27.09.2009
Décisions du G20 : marqueurs d'un modèle de société
Si l'on doit retenir une phrase du communiqué du G20, qui résume à elle seule la finalité communément exprimée par nos leaders mondiaux, quelle est-elle ?
"Lancer un cadre qui définisse les politiques et la manière dont nous agirons ensemble pour parvenir à une croissance mondiale, forte, durable et équilibrée" (voir point 13 page 2).
Significatif sur les objectifs premiers : la croissance de la richesse et bien sûr des emplois (qui doit désormais intégrer la notion de "durable"). La survie de l'espèce et de la planète n'étant pas un objectif premier mais secondaire. La réduction des inégalités et de la pauvreté étant reléguée dans les annexes, ou au travers d'une expression incroyablement hypocrite : "Nous réaffirmons notre attachement historique à atteindre les Objectifs du Millénaire pour le Développement et nos engagements d'APD respectifs,...", qui rappelons-le, édictés en l'an 2000, sont loin d'être atteints !
Le renforcement du soutien aux plus vulnérables est évoqué, une volonté "d'améliorer l'accès des pauvres aux services financiers", la "promotion du déploiement d'énergie propres et peu coûteuses dans les pays en développement", la "prévention des sorties de capitaux illicites" de ces pays, mais cela paraît être comme disent les anglo-saxons du "wishfull thinking", en fait des voeux pieux.
En termes de moyens à mettre en oeuvre, notons la focalisation sur la régulation financière pour faire face à la crise financière et économique à court terme, avec des actions sur les bonus et les paradis fiscaux qui sont plus médiatiques qu'efficaces. Une occulation de sujets important comme la monnaie mondiale de référence en alternative au dollar qui met gravement en danger les fiannces du monde, ou comme une taxe de type "Tobin" sur les flux financiers et surtout spéculatifs. Rien de concret proposé pour la création d'une agence mondiale pour l'environnement, sur le respect de normes sociales et environnementales à imposer à l'OMC, ni sur réduction des inégalités et de la pauvreté, qui sont des objectifs secondaires ou au lieux des "contraintes" à intégrer dans l'onjectif de croissance de la richesse.
Sur ce dernier point, deux types de moyens d'action peuvent être envisagés :
1- le moyen correctif "ex-post", visant à redistribuer par l'impôt une richesse inégalement distribuée sur la planète et au sein de chaque pays. Prenons un étalon, par exemple 1980. Mesurons les écarts d'inégalités et quelle aurait due être la richesse de part et d'autre, à richesse globale constante, pour maintenir le niveau d'inégalités de l'époque. Et corrigeons le tir. Les pays riches redonneraient aux pays pauvres la part servant à maintenir le niveau d'inégalités constant. Ceci par l'APD, par investissement dans ces pays dans l'éducation, la santé, la productivité de l'agriculture. Pourquoi ne pas proposer aussi de taxer les entreprises occidentales qui délocalisent leurs industries polluantes dans ces pays pour combler le coût environnemental afférant ?
De même, au sein de chaque pays, on pourrait corriger l'accroissement des inégalités, par exemple depuis 1980, par redistribution fiscale entre les riches et les pauvres, d'une manière mondiale (pour éviter l'utilisation de l'argument "si on le fait dans notre pays sans que ce soit fait ailleurs, la richesse et les investissements, donc l'emploi, vont partir ailleurs").
Lorsqu'on voit les profits des établissements financiers caractérisés par des ROE (Return on Equity) de 25-30% de 40% voire plus dans leurs activités de marché (André Orléan, De l'euphorie à la panique penser la crise financière), comparé à 15-20% dans les firmes industrielles , et que cette part de profit dans les banques est passée de 10% du total des profits des entreprises françaises en 1980 à 41% en 2007 alors que le secteur financier ne représente que 5% de l'emploi salarié et 16% de la valeur ajoutée, on pourrait aussi proposer de corriger la répartition par une fiscalité appropriée entre les profits des banques et les profits des entreprises (voire même redonner un crédit aux entreprises qui n'ont pas fait de bénéfice).
Dans une telle logique, on reste sur le même moteur de société qui est la recherche égoïste du profit individuel, l'intérêt général étant représenté comme une contrainte et les bénéficiaires de la redistribution comme des assistés. C'est l'humanitaire, qui donne bonne conscience aux capitalistes individualistes bien pensants.
2- Le moyen préventif ex-ante, c'est à dire toute régulation encadrant par avance les dérives potentielles. C'est le cas de la limitation des bonus ou d'une meilleure répartition ex ante de la valeur ajoutée des entreprises entre le capital, le travail et l'investissement, afin de tarir la source de l'appât du gain de quelques uns, de la vampirisation d'une catégorie minoritaire de population aux dépens des autres. Les actions visant la préservation de l'égalité des chances par l'accès à l'éducation et à la santé font partie de ces mesures préventives. L'investissement dans le retraitement des déchets et des économies d'énergie, ainsi que l'évolution des modes de consommation, avant même la taxation des consommations carbone, fait aussi partie de l'arsenal préventif. La meilleure prévention passant par un changement du moteur de la société : renverser l'objectif et les contraintes, faire de la préservation de l'environnement et de la justice, de la réduction des inégalités, des valeurs ultimes, le profit et l'argent n'étant qu'un moyen pour atteindre ces objectifs. C'est cela qui doit être le marqueur du changement de modèle de société, en reprenant radicalement, c'est à dire à la racine, le mal dont nous sommes atteint. Cela peut se faire par des moyens coercitifs que l'intérêt général aura fini par imposer à tous les individus que nous sommes. Cela pourra aussi, de préférence se faire par un changement des mentalités et une adhésion individuelle directe aux objectifs de solidarité et de respect, de l'environnement comme de la personne humaine.
C'est l'humanisme, remplaçant l'humanitaire, passant par la concience des individus responsables et solidaires de demain.
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08.07.2009
La recomposition politique en France s’articulera-t-elle autour du choix de modèle de société ?
Une approche pour les prochaines échéances électorales ... et un constat : quelle que soit l’issue de la recomposition politique future, il faut se poser les problèmes de fond, s’interroger sur les priorités que nous souhaitons ériger pour les années et le siècle à venir, dessiner le monde que nous souhaitons laisser à nos enfants, s’entendre sur la manière dont nous voulons vivre ensemble.
Les leçons des dernières élections européennes :
1- C’est en premier lieu l’abstention qui a gagné. Les Français ont marqué leur désapprobation de la politique, de l’Europe, en votant « avec leurs pieds », c'est-à-dire en n’allant pas voter. Ensuite ils n’ont pas voté comme les sondages l’annonçaient une semaine avant le vote (pronostics à 27% pour l’UMP, 21 ou 22% pour le PS, 13 ou14% pour le MoDem, 10% pour Europe Ecologie et 6,5% pour le NPA). En une semaine, le PS a perdu environ 5 points, ainsi que le MoDem, et Europe Ecologie en a gagné 6 et l’UMP 1, le NPA en a perdu 2 au profit du Front de gauche. Le MoDem a déçu par le comportement de François Bayrou qui s’est laissé entraîné dans les querelles avec Daniel Cohn-Bendit lors du débat télévisé du 4 juin et a été marqué « Anti-Sarkozyste » suite au succès de son livre « Abus de pouvoir », au détriment du débat sur l’Europe, tandis que le PS payait aussi ses querelles internes. Une partie des votes pour le PS et le MoDem se sont donc reportés sur Europe Ecologie, marquant le soutien à un thème ni de gauche ni de droite mais de conscience planétaire : la préservation de la planète. Les Français en ont semble-t-il raz le bol des querelles politiciennes et souhaitent que leurs représentants élus abordent les vrais problèmes de fond : affronter la crise économique et le réchauffement climatique, garantir la solidarité et réduire les inégalités, donner suffisamment de puissance et d’autorité à l’Etat à condition qu’il préserve vraiment l’intérêt général des citoyens et ne soit pas gangrené par la bureaucratie, … et surtout changent de comportement.
