11.11.2009

Les think tanks concurrencent-ils les partis politiques ?

 

Les « think tanks », terme barbare venu des Etats-Unis pour désigner des cercles de réflexion ou encore des laboratoires d’idées, des clubs, instituts ou fondations soi-disant « indépendants » (sous-entendu des partis politiques), sont devenus à la mode ces dernières années. Ils prolifèrent de plus en plus. Mais que font-ils ? A quoi servent-ils ? En quoi se différencient-ils des partis politiques et comment communiquent-ils avec ces derniers ?

Comme le remarquait le site Euractiv.fr en avril 2009,  le nombre de think tanks en Europe a plus que quadruplé au cours des dernières années (environ 1200 sur un total de 5000 dans le monde), et ils sont devenus plus actifs et inventifs dans la diffusion des solutions politiques auprès des décideurs. Mais ils risquent de se transformer en groupes de pression, étant confrontés à des questions de financement, d’autonomie et d’innovation. »

Certains think tanks sont spécialisés, regroupant des experts dans un domaine (relations internationales, justice, construction européenne, économie, sport, éducation, écologie, …) et d’autres sont plus généralistes. Sans être étiqueté politiquement, c'est-à-dire sans soutenir officiellement un parti, ils peuvent néanmoins afficher une couleur ou une tendance politique, en faisant la promotion d’idéaux et de politiques publiques. Par exemple Les Gracques, ou  Terra-Nova  (comprend notamment les principaux fondateurs des Gracques), créé en 2008, qui a pour objectif de contribuer à refonder « la matrice idéologique » de la gauche progressiste et de formuler des propositions concrètes au profit des leaders politiques. Plus récemment, Jean-François Kahn a lancé un club de réflexion « le Créa » (Centre de réflexion et de recherche pour l’élaboration d’alternatives), visant à réfléchir à une alternative politique tournée vers l’avenir, pour élaborer une proposition de modèle de société. De son côté, Corinne Lepage vient d’annoncer également le lancement d’un nouveau « club citoyen », Terre Démocrate, qui se prétend indépendant de tout parti politique, constitué pour deux tiers de membres de la société civile, et dont l’objectif est de « proposer des actions concrètes, sur la base de l'observation des bonnes pratiques dans la société française, en partant de ce qui fonctionne dans la société pour en évaluer la pertinence ». 

Jean-François Kahn et Corinne Lepage appartiennent tous deux du Mouvement Démocrate, qui est un parti politique. Corinne Lepage est également fondatrice et présidente de Cap21, un parti écologiste lui-même fondateur du Mouvement Démocrate, qui paraît aujourd’hui déchiré entre le choix de rejoindre les autres partis écologistes en prônant un regroupement et celui de rester une force préservant une certaine autonomie au sein du MoDem. Or, ils font tous deux le constat suivant : « les partis politiques traditionnels ne permettent pas de changer la société. Leurs structures, leurs modes de gouvernance, leur organisation, leurs luttes de pouvoir ainsi que leurs méthodes de travail ne favorisent pas l'écriture et l'émergence d'un projet de société qui soit véritablement nouveau. »

On peut se demander pourquoi, partant d’un même constat et membre d’un même parti, ils n’ont pas d’ailleurs créé ensemble un club commun … Divergent-ils sur des idées ou des valeurs ? On peut aussi de demander pourquoi ils arriveront mieux à favoriser l’émergence d’un projet de société qu’au sein de leur parti. Que je sache, le MoDem ne les a jamais empêché de s’exprimer bien au contraire. Ils ont contribué à son programme, Corinne Lepage était présidente des commissions de travail du MoDem et donc directement responsable de l’élaboration du projet, ils l’ont aussi défendu comme candidats. On peut également s’interroger sur la capacité d’un mouvement, qui se dit en marge des partis politiques, de mieux changer la société. Est-ce que le fait de nourrir une réflexion au sein d’un parti dissuaderait, voire dégoûterait les experts de la vie civile, comme si dialoguer avec un parti risquait d’entacher les relations avec des personnes qui ne seraient pas de ce parti, comme si c’était une marque de sectarisme ?

Pourtant, si un club de réflexion peut se targuer d’être un réservoir d’idées, dans lequel les partis sont libres de puiser, sans avoir l’inconvénient de prétendre à des postes d’élus, donc s’affranchissant des contraintes liées aux luttes fratricides de pouvoir, ainsi que des éventuelles tentations démagogiques visant à séduire un électorat, un club n’a aucun moyen d’action directe pour changer la société. Il ne peut qu’exercer un pouvoir d’influence, de lobbying. Alors que le propre d’un parti est non seulement de présenter une offre idéologique, de défendre des valeurs prioritaires, de privilégier des moyens d’actions (la régulation par l’Etat, la redistribution par la fiscalité, la stimulation par la liberté d’entreprise et de marché et la concurrence, …), mais aussi d’occuper des postes de décision, aussi bien à l’échelon local que national ou européen. C’est ainsi que fonctionne notre démocratie.

