aussi des devoirs : le respect de l’autorité, le civisme, une forme de patriotisme. La République impose la séparation des pouvoirs et l’impartialité de l’Etat.

Nous adhérons à ces valeurs de la République, qu’il faut défendre contre toutes les dérives. Ces valeurs sont bien souvent piétinées, bafouées, contournées. Il faut assainir les institutions et mieux garantir la séparation des pouvoirs, non seulement exécutif, législatif et juridique, mais aussi financier et médiatique.

Nous pensons que la République a ses espaces sacrés, certains lieux qui méritent d’être « sanctuarisés », notamment l’Ecole, le tribunal et le Parlement.

Même si le rôle de l’Etat est important dans sa fonction régalienne, protectrice et redistributive de richesses, nous ne croyons pas à un Etat omnipotent qui gère tout et laisse penser qu’il prend tout en charge dans la vie du citoyen et dans la gestion du pays. Pour redonner au citoyen un rôle acteur et participatif, organiser une concertation entre le pouvoir et le peuple, nous proposons une gestion plus décentralisée de certains problèmes et le renforcement des corps intermédiaires, des représentations citoyennes tels que les syndicats, les corporations, les associations.

Il faut réinventer un modèle de société. C’est une tâche et une responsabilité immense qui nous incombe, celle d’un véritable projet de civilisation.

Ainsi, nous assurons que toutes ces valeurs nous servent de vecteurs ou d’axes directeurs, pour entreprendre, avec nos amis démocrates européens, ce projet de civilisation, un chantier fondateur dont nous sommes les pionniers. Tel est le sens de notre engagement, celui du Mouvement Démocrate.

                                    Marie-Anne Kraft

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