2- Les différents partis affichent des programmes finalement très convergents, essayant de mettre en avant ces objectifs auxquels la plupart des Français aspirent. On retrouve dans tous les programmes la volonté de réguler la finance et l’économie, de préserver l’environnement, de viser une croissance durable grâce à un investissement dans l’innovation, les économies d’énergie et les énergies renouvelables, de maintenir une sécurité sociale Il est de plus en plus difficile de différencier un clivage « gauche/droite » au vu des programmes.
· L’UMP, suite à la crise financière, se met à critiquer les travers du capitalisme financier et d’un libéralisme mondialisé insuffisamment régulé, développe une politique très interventionniste d’un Etat omnipotent, bien que Nicolas Sarkozy défendît au contraire pendant la présidentielle un modèle américain contre le modèle français jugé ringard, étriqué, bloqué par ses protections sociales, incapable de faire face à la concurrence et à la compétitivité dans la mondialisation et bien que sa politique eût contribué à l’accroissement des inégalités, à la défense des grandes surfaces et des puissances financières au détriment du petit commerce et des agriculteurs, sans parler de la neutralisation de presque tous les contrepouvoirs que sont les médias, la justice et même le Parlement.
· Le PS affiche les mêmes objectifs, insistant sur la mise en œuvre d’une Europe sociale.
· Le Modem également par une approche humaniste de la société, mettant l’homme au centre plutôt que l’argent et l’Etat.
· Les Verts aussi en centrant leur programme sur l’environnement, une politique durable et quelques positions plus radicales sur le nucléaire et l’approche de décroissance.
D’où les légitimes questions :
- Quelles sont les vraies questions qui préoccupent les citoyens, qui peuvent les mobiliser et les faire rêver ?
- Les réponses à ces questions sont-elles convergentes ou divergentes entre les différents partis ? où sont finalement les lignes de clivages ? Face à des programmes relativement convergents, qu’est-ce qui fait la différence ?
La question des valeurs et du modèle de société sera-t-elle la ligne de clivage, de différenciation essentielle ?
La question de fond de ce début de siècle est probablement celle d’un tournant de civilisation, celle des valeurs à prioriser et du modèle de société. Le modèle socialiste collectiviste et bureaucratique a montré son échec avec la chute du mur de Berlin. Le modèle néocapitaliste libéral dérégulé dans la mondialisation vient également de montrer son inanité, responsable de l’accroissement des inégalités et même de la pauvreté, destructeur de l’environnement, cause d’une faillite généralisée de l’économie. La Chine étant de surcroît un exemple d’accommodation à la fois d’un régime collectiviste étatisé et de capitalisme débridé.
Avec la crise apparaît la nécessité du choix (étymologiquement krisis en grec signifie décision). Le nouveau clivage de fond concernant le modèle de société pourrait être un choix entre :
- soit « refonder et moraliser le capitalisme », continuer avec le même moteur, en mettant réellement plus de verrous, de contraintes, de régulation, de redistribution pour diminuer les injustices, mais en gardant les valeurs matérielles, la maximisation du profit individuel, comme la motivation essentielle des individus, les inégalités étant stimulantes par d’un côté l’appât du gain et de l’autre la peur de sombrer dans la précarité. C’est toujours le règne de la société de l’avoir et du paraître.
- soit proposer autre chose, ni le capitalisme ni le socialisme, mais ce que l’on pourrait appeler l’humanisme. C'est-à-dire pas seulement une régulation du système existant mais commencer à changer les choses plus en profondeur, en s’accordant sur de nouvelles priorités, l’intérêt général plutôt que les intérêts particuliers mais avec adhésion consensuelle (importance de la démocratie), de nouveaux modes de gouvernance d’entreprises plus coopératives, de formes d’emplois et de collaboration des individus. Une nouvelle prise de conscience des citoyens, une responsabilisation individuelle des enjeux collectifs, un sens retrouvé du civisme, de l’altruisme, et même de la morale. C’est une tâche difficile qui exige de non seulement imaginer ce monde pour le reconstruire en profondeur, mais il faut aussi savoir l’exprimer, en termes compréhensibles au tout venant, donner envie d’y aller, d’y participer.
Il semble que dans le paysage politique français, l’UMP et ses satellites (Nouveau Centre, Radicaux, Gauche Moderne, …), en tout cas Nicolas Sarkozy de même que José-Manuel Barroso, soient plutôt dans la première proposition. Nicolas Sarkozy, devant l’échec du capitalisme mondialisé, devant la perversion à laquelle a mené la financiarisation de l’économie, commence à adopter un langage plus social, plus régulateur, plus étatiste, pour rassurer, même si les actes ne vont pas vraiment dans le même sens (il ne revient pas sur le bouclier fiscal, il ne fait rien sur les stock-options et les salaires exorbitants des dirigeants, les mesures contre les paradis fiscaux sont purement cosmétiques,...).
Il existent deux fragilités de fond dans l’expression de cette politique : d’une part une sorte de schizophrénie, une divergence entre les paroles et les actes, qui ne pourra pas faire illusion dans la durée, surtout quand les effets de la crise font s’aggraver, d’autre part la divergence de fond qui risque de progressivement apparaître et de s’accentuer entre Nicolas Sarkozy, tant dans son comportement politique que sur le fond, et des élus de l’UMP qui ne s’y reconnaissent plus. Nicolas Sarkozy, en personnalisant à outrance l’UMP et présenté comme sa force, pourrait bien devenir sa faiblesse, sa tare, si cela tourne mal. Les prétendants au remplacement seraient alors nombreux (Xavier Bertrand, Jean-François Copé, Alain Juppé, Dominique de Villepin,…) et prêts à se livrer une guerre fratricide comme c’est la cas au PS.
Au sein du PS, les avis ne sont pas clairement exprimés : s’agit-il de la première option avec encore plus de régulation et plus de redistribution que le propose l’UMP ? Ou plutôt d’un projet plus novateur ? Son contenu programmatique s’est construit autrefois dans un certain contexte puis a dû s’adapter, nécessitant des « synthèses » de plus en plus difficile à élaborer et à exprimer en cohérence notamment avec les anciens fondamentaux idéologiques et même avec son nom « Socialisme » devenu obsolète. Ainsi comment faire la synthèse entre les partisans du oui et du non à l’Europe, entre les tenants de l’économie de marché dont certains, notamment dirigeants du FMI et de l’OMC (Dominique Strauss-Kahn et Pascal Lamy), s’affichent très libéraux et d’autres au contraire partisans d’une économie régulée par l’Etat. Le PS affirme en tout cas des valeurs humanistes, des valeurs de solidarité, d’égalité et de fraternité.
Le Mouvement Démocrate a de son côté déjà affirmé une ambition d’un projet de société alternatif humaniste, qui est plus profond, plus audacieux, plus enthousiasmant et donne aussi plus espoir s’il est constructif et réaliste, pas seulement utopiste. Il a clairement affirmé ses valeurs, exprimées dans une charte des valeurs, ainsi que sa manière de conduire la politique, également dans une charte éthique. Il lui reste à exprimer plus clairement et concrètement son projet au public, à plus concrétiser ses objectifs dans un programme politique complet, touchant tous les domaines, de la politique étrangère au réchauffement climatique, des délocalisations au pouvoir d’achat, du problème des banlieues à la désertification des campagnes, du chômage des jeunes au vieillissement de la population, du problème des retraites au déficit public insoutenable, que ce soit pour les élections régionales ou les présidentielles.