Or force est de constater que ces derniers temps les partis politiques sont critiqués par leur attitude partisane, leur manque d’idéaux, d’imagination, de projet de société. Il est presque mal vu d’appartenir à un parti politique et il vaut mieux le taire dans le milieu professionnel, car il peut être source de discorde, comme peut l’être la religion. Une forme de  « laïcité politique » est en vogue : défendre des idées, oui, mais pas un parti, ou à tout le moins taire son appartenance à un parti, ce qui permet de pouvoir dialoguer avec d’autres personnes qui peuvent appartenir à d’autres partis. En somme, pour permettre un dialogue entre partis politiques, il faut passer par des structures médiatrices apolitiques, qui seraient ces fameux think tanks.

Au départ, ces clubs sont présentés comme des réservoirs d’idées qui peuvent nourrir les partis politiques (approche top-down comme disent les Anglo-saxons), qui eux-mêmes auront éventuellement des offres concurrentes dans les urnes, même si certaines idées sont communes.

Au final, nous sommes dans un contexte politique où les lignes sont en train de bouger et où tout le monde s’observe. Il y a clairement une demande d’un nouveau projet de société et une nécessité de rassemblement. Il y a aussi des points idéologiques de convergence évidents entre les écologistes, les démocrates et les socialistes, en opposition avec un modèle dominant écrasant imposé par Nicolas Sarkozy. Il serait temps que ces forces politiques dialoguent en public pour faire part de leurs convergences et différences, devant tous les français, comme l’a proposé François Bayrou. Pour le faire, il ne paraît pas nécessaire de se regrouper absolument au sein de « clubs » ou de « think tanks ». Si ces forces politiques se rassemblent au sein de cercles de réflexion pour concrétiser au sein d’un club leurs idées convergentes (approche plutôt bottom-up cette fois selon les Anglo-saxons), comment traduiront-ils ensuite cette convergence publiquement sur la scène politique et dans les urnes, s’ils prétendent être apolitique ?

J’apprécie beaucoup à la fois les personnalités de Jean-François Kahn et de Corinne Lepage, ainsi que les idées qu’ils défendent. Ce que je n’apprécie guère, c’est la manière dont ils ont étalé publiquement dans la presse des critiques à l’égard du MoDem et des partis politiques, résumant ces derniers à des organisations partisanes au service de l’ambition d’un homme et incapables de proposer un projet de société. Ils contribuent ainsi à donner une idée dégradée de la politique, à en détourner les citoyens et à accréditer l’idée que les politiques sont tous cyniques, que la politique est à jeter aux chiens. Or la politique, c’est aussi des hommes et des femmes qui défendent un idéal et sacrifient beaucoup de leur vie privée, qui subissent avec courage et pugnacité défaites, trahisons, abandons, pour, parfois, arriver à faire gagner leur cause. François Bayrou fait parti de ceux-là, Ségolène Royal également. Nous sommes encore de nombreux militants qui soutenons un homme ou une femme politique et en même temps un idéal incarné par cette personne, sans résumer pour autant notre parti à une organisation au service d’une ambition personnelle. Un parti politique, c’est aussi une forme de fidélité, de solidarité, où on se serre les coudes devant les difficultés. Lorsqu’on a un désaccord de fond, on l’exprime d’abord en interne plutôt que publiquement, on essaie de le résoudre et on contribue positivement pour améliorer la situation. Quand cela ne marche pas, il est légitime d’en tirer des conséquences et de quitter le parti pour en rejoindre ou en créer un autre. Corinne Lepage avait critiqué le fonctionnement interne du MoDem et avait appelé le débat avec les adhérents de ses vœux. Le jour de ce débat, aux universités d’été du MoDem, le vendredi 4 septembre 2009 au soir, « parole aux adhérents », elle a déserté la tribune, décevant beaucoup de militants qui souhaitaient ce débat. De même, elle souhaitait peser sur la stratégie électorale pour les régionales et l’élaboration du programme, sur lesquels avait lieu un vote du Conseil national le 24 octobre 2009, et elle n’y est pas venue. Que faut-il en déduire ?

En conclusion :

-         Les think tanks sont utiles mais ne pourront pas remplacer les partis politiques.