Les Verts (Europe Ecologie) sont plutôt aussi dans une approche alternative plus radicale de modèle de société, dont les valeurs sont très proches du Mouvement Démocrates et dont le contenu programmatique également très convergent avec le volet écologique du MoDem. Cependant, il est parfois difficile de comprendre la cohérence entre la base militante, le contenu programmatique, et la communication faite par ses représentants. Daniel Cohn-Bendit et Eva Joly ne s’étaient jamais montrés spécialement écologistes avant de venir porter les couleurs des Verts, traduisant un certain opportunisme, de même que Daniel Cohn-Bendit a toujours été très libéral, ayant toujours par ses votes soutenu la concurrence contre les services publics, comme l’atteste le dernier numéro du journal Marianne du 27 juin 2009, alors que dans la perception du public Les Verts sont situés à gauche. Certains élus ont défendu le non à la constitution Européenne (José Bové).
Sur le fond, la forte convergence de valeurs entre le MoDem, le PS et Les Verts, pour un modèle de société alternatif humaniste et durable, est sans doute favorable aux alliances entre ces partis. Ce modèle à construire est en opposition avec le modèle néocapitaliste libéral dérégulé dans la mondialisation que défendent Nicolas Sarkozy (donc l’UMP dans son sillage) et José Barroso au niveau de l’Europe, même s’ils prétendent vouloir mieux le réguler. Il y a clairement une idéologie convergente à défendre et c’est cela qui est important, au-delà de la concurrence entre personnalités présidentiables.
Le débat politique pourrait se recentrer sur l’affrontement entre deux modèles de société, d’une part le modèle actuel capitaliste centré sur la maximisation des profits individuels, même s’il est soi-disant « refondé » et mieux régulé, d’autre part sur un modèle alternatif qu’on peut qualifier d’humaniste.
Une entente de convergence sur le modèle de société alternatif peut être matérialisée dans des alliances tout d’abord sur le front européen contre la nomination de Barroso, puis aux régionales, dans des positions communes au Parlement en France comme au niveau européen, puis éventuellement dans une entente de second tour à la présidentielle. Il s’agira ainsi de maximiser les chances au second tour, quel que soit le candidat arrivant au 1er tour, et d’envisager un gouvernement composé de personnes venues à la fois du MoDem, du PS, des Verts.
Autre hypothèse ?
Même si la question de fond paraît être celle du modèle de société, il est possible que le thème paraisse trop complexe, trop utopique, trop évanescent pour les Français, qui pourraient préférer :
- soit se concentrer sur les problèmes concrets de leur vie quotidienne, quelques sujets phares concrets et basiques, quels que soient le modèle et les valeurs défendues,
- soit se mobiliser sur un autre sujet, plus transverse, plus universel qu’un clivage d’ordre idéologique ou politique, dépassant les clans habituels. Ce fut le cas pour le réflexe écologique aux européennes. Ce pourrait être aussi une mobilisation démocratique face aux abus de pouvoir, une reprise en main par les citoyens, une réappropriation de leur pouvoir confisqué par les élites, la revanche du citoyen consommateur qui pourrait par son petit pouvoir additionné aux autres, boycotter TF1, les produits polluants, les entreprises non respectueuses des salariés, délocalisant malgré leurs profits, les grandes marques ou les grandes enseignes qui par pression via les centrales d’achats sur les agriculteurs, les éleveurs ou les producteurs laitiers, soi-disant au nom de la baisse des prix, détruisent la ruralité et ne favorisent même pas le consommateur. Internet pourrait constituer un formidable outil de rassemblement, de pétition, d’organisation pour mener une telle politique. Un parti ou un homme incarnant cette nouvelle façon de faire de la politique pourrait séduire l’opinion et transcender les traditionnels clivages.
- Soit faire leur choix plus sur des personnalités politiques que sur le fond des idées, face à des projets indifférenciés en tout cas dans les programmes annoncés. Nicolas Sarkozy a été élu majoritairement par les Français surtout pour sa personnalité, trépidante et active, jugée dynamisante, quelle que soit l’idéologie qu’il défendait ou plutôt qui était sous-jacente à son programme de réformes, sur base de slogans simples (« travailler plus pour gagner plus », « chercher la croissance avec les dents ») et quelques thèmes phares (le pouvoir d’achat et la croissance), thèmes qui rassemblent les français à la fois de gauche et de droite. Il n’a pas été élu ni pour démanteler le contrat social et précariser encore plus les classes moyennes et pauvres, ni pour piétiner les valeurs républicaines d’égalité des chances, ni pour « monarchiser » le pouvoir du président de la République et supprimer les contrepouvoirs, ni pour mettre la main directe sur l’audiovisuel public, ni faire des cadeaux fiscaux aux riches (bouclier fiscal), ni pour rallier le commandement armé de l’OTAN (de surcroît sans conditions ...) donnant une caution atlantiste la politique étrangère et de défense et compromettant tout espoir de mise en place d’une politique de défense européenne indépendante), ... Et pourtant, il a mis en place de nombreuses réformes non annoncées dans sa campagne. De même qu’il n’a pas augmenté le pouvoir d’achat ni la croissance, même juste avant la crise financière, qui au moins peut servir maintenant d’alibi à cet échec. Si aujourd’hui ou demain il décevait fortement par son comportement et par l’incohérence entre ses actes et ses paroles, il pourrait entraîner l’échec de l’UMP dans son sillage. François Bayrou pourrait en réaction être considéré comme une personnalité alternative. D’autres personnalités pourraient aussi revenir ou émerger d’ici 2012.
Quelle que soit l’issue de la recomposition politique future, il faut se poser les problèmes de fond, s’interroger sur les priorités que nous souhaitons ériger pour les années et le siècle à venir, dessiner le monde que nous souhaitons laisser à nos enfants, s’entendre sur la manière dont nous voulons vivre ensemble.
12:05 Publié dans analyses politiques | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : bayrou, sarkozy, modele de société, humanisme
02.07.2009
La recomposition politique française devrait s'articuler autour de la confrontation entre deux modèles de société
Quelques réflexions personnelles sur le paysage politique français en vue de proposer une approche pour les prochaines échéances électorales :
Il y a les partis, les idéologies et les leaders politiques
Certains partis sont des partis initialement fondés sur une idéologie plus que sur un leader (le PS, le PC ou Front de Gauche, Les Verts) et d’autres sont des partis rassemblés autour d’un leader, qui montre le chemin et fédère soit par sa personnalité soit par les valeurs qu’il représente (l’UMP avec Nicolas Sarkozy, le Mouvement Démocrate avec François Bayrou). Le NPA étant une combinaison des deux avec le leadership d’Olivier Besancenot.
Certains partis ont une base idéologique affirmée (NPA, Front de Gauche et PC basés sur la lutte des classes, la lutte sociale), d’autres en avaient une mais qui est dépassée (le PS, basée sur le collectivisme et le rôle central de l’Etat), d’autres encore n’affichent pas franchement leur idéologie même si elle est sous-jacente à leur programme (UMP, avec une politique néocapitaliste, centrée sur l’argent, le profit individuel, les valeurs matérielles et la loi du plus fort, même si elle est mâtinée de protection sociale et d’interventionnisme de l’Etat avec notamment la récente crise).
Dans ce paysage, le PS est un parti ancien, ancré, avec de nombreux élus mais souffrant à la fois d’un problème de leadership (trop de prétendants, en lutte dans une guerre de concurrence autodestructrice, se livrant une guerre fratricide) et d’un problème de clarification idéologique. Son contenu programmatique s’est construit autrefois dans un certain contexte puis a dû s’adapter, nécessitant des « synthèses » de plus en plus difficile à élaborer et à exprimer en cohérence notamment avec les anciens fondamentaux idéologiques et même avec son nom « Socialisme » devenu obsolète. Ainsi comment faire la synthèse entre les partisans du oui et du non à l’Europe, entre les tenants de l’économie de marché dont certains, notamment dirigeants du FMI et de l’OMC (Dominique Strauss-Kahn et Pascal Lamy), s’affichent très libéraux et d’autres au contraire partisans d’une économie régulée par l’Etat.
Les Verts sont un parti non fondé sur une véritable idéologie mais basé sur la défense de l’environnement, délivrant un programme centré sur ce thème et donc partiel. En termes de leaders, les élections européennes montrent un décalage entre le contenu programmatique et la représentation de ses leaders, ainsi que l’importance de la communication. Daniel Cohn-Bendit et Eva Joly ne s’étaient jamais montrés spécialement écologistes avant de venir porter les couleurs des Verts, traduisant un certain opportunisme, de même que Daniel Cohn-Bendit a toujours été très libéral, ayant toujours par ses votes soutenu la concurrence contre les services publics, comme l’atteste le dernier numéro du journal Marianne du 27 juin 2009, alors que dans la perception du public Les Verts sont situés à gauche. Des anciens Verts ont préféré rejoindre le MoDem, à forte composante écologique, notamment des anciens représentants du parti tels que Jean-Luc Bennhamias et Yann Wehrling. Point assez paradoxal et qui démontre le succès de communication de Daniel Cohn-Bendit : la manière dont ce dernier a mené campagne en disant qu’il la faisait sur le fond, sur l’Europe, en ne rappelant pas l’orientation de ses propres votes passés (contre les services publics), en stigmatisant en même temps François Bayrou (pourtant profondément européen) qu’il désignait comme un obsédé de la présidentielle « touché par la Vierge », multipliant les petite phrases assassines et les provocations, retournant en bouquet final contre ce dernier l’accusation de phrase assassine (syndrome de l’arroseur arrosé), qu’il a fini par provoquer lui-même en retour. Trop fort ce Dany ! Son fils a raison de dire qu’il ressemble à Sarkozy, sur la com’ notamment ...
Le Mouvement Démocrate, issu à la fois de l’ancien parti UDF centriste démocrate et européen et du parti écologiste CAP21 fondé par Corinne Lepage, a été clairement un rassemblement d’hommes et de femmes autour d’un leader, de François Bayrou, au lendemain des présidentielles où ce dernier avait recueilli 19% des voix. Ce leader incarnant des valeurs et une nouvelle forme d’idéologie : défense des valeurs démocrates, républicaines, sociales et humanistes, priorité à l’égalité des chances et au respect de l’environnement, aux valeurs créatives, qu’elles soient appliquées à la création d’entreprise, à l’innovation et à la recherche ou à la culture. On remarquera d’ailleurs la convergence de valeurs exprimées entre le MoDem et le PS, et pour la partie écologique la grande convergence de priorités et de contenu entre le MoDem et les Verts. Le MoDem cherche à exprimer plus franchement son idéologie humaniste, remettant l’homme en tant que valeur centrale à la place de l’Etat et à la place de l’argent-roi. En termes programmatiques, d’application politique, l’Europe représente pour le MoDem un levier central et incontournable dans la mondialisation pour de nombreux sujets : réchauffement climatique, défense, immigration, spéculation mondiale et lutte contre les paradis fiscaux, crise économique et problème de concurrence non équitable engendrant des délocalisations, gestion des ressources énergétiques, accès à l’eau et aux matières premières, développement de l’Afrique, ...
Il y a les élections présidentielles et les autres élections
Les élections présidentielles sont différentes des autres car même si un leader est porté par un parti, il doit obtenir une adhésion plus large que celle de son parti et doit pouvoir rassembler et représenter l’ensemble des Français. Il doit aussi être crédible en matière de capacité à former un gouvernement, des ministres qui mèneront une politique cohérente. Ce challenge est d’autant plus fort pour François Bayrou et le MoDem, parti non majoritaire et comptant peu d’élus, donc peu de ministrables.
Les élections législatives découlent des élections présidentielles, le calendrier électoral aidant, alors que les autres élections intermédiaires municipales et cantonales, européennes et régionales, dépendent plus d’enjeux locaux ou programmatiques.
Comme le montrent les résultats en France, un parti peut être majoritaire sur des élections régionales et locales (PS) alors même qu’un autre est majoritaire aux présidentielles et aux législatives (UMP), même à peu de temps d’intervalle. Le score des européennes a aussi montré sur fond de forte abstention un autre équilibre des forces politiques ainsi qu’une très forte volatilité la dernière semaine précédent le scrutin. En effet, en une semaine environ, comparé aux sondages précédents relativement stabilisés, à 27% pour l’UMP, 22% pour le PS, 13 ou14% pour le MoDem, 10% pour Europe Ecologie (Les Verts), le PS perdait finalement plus de 5 points, le MoDem également, le NPA presque 2 points au profit du Front de Gauche tandis que l’UMP gagnait 1 point et que Europe Ecologie (Les Verts) gagnaient 6 points. François Bayrou a été fortement attaqué, rendu coupable de la baisse du score attendu des listes du MoDem suite à l’escalade d’invectives dans laquelle il s’est laissé entraîner lors du débat l’ayant opposé à Daniel Cohn-Bendit, mais on peut se demander si l’effet de la diffusion du film « Home » juste avant le jour du vote, vu par 9 millions de téléspectateurs, déclenchant un réflexe écologique, n’est pas plutôt la cause majeure du renversement. En effet, la baisse constatée sur le PS est de la même ampleur que celle du MoDem, environ 5,5 points chacun (11 points en tout), alors que Europe Ecologie a récupéré 6 points au total.
Il y a ce que disent les leaders pour leur propagande électorale et il y a ce qu’ils font réellement, appliquant leur politique
Nicolas Sarkozy a été élu majoritairement par les Français surtout pour sa personnalité, trépidante et active, jugée dynamisante, quelle que soit l’idéologie qu’il défendait ou plutôt qui était sous-jacente à son programme de réformes, sur base de slogans simples (« travailler plus pour gagner plus », « chercher la croissance avec les dents ») et quelques thèmes phares (le pouvoir d’achat et la croissance), thèmes qui rassemblent les français à la fois de gauche et de droite. Il n’a pas été élu ni pour démanteler le contrat social et précariser encore plus les classes moyennes et pauvres, ni pour piétiner les valeurs républicaines d’égalité des chances, ni pour « monarchiser » le pouvoir du président de la République et supprimer les contrepouvoirs, ni pour mettre la main directe sur l’audiovisuel public, ni faire des cadeaux fiscaux aux riches (bouclier fiscal), ni pour rallier le commandement armé de l’OTAN (de surcroît sans conditions ...) donnant une caution atlantiste la politique étrangère et de défense et remettant en question tout espoir de mise en place d’une politique de défense européenne indépendante), ...
Et pourtant, il a mis en place de nombreuses réformes non annoncées dans sa campagne.
De même qu’il n’a pas augmenté le pouvoir d’achat ni la croissance, même juste avant la crise financière, qui au moins peut servir maintenant d’alibi à cet échec.
Il a aussi récemment fait de nouvelles annonces/réflexions qui reprennent des propositions que François Bayrou avait faites lors de sa campagne présidentielle : la taxe carbone, la retraite à points, la distinction entre un bon et un mauvais déficit (déficit dû à des investissements d’avenir et déficit de fonctionnement couvrant des dépenses courantes),...