-         Le dialogue public entre partis politiques est nécessaire et salutaire. Il manque aux Français (quelle nostalgie des débats télévisés, des joutes oratoires des années 1970 et 1980 !). Il peut être favorisé par les think-tanks, lieux de dialogue où peuvent s’exprimer sur des thèmes communs des personnes issues de la vie civile et de différents partis, mais comme ils ne peuvent pas s’exprimer au nom des partis, leur rôle s’arrête là.

-         Un grand rassemblement de forces politiques concurrentes et ayant chacune leur sensibilité, mais convergeant sur l’essentiel autour d’un projet de société alternatif, est plus que jamais nécessaire. C’est plutôt à la presse, aux médias, d’organiser la médiation justement, le dialogue public auquel les Français ont droit et qu’ils souhaitent et pas seulement pour faire de beaux discours sur de belles idées, mais pour gagner ensemble des élections ! Et pitié, arrêtons les vaines querelles et les mesquineries politiciennes … Question de survie !

 

 

 

Ci-dessous la liste des principaux think-tanks :

 

Nom  

Domaine  

Orientation politique  

Pays  

Fondé en  

 

Fabian Society

généraliste

centre gauche

Royaume-Uni

1884

 

Action française

parti politique devenu think tank en 1947

royaliste

France

1898

 

Semaines sociales de France

généraliste

christianisme social

France

1904

 

Fondation Carnegie pour la Paix Internationale

relations internationales

 

États-Unis

1909

 

Brookings Institution

généraliste

centre

États-Unis

1916

 

Hoover Institution

généraliste

républicain

États-Unis

1919

 

Council on Foreign Relations

relations internationales

 

États-Unis

1921

 

American Enterprise Institute

généraliste

néo-conservateur

États-Unis

1943

 

RAND Corporation

généraliste

 

États-Unis

1945

 

AUEG - Alliance Université Entreprise de Grenoble

généraliste, innovation,relations internationales

 

France

1947

 

EGMONT

relations internationales

 

Belgique

1947

 

GRECE

généraliste

identitaire européiste

France

1969

 

Adam Smith Institute

économie

libéral

Royaume-Uni

1971

 

German Marshall Fund of the United States

relations transatlantiques

 

États-Unis

1972

 

Heritage Foundation

généraliste

conservateur

États-Unis

1973

 

Institut Fraser

généraliste

libéral

Canada

1974

 

Club de l'horloge

généraliste

libéral-nationaliste

France

1974

 

Institut de l'entreprise

économie

 

France

1975

 

Club des vigilants

généraliste

 

France

1999

 

Cato Institute

généraliste

libertarien

États-Unis

1977

 

IFRI

relations internationales

 

France

1979

 

Centre for European Policy Studies (CEPS)

construction européenne

 

Europe

1983

 

Institut Choiseul

relations internationales

 

France

1997

 

iFRAP

généraliste

libéral

France

1985

 

IRIS

relations internationales

 

France

1990

 

Institut Turgot

généraliste

libéral

France

1990

 

Confrontations Europe

construction européenne

centre gauche

France

1991

 

Fondation Robert Schuman

construction européenne

centre

France

1991

 

Fondation de service politique

généraliste

doctrine sociale de l'Église

France

1992

 

Notre Europe

construction européenne

 

Europe

1996

 

Fondation Concorde

généraliste

 

France

1997

 

PNAC

relations internationales

 

États-Unis

1997

 

Fondation Copernic

généraliste

gauche

France

1998

 

Avenir Suisse

généraliste

pragmatisme libéralisme

Suisse

1999

 

Institut Montaigne

généraliste

indépendant

France

2000

 

Institut de recherche et d'informations socioéconomique

économie, social

gauche

Canada

2000

 

Institut économique de Montréal

économie

libéral

Canada

2000

 

La République des idées

généraliste

social-libéral

France

2002

 

Institut Thomas More

généraliste

conservateur-libéral

Europe

2003

 

Fondation pour l'innovation politique

généraliste

centre droit

France

2004

 

Euroreflex

construction européenne

 

Europe

2005

 

Fondation Res Publica

république, mondialisation, dialogue des civilisations et des nations

républicain civique

France

2005

 

Bruegel

économie

 

Europe

2005

 

Fondation Prometheus

politique, économie, enjeux de la mondialisation

 

France

2005

 

Institut Amadeus

généraliste

indépendant

Maroc

2005

 

La Forge

généraliste

gauche

France

2007

 

Gauche Avenir

généraliste

gauche

France

2007

 

Égalité et réconciliation

généraliste

nationaliste de gauche

France

2007

 

Sport et Citoyenneté

sport

apolitique

France

2007

 

Terra Nova

généraliste

progressiste

France

2008

 

Institut pour la Justice

justice

 

France

2008

 

Association AMAQUEN

éducation

 

Maroc

2003

 

 

08.09.2009

Ce n'est pas Bayrou qui a changé, c'est la droite et la gauche !