Malgré toutes ces contradictions, l’UMP (dont le Nouveau Centre, La Gauche Moderne, et autres affidés), ministres et députés, suivent leur leader (aveuglément ?) et votent les réformes décidées par avance par leur charismatique président et encore officiant comme un chef de parti.
Concernant François Bayrou, si on compare ses actes à son projet présidentiel, les élus députés qui l’ont lâché au second tour des présidentielles pour soutenir Nicolas Sarkozy ont prétexté qu’il avait dérivé de sa ligne en disant qu’il « ne voterait pas pour Nicolas Sarkozy », voyant en cela à un virage à gauche, même s’il n’a pas soutenu Ségolène Royal, étant en désaccord avec son programme malgré la convergence des valeurs. Les militants n’ont pas suivi ces élus et ont considéré qu’au contraire, François Bayrou était bien fidèle à la ligne défendue, notamment sur l’incompatibilité des valeurs défendues avec celles de Nicolas Sarkozy. Deux ans après, suite aux élections européennes dont le résultat a déçu fortement les têtes de listes et les militants du MoDem, certains parmi eux ont fait ressortir des défauts de gouvernance du parti, notamment le caractère trop autocratique de François Bayrou, la nécessité d’un management plus collégial. Ils considèrent que François Bayrou se doit d’afficher un comportement exemplaire respectant les valeurs que lui-même a toujours prônées, de représentation démocratique des citoyens comme de la manière de faire de la politique, sur les sujets de fond et non sur des querelles de personnes, une attitude d’opposition systématique (à Nicolas Sarkozy) ou se laissant aller à des invectives personnelles. Bref, ils sont les premiers à le rappeler à l’ordre, comme quoi contrairement à ce que disent de mauvaises langues, le MoDem n’est pas un club de fans et de « béni-oui-oui » ! Simplement, je pense qu’ils n’auraient pas dû le faire en public, sous forme de lettre ouverte sur internet avec en plus une pétition publique, ce qui ajoute de la critique à la critique. Les problèmes internes doivent être réglés en interne, en famille.
Conclusion
Sur le fond, la forte convergence de valeurs entre le MoDem, le PS et Les Verts, pour un modèle de société alternatif humaniste et durable, est favorable aux alliances entre ces partis. Ce modèle à construire est en opposition avec le modèle néocapitaliste libéral dérégulé dans la mondialisation que défendent Nicolas Sarkozy (donc l’UMP dans son sillage) et José Barroso au niveau de l’Europe. Il y a clairement une idéologie convergente à défendre et c’est cela qui est important, au-delà de la concurrence entre personnalités présidentiables. Surtout suite à la grave crise que nous vivons, qui prouve l’échec de la politique précédente. Mais Nicolas Sarkozy, devant l’échec du capitalisme mondialisé, devant la perversion à laquelle a mené la financiarisation de l’économie, commence à adopter un langage plus social, plus régulateur, plus étatiste, pour rassurer, même si les actes ne vont pas vraiment dans le même sens (il ne revient pas sur le bouclier fiscal, il ne fait rien sur les stock-options et les salaires exorbitants des dirigeants, les mesures contre les paradis fiscaux sont purement cosmétiques,...).
Le débat politique devrait se recentrer sur l’affrontement entre deux modèles de société, d’une part le modèle actuel capitaliste centré sur la maximisation des profits individuels, même s’il est soi-disant « refondé » et mieux régulé, d’autre part sur un modèle alternatif qu’on peut qualifier d’humaniste.
Une entente de convergence sur le modèle de société alternatif peut être matérialisée dans des alliances tout d’abord sur le front européen contre la nomination de Barroso, puis aux régionales, dans des positions communes au Parlement en France comme au niveau européen, puis dans une entente de second tour à la présidentielle.
Il s’agira de maximiser les chances au second tour, quel que soit le candidat arrivant au 1er tour, et d’envisager un gouvernement composé de personnes venues à la fois du MoDem, du PS, des Verts.
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25.01.2009
QUELLE CRISE ? QUELLE CHANCE ?
Réflexion sur la crise, par Jacques LAÏK , un ami humaniste
J'accueille sur mon blog Jacques Laïk, maintenant à la retraite, engagé comme moi pour construire un monde meilleur, plus juste et humaniste.
En langage simple et courant, celui du quotidien libéré des paroles contradictoires des experts et politiques qui se distinguent par un usage précieux des mots et des concepts et surtout leur assurance qu’ils détiennent La Vérité au moment même où le doute crée plus de désarrois que de certitudes. De quoi parlons-nous à propos de Crise ? Il y en a tellement dans la crise dite économique, l’économie réelle ( !), la financière, la production et laquelle, l’agriculture, l’industrielle, les services, l’éducation … ? La consommation laquelle, de qui, d’ici et ou d’ailleurs…qui commence à être l’objet de plans locaux et mondiaux. C’est peu dire que c’est un dossier névralgique au centre des équilibres, plutôt des déséquilibres économiques de tous les systèmes d’échanges globalement désignés par un mot (explosif) le Capitalisme. Ouf !!!
Des bleuets fanés au milieu des coquelicots financiers
Ce qui est communément admis aujourd’hui c’est que cette crise touche d’abord tout le système financier mondial par où les problèmes ont surgi comme une pousse vénéneuse, bien cachée des bourses flamboyantes avec cependant quelques échos des ravages circonscrits disait-on, une maladie contagieuse et ses premières manifestations du genre « traders » du type Kerviel qui fait perdre à sa société 5 milliards d’Euros sans que sa société ne s’en aperçoive . Depuis on a vu mieux et très fort, c’est 50 milliards de dollars avec Madoff et toutes les « toxiques » qui ont fini par envahir les champs bien cultivés comme peut l’être un champ sauvage de coquelicots rouges avant l’été et les moissons. Partout, partout, ces empoisonnements touchent les corps qui semblaient très florissants, ils s’appelaient Lehmann Brothers ou plus simplement près de chez nous, la Caisse d’Epargne et ses 6 à 700 millions d’Euros partis se faire une nouvelle vie… C’était il y a à peine quelques semaines cet été comme une touffe de végétation colorée mais étrangement fanée de bleuets au milieu de ces champs financiers, les nourriciers du monde planétaire développé !
Maladie et alternative, des remèdes ?
Au-delà des épithètes qui sont nées pour caractériser cette « maladie » du capitalisme d’un capitalisme dont le mot même avait un peu disparu de nos vocabulaires au profit des indices, des OPA, des restructurations, des rendements, des premiers licenciements dits économiques et des difficultés de l’OMC, de la dureté du FMI vis-à-vis des pays pauvres dont certains en voie d’émergence sont devenus la Chine, le Brésil, l’Inde mais tous les autres petits plongés dans la famine et le « sous-développement ». Qu’importent les niveaux de développement, le monde organisé et prospère y a fait face avec force de conférences, d’ONU, de G + + +. Et la vie continuait en surface pendant que la fièvre s’installait dans le siècle, la marmite commençait à donner des signes pas encore très inquiétants vu que des crises, loin de l’Europe comme des USA touchaient le Japon, l’Argentine, des dévaluations, des et des…quelques crises vite amorties avant la création de l’Euro, la bulle informatique … avant la grosse bulle des subprimes … Ma soeur Anne ne vois-tu rien venir ?
Et la crise vint. Non pas à cause d’un paradis fiscal d’où nous venait l’épidémie mais du pays du capitalisme triomphant du pays première puissance mondiale telle, que l’URSS n’y résista pas et disparut comme le « Mur » de Berlin en 1989. La preuve était donnée, depuis la plus lointaine antiquité jusqu’à l’époque moderne, l’économie de marché régnait en maître à tel point que l’on a pu lire que la Chine faisait du communisme capitaliste. La question est donc simple à énoncer :
Marché vieille comme le monde ? Non. Alors que faire ?
De l’agit-prop pour occuper les meilleurs sentiments de révolte contre les inégalités croissantes, ce qui est le propre de toute jeunesse.
La Potion Magique comme remède ?
Il y a bien des problèmes spécifiques comme les tentatives de moralisation du système dont la dernière réunion France Allemagne Blair du 8 janvier dernier qui a enfin mis au clair que la maladie capitaliste était planétaire et que c’est par une « gouvernance » économique planétaire que des remèdes pouvaient être recherchés et organisés pour la « corriger ». La « maladie » se guérirait par une correction. On trouverait bien la Potion Magique. De quel ordre serait le remède ? Moral, religieux, philosophique, quel économisme pourrait encore servir, l’ancien de J.Keynes, celui d’A.Greespan en faillite selon l’auteur lui-même lors d’un aveu public, du libéralisme contre le tout Etat ?
Un monde dans l’obscurité
Nous vivons dans l’obscurité des changements qui affectent notre pauvre Terre et son humanité par des gouvernances tâtonnantes, une bougie à la main quand le soleil de l’économie de la production du profit nous a rendus aveugles. Ne le savait-on pas ? Celui qui avait ouvert une voie claire sur la maladie capitaliste n’était ni libéral du renard dans le poulailler, ni socialiste ni marxiste. Jacques DUBOIN dans le début des années 50 avait osé faire le pronostic sur la maladie toute nouvelle du capitalisme. Il faisait état des changements inouïs intervenus dans les modes de production modernes, c’était la cybernétique un mot nouveau pour beaucoup dont les conséquences ont été la productivité considérable, pour l’époque, du travail humain au point d’oser affirmer que contrairement à la malédiction biblique « tu gagneras ton pain à la sueur de ton front » l’ère des machines remplacera l’homme jusqu’à l’idée fiction, mais pas totalement, que les machines sauront créer leurs propres usines. Son postulat de fond était que l’Abondance faisait irruption dans un monde encore soumis à la rareté source de guerres, de conflits et d’idéologies construites sur la pénurie. Le monde changeait, il sortait d’une guerre exterminatrice. Une société nouvelle émergeait, elle était comme le poussin obligé de casser sa coque pour s’épanouir. C’est bien notre société issue de tous les progrès des sciences et techniques qui faisait son entrée et franchissait le fossé considérable qu’étaient la réalité des pénuries, un monde neuf commençait à entrevoir la fin du vieux monde de l’insuffisance de productions, la rareté refluait et commençait à déboucher sur l’Abondance.
Rareté et abondance
Notre monde a changé. En effet l’Homme ne gagne plus son pain à la sueur de son front. Cela veut dire simplement que l’ère de la pénurie a pour certains pays disparu, voire des régions et fait place à l’ère de l’abondance. C’est le changement le plus important de l’histoire humaine, plus que le changement climatique dans l’immédiat. Ce changement considérable a fait de l’homme des cavernes l’homme de l’informatique, l’homme « numérique » et comme aimait à dire un syndicaliste : nous sommes passés de l’ère de la peine à l’ère de la panne.
Les conséquences de cette transformation sont inestimables et touchent tous nos modes de pensée. Pour donner un exemple, celui de l’autosuffisance alimentaire gagnée en Europe pose le problème des excédents de production, comme nous en trouvons ici même pour le blé voire les pêches, le vin, excédents qui conduisent non à soulager ceux qui manquent de pouvoir d’achat mais vont grossir ou les déchetteries ou parfois les Resto du Cœur. En somme, un monde fou ou de fous. On peut multiplier les exemples dans tous les domaines de la production moderne qui recherchent des débouchés nationaux ou mondiaux soit par le commerce et il y a peu encore en s’ouvrant des marchés par la force tel le continent chinois, l’Afrique et la colonisation, et en Europe deux guerres mondiales…
L’Homme nouveau ? ? ?
Et maintenant ? Les projecteurs sont braqués sur la seule réalité de notre quotidien : le consommateur. L’équation est enfantine, s’il ne consomme pas (notamment parce qu’il manque de moyens de paiement) celles et ceux qui produisent ne produiront pas ou plus, délocalisés, jetés, des salaires au pouvoir d’achat amputé des entreprises voire des régions à la recherche d’acheteurs c’est la crise vue d’un autre bout… Mais c’est la crise « réelle », son cortège de chômage, de regroupement, de concentration (voir Air-France avec Alitalia), de cupidité de ceux qui fabriquent du pouvoir d’achat mais dont l’esprit de lucre a fait table rase de toute moralité.
Il est clair que nous ne voyons pas bien encore quel est le changement du monde auquel nous assistons, trop habitués à courir dans l’espace de l’esclavage antique devenu « toujours plus », consommer toujours plus, au point que le projet de ce jour proposé par Barak Obama prévoit une baisse d’impôts de 1000 dollars à 95 % des américains pour qu’ils puissent « Consommer », pour un déficit du budget qui atteindra 1250 milliards de dollars (presque 10% du PIB !!!). Chez nous qu’a-t-on fait d’autre quand Michel Rocard 1er ministre de François Mitterrand a mis en place le RMI qui n’est rien d’autre qu’une redistribution d’argent où le concept Prix Salaires Profits est en panne. Ce que le monde capitaliste de la redistribution ne sait pas faire particulièrement s’il n’y a pas échange travail contre salaire et, quand les productions ne trouvent pas acheteurs alors que les moyens de production attendent des ordres pour produire, tout se bloque. Pour débloquer une telle situation un nouveau concept a fait surface venu de la nécessité de consommer pour produire : créer et distribuer du pouvoir d’achat. Pour cela tout l’arsenal de la compassion était nécessaire, il fallait justifier ce colossal changement, cette rupture avec la plus ancienne des règles de l’économie. Le RSA en a donné une nouvelle présentation mais sur le fond, la novation c’est : distribuer du pouvoir d’achat même s’il n’y a pas un travail effectif rendu.
L’ingéniosité de l’homme est incommensurable et il devra trouver les moyens juridiques à mettre en place pour un tel système de redistribution. Mais notre cécité est encore telle aujourd’hui que comprendre ce changement est rien moins qu’un roman (sans épithètes).
... dans un monde nouveau
Ainsi, la moralisation du capitalisme pour contrer la peur existentielle du manque ne pourra être envisagée qu’en sortant de la bulle des limites intellectuelles dans laquelle toute l’humanité est enfermée à cause du vieux précepte biblique : tu gagneras ton pain à la sueur de ton front. L’Abondance grâce à l’intelligence de l’Homme fait irruption, chassant la Pénurie. C’est de cela que nous sommes malades.
Un nouveau monde est en train de naître qui demande déjà ses règles, il en faudra certes. La Crise est donc peut-être La Chance d’un siècle encore souffrant de sa survenue étonnante.
C’était tout le sens de mes vœux de nouvel an, que notre Terre devienne la Terre des Hommes.
Jacques LAÏK Juvisy/Orge le 08 janvier 2009
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26.10.2008
Bayrou plutôt que Sarkozy, ou l’humanisme plutôt que le capitalisme
Aujourd’hui 26 octobre 2008 s’est tenue la Conférence nationale du Mouvement Démocrate à la Mutualité, rassemblant environ 2000 représentants des adhérents. L’objet de cette instance étant la validation par les adhérents de la stratégie et de l’organisation du MoDem, notamment le règlement intérieur qui était encore provisoire depuis son approbation au Congrès de Villepinte des 1er et 2 décembre 2007, marquant la création du Mouvement. Cette rencontre a été surtout l’occasion de démontrer la ligne politique du Mouvement Démocrate, véritablement axée sur la construction d’un projet de société alternatif humaniste et de rappeler la clairvoyance de François Bayrou sur les dérives profondes du système capitaliste qu’il avait dénoncées pendant sa campagne présidentielle.
Cette conférence a centré son ordre du jour sur la crise financière, la compréhension de ses causes, l’évaluation de ses impacts redoutés, en invitant des personnalités émérites à s’exprimer :
- Michel Camdessus : ancien directeur du Trésor, gouverneur de la Banque de France et Directeur Général du FMI, chargé d’une mission internationale sur le problème de l’eau dans le monde, récemment chargé de l’organisme qui vient d’être mis en place pour favoriser le crédit à l’économie,
- Robert Rochefort, directeur du Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie.
- Nicole Maestracci, magistrate, présidente de la Fédération nationale des associations d’accueil et de réinsertion sociale (FNARS),
Au-delà de la compréhension des causes et des conséquences de cette crise financière et maintenant économique, cette rencontre a permis de réfléchir sur les leçons à en tirer quant au modèle que nous souhaitons pour notre société. Car cette crise marque bien la ruine et l’échec du capitalisme (ce qui ne signifie pas celui du libéralisme), comme en 1989 la chute du mur de Berlin a marqué la chute du socialisme. Or le Mouvement Démocrate a été justement créé pour cela, pour proposer un nouveau modèle de société qui n’est ni le capitalisme, ni le socialisme, mais l’humanisme.
François Bayrou était sans doute en avance sur son temps en 2007, ou n’a pas été suffisamment entendu. Alors que Nicolas Sarkozy fondait sa campagne sur le pouvoir d’achat des Français, qu’il souhaitait même booster en favorisant l’endettement des ménages par un recours plus fréquent au crédit, notamment les hypothèques rechargeables basée sur la valeur des biens immobiliers (rappelant curieusement les subprimes), alors qu’il prônait le capitalisme et la mondialisation, surtout celui du CAC40, le bonheur par la consommation, l’argent comme valeur centrale (et le vedettariat), une société basée sur les valeurs de l’avoir et du paraître, François Bayrou lui prônait une société humaniste, c'est-à-dire mettant l’homme au centre plutôt que l’argent, une société de justice face à notre monde d’inégalités croissantes, donnait priorité à l’éducation, à la création et à l’innovation, une croissance par un soutien aux PME, qui représentent 80% des emplois en entreprise en France, une croissance qui soit durable.
François Bayrou avait annoncé toutes les dérives de ce capitalisme dans sa campagne présidentielle. Tout montre à présent qu’il avait raison.
Alors que Nicolas Sarkozy cherche à « refonder le capitalisme », continuant à nous vanter le modèle où c’est le capital qui domine le monde, où la croissance est génératrice d’inégalités croissantes, où c’est le profit individuel qui donne le sens, même si l’on met plus de contraintes, de morale, de régulation et de contrôle sur ce système, ce que nous propose François Bayrou avec l’humanisme, c’est une autre manière de voir le monde, c’est la priorité aux valeurs humaines et spirituelles plutôt que matérielles, c’est une redécouverte du sens donné à la vie, pour le bonheur des êtres humains. C’est très profond, c’est le seul modèle qui soit durable et universel. Il ne s’agit pas d’utopie, de paroles idéalistes relevant d’un rêve où ce modèle ne serait pas réalisable. Il s’agit de construire réellement cette société en revoyant les priorités, par exemple concrètement en ne favorisant pas le travail du dimanche pour protéger la vie de famille, en assurant des programmes scolaires assurant une continuité et une sédimentation des savoirs plutôt qu’un lycée à la carte générant une éducation de « zapping », en soutenant les créateurs d’entreprises et les PME plutôt que les actionnaires et les dirigeants du CAC40, en n’abandonnant pas les campagnes dans l’aménagement du territoire (la privatisation de La Poste risque à nouveau de donner lieu à des fermetures de bureaux de poste), …
Et pour conduire ce projet alternatif dans la mondialisation, il nous faut un support : ce support c’est l’Europe :
- une Europe où l’identité européenne n’est pas contradictoire avec les identités nationales, l’Europe étant à la Nation ce que la famille est à l’individu,
- une Europe pour défendre des projets communs qui ne sont réalisables qu’ensemble : le défi écologique, celui de l’énergie, de la régulation européenne et internationale des banques et des marchés, de l’aide aux pays pauvres,…
Enfin, il faut aussi faire preuve de pédagogie et non de démagogie auprès des citoyens, tant sur l’explication des causes de la crise que sur les solutions proposées (les milliards du plan de soutien). Les Français se posent deux questions :
- où le gouvernement trouve-t-il tous ces milliards ?
- comment se fait-il que pour les banques, on trouve ces milliards et pas pour nous, pour l’éducation, pour valoriser les petites retraites, pour la santé, pour l’emploi ?
La pédagogie de la crise n’a pas été faite, et de la crise financière en crise économique, la colère risque de monter et la crise peut devenir une crise sociale.
Enfin, alors qu’on pouvait se demander si cette crise allait brouiller les lignes politiques, Nicolas Sarkozy se montrant « socialiste » en prônant un étatisme à tout va pour intervenir dans la finance et l’économie, reprenant à présent à son compte des arguments autrefois soutenus par François Bayrou et même les socialistes (lutte contre les paradis fiscaux, régulation internationale, abus des rémunérations des dirigeants, …), François Bayrou a bien marqué sa ligne, en profondeur, celle d’un projet de société humaniste, celle d’un tournant de civilisation.
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19.09.2007
Droite, Gauche, Centre…Face à des philosophies différentes de l’approche de l’homme, la position du Mouvement Démocrate.
Nous tentons de différencier les partis en comparant leur contenu politique. Or, qu’est-ce qu’un contenu « politique » ?
Ce devrait être une déclinaison en projet, en programme d’actions, de valeurs que l’on cherche à promouvoir selon certaines priorités, en privilégiant des moyens qui semblent les mieux appropriés à répondre à leur mise en œuvre.
Il faut donc logiquement bien définir au préalable ces valeurs et priorités et bien argumenter quant à l’efficacité des moyens préconisés, usant de pragmatisme (par comparaison avec nos pays voisins notamment) et expérimentation (dans le passé ou sur un sous-ensemble limité avant de les généraliser).
C’est d’ailleurs une démarche usuelle en Allemagne où les partis ont tous une « Charte des valeurs ». J’ai donc cherché les « chartes de valeurs » des principaux partis politique en France. Je n’en ai trouvé qu’à l’UDF, relayée par le MoDem en cours de fondation, qui est en train d’en valider une ainsi qu’une charte éthique sur le comportement politique, ce qui me semble être une excellente initiative.
J’ai donc essayé de traduire, de décoder, les valeurs qui servent tacitement de référence à « la droite », disons Nicolas Sarkozy et l’UMP d’une part, et à « la gauche », disons le PS même s’il est divisé, d’autre part, et enfin de situer le MoDem dans ce référentiel. Puis j’ai tenté de comparer les moyens préconisés par les différents partis pour mener à bien leur politique. Ma conclusion paraîtra à certains caricaturale, mais m’a paru éclairante.
Il m’est apparu que si l’on doit résumer au plus simple « la mystique », ce qui motive profondément les intentions de « la droite », découle d’une conviction intime, d’un postulat, que l’homme est intrinsèquement mauvais et qu’il ne pourra pas s’améliorer. Il est ainsi et il faut optimiser le monde autour de ce constat. D’où les priorités d’ordre sécuritaire, à la répression plutôt qu’à la prévention, certaines croyances quant aux prédispositions génétiques, l’acceptation de la loi du plus fort, une reconnaissance des riches et des puissants, des « stars people », quels qu’aient été leur mérite, leur chance ou leur héritage justifiant leur succès matériel et médiatique, leur opulence matérielle servant de modèle ultime plutôt que les qualités morales et spirituelles. En terme de moyens, « la droite » croit plus en l’autorité, la centralisation des pouvoirs imposant des décisions (marquée par un étatisme important et de puissants lobbies sous couvert d’un apparent mais trompeur libre-échangisme), la motivation matérielle (l’outil fiscal notamment) et quantitative (culture du chiffre que ce soit pour la police, l’école, le chômage…).
De l’autre côté, la conviction intime de « la gauche » me paraît découler de l’hypothèse rousseauiste que l’homme est intrinsèquement bon. D’où la dérive libertaire et le déni des problèmes de sécurité (responsable de l’échec du PS en 2002), l’idée que tous les problèmes viennent du manque de moyens donnés à l’homme et à la prévention du mal, que ce soit sur les problèmes d’éducation (il suffit de plus d’enseignants et de surveillants…), de chômage (il suffit d’offrir une formation et une assurance sécurité emploi, de redistribuer le temps de travail quitte à sacrifier généreusement les heures supplémentaires de ceux bénéficiant d’un travail, …), au point d’en oublier les réels levier de la croissance, l’entreprise, et entretenant une illusion et, par là, des déceptions.
En terme de moyens, « la gauche » prône un interventionnisme important de l’Etat protecteur et re-distributeur. Tandis que « la droite » prône également la toute puissance de l’Etat, mais plutôt au profit de la centralisation du pouvoir et de l’application de son autorité… « La gauche » n’a pas la culture du chiffre de « la droite ». Elle est plutôt dans le registre qualitatif, plus subjectif, moins mesurable, plus flou.
La gauche comme la droite, ont infantilisé le citoyen, cet enfant intrinsèquement bon ou mauvais, lui laissant croire que l’Etat tout puissant va régler tous ses problèmes, qu’il suffit de voter, de déléguer le pouvoir et d’obéir, faire confiance… Les psychologues diront que la droite représente le père et la gauche la mère.
La gauche comme la droite, prônent la démocratie alors même que leurs gouvernements ont galvaudé ce terme et n’ont pas respecté la démocratie. La suppression de la proportionnelle à l’Assemblée puis le maintien confortable de cet état de fait, empêchant la représentativité des différents courants d’opinion au motif d’éviter celle du Front National ou d’assurer une franche majorité est une piètre excuse. L’autorisation de cumul de mandats doublée d’absentéisme à l’Assemblée est indigne. La compromission entre le pouvoir politique, financier et médiatique rend forcément illusoire la démocratie, l’information libre du citoyen. Démocratie signifie « pouvoir du peuple », s’appuyant sur sa conscience et sa responsabilité, le contraire de l’infantilisation.
Face à ces approches, le MoDem en a une autre. Il refuse la qualification de « centre », qui fait référence à quelque chose qui se situerait dans l’espace entre la gauche et la droite (donc ici entre la croyance en un homme un peu bon et un peu mauvais, entre le père et la mère …). Le Mouvement Démocrate (MoDem) est inspiré d’humanisme et de démocratie au sens originel des mots. Il a la conviction que l’homme n’est ni intrinsèquement bon ni intrinsèquement mauvais mais qu’il porte en lui biologiquement à la fois des pulsions agressives de survie (le bas cortex, la première couche dite « reptilienne » du cerveau), une affectivité (seconde couche du cerveau commune aux mammifères), et enfin une couche supérieure qui caractérise l’homme, le cerveau supérieur, qui contrôle les pulsions et l’affectivité, qui est capable de se fixer une ligne de conduite, de réfléchir sur ce qui est bon et mauvais à titre individuel et aussi à titre collectif dans le sens de l’intérêt général même si parfois il contraint un intérêt particulier.
L’humanisme vise l’amélioration de l’être humain et le progrès de l’humanité. Il croit que l’homme est en devenir vers un « meilleur », de même pour l’ensemble de la société humaine. Et que pour se faire, il doit exercer sa conscience et sa responsabilité (vis à vis de lui-même, des autres, des générations futures…), pas simplement se laisser guider et se faire dicter une conduite.
En ce sens il est logique que le MoDem commence avant toute chose à définir une charte des valeurs et une charte éthique, une manière de conduire la politique. Le nom de « Mouvement démocrate » n’est pas choisi au hasard. Le « mouvement » traduit cet homme et cette société en devenir. Démocrate reprend le sens originel de son nom, tant galvaudé par les autres partis. Est-ce un hasard aussi si en verlan Modem donne « Demo », qui signifie « le peuple » ?
Et nous ne sommes pas dans un monde fermé, il faut maintenant travailler avec nos homologues européens démocrates, ce que fait le MoDem bien plus que les autres partis.
Concernant les moyens d’actions de la politique, le MoDem a une approche pragmatique afin de bien comparer l’efficacité des moyens d’actions entre les pays qui ont appliqué différentes méthodes et dans quel contexte (notamment TVA sociale, leviers de croissance…) avant de s’en inspirer, de même par exemple que pour les choix structurants de méthodes pédagogiques François Bayrou avait proposé des expérimentations à petite échelle des différentes méthodes avant de généraliser la plus efficace et agir plus sur la qualité de l’enseignement et l’avis des enseignants que sur la quantité des effectifs et les objectifs quantitatifs de 80% de réussite au Bac.
Il faut du PRAGMATISME et surtout de l’EFFICACITE. Il était reconnu que les deux emplois sans charges par entreprise relanceraient efficacement la croissance par l’offre (avec un coût inférieur à 6 milliards d’euros sans compter les rentrées fiscales liées au bénéfice de la croissance), alors que le bouclier fiscal décidé par Nicolas Sarkozy est un cadeau aux plus riches sans efficacité quant à la croissance (pour un coût de 15 milliards !) et que la croyance en une relance par la consommation est aujourd’hui plus illusoire que celle par l’offre (amélioration de la compétitivité des entreprises par allègement de charge et incitation à l’investissement), car les français consomment plus de 50% de produits importés …
Vous me trouverez sans doute « utopiste », je vous répondrai que je suis plutôt volontariste et que je garde espoir, qu’un monde humaniste prenne le dessus sur un monde matérialiste et dominé par l’argent et la violence. Le MoDem me semble être le seul parti aujourd’hui à prendre le problème par le bon côté et être porteur de cet espoir, de la fondation de ce nouveau modèle de société. Les tentatives actuelles d’expression d’une nouvelle « gauche moderne », qui accepte la mondialisation, le libre-échange, prône l’humanisme et ne considère plus que l’Etat doit tout prendre en charge reprennent ni plus ni moins ce qu’a déjà décrit François Bayrou. Comme Nicolas Sarkozy s’en inspire également de plus en plus, d’abord dans la formation d’un gouvernement d’ouverture, de sensibilités politiques plurielles, et récemment dans la proposition d’un « small business act » à la française pour la relance des PME. C’est un signe que Bayrou a raison, c’est lui qui montre le chemin. Moi je préfère l’original aux mauvaises copies.
L’enfant citoyen est sur le point de devenir un adolescent, l’éveil de sa conscience et de sa lucidité peut se faire grâce à un homme providentiel tel que François Bayrou. L’adolescent porte en lui l’émancipation et la révolte, mais également le désir de devenir adulte et responsable. Et je pense que c’est cette attitude qui permettra à l’homme de sauver son devenir existentiel et la survie même de son espèce et de la planète. Le « surhomme », qu’annonçait Nietzsche après la phase de nihilisme de nos sociétés dites modernes et évoluées, c’est celui qui saura passer cette crise d’adolescence et rendre dominant ce nouveau modèle de société qu’est l’humanisme.
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