L'offre publique de dialogue faite par François Bayrou et Marielle de Sarnez à toutes les forces politiques démocrates et progressistes, notamment socialistes et écologistes, qui souhaitent une alternance à la politique actuelle du gouvernement, suscite diverses réactions, positives et chaleureuses pour les uns, embarrassées pour les autres, moqueuses des habituels porte-parole et porte-flingue de la majorité gouvernementale. Elle fait bouger les lignes car elle incite à ouvrir de nouvelles portes, à dévoiler les cartes, à se remettre en question et enfin à parler des sujets de fond devant les Français.

1784141572.jpgCette proposition est interprétée par les différents médias comme un "glissement" à gauche, par certains comme un reniement d'une position passée d'une centre plus proche de la droite. Même Mediapart (article de Mathilde Mathieu) n'y a vu qu'une posture tactique politicienne, sans poser le problème de fond, en disant "Pour éviter qu'écologistes et socialistes fassent une OPA sur le Modem, sorti très affaibli des élections européennes, Bayrou leur a lancé une «offre publique de dialogue», dimanche 6 septembre, en clôture de l'université d'été du mouvement, organisée à La Grande-Motte." Et pourtant la suite de l'article dit clairement qu'il explique que la nouvelle ligne de partage politique est à présent d'un côté à droite avec Nicolas Sarkozy celle de «l'idéologie des inégalités», (...) ceux qui se résignent à voir ce régime, (...) avec ses injustices sociales et démocratiques, durer pendant 10 ans et corroder ce qui fait la France»; de l'autre, «ceux qui veulent une alternance», ensemble qui s'élargit  à "la gauche", aux Ecologistes et au MoDem. Rien de plus clair sur le fond.

 

1431263936.JPGOr, la vérité est que François Bayrou, Marielle de Sarnez et autres cadres et militants du Mouvement Démocrates, qu'ils soient anciens de l'UDF ou nouveaux du MoDem, n'ont pas changé pour l'essentiel de valeurs, de fondamentaux. Ils ont fait valoir de nouvelles priorités face à l'urgence climatique et face aux injustices croissantes, mais restent bien sur l'idéal démocratique, républicain, alliant la liberté d'expression, de création, d'entreprise, une liberté de marché (sous condition de régulation !) et la solidarité, la protection des faibles, un socle de protection sociale et des services publics garantissant l'égalité des chances et l'octroi d'un service à tous et sur tout le territoire non forcément asservi à la rentabilité, notamment dans la santé et dans l'éducation.

En revanche, la droite a changé. Autrefois, la droite était  plus conservatrice en termes de valeurs, de morale, d'autorité, de valeur du mérite et du travail. Elle était surtout républicaine. De Gaulle était fervent gardien de ces valeurs républicaines, d'une éthique morale, de l'égalité des chances pour les Français. Le centre, avec Lecanuet et Giscard, ont porté aussi ces valeurs fondamentales. Avec Chirac, la droite était encore républicaine, mais plus teintée de "copains-coquins", de politique de clan, ... Avec l'ère Sarkozy elle a connu une réelle rupture, un alignement au modèle anglo-saxon générateur d'inégalités croissantes, une politique au service des amis du président et des plus fortunés, une atteinte de plus en plus évidente à l'égalité des chances et aux valeurs républicaines, à la démocratie, avec une concentration de tous les pouvoirs, sans respect pour les règles les plus élémentaires de séparation des pouvoirs chères à Montesquieu et indispensables au bon fonctionnement de la démocratie, avec démantèlement progressif ou mise sous tutelle ou sous influence de tous les contre-pouvoirs dont la justice, les médias, et même le Parlement qui n'est plus qu'une chambre d'enregistrement des décisions du gouvernement,... Et la valeur centrale qui domine est l'argent, le culte du profit, la rentabilité au mépris des autres critères, dans une mondialisation où règne la loi du plus fort, où le faible n'est plus protégé, ou le riche devient toujours plus riche et bénéficie de plus en plus d'avantages fiscaux. Et l'emprise de l'Etat, chère à la gauche, est devenue l'apanage de la droite. Et ce qui est en train de s'installer en France, sournoisement et sans dire son nom, c'est un régime autoritaire, autocratique, inégalitaire, qui ne respecte plus les valeurs prônées par l'ancienne droite et le centre qui lui était autrefois allié. Oui, la droite a changé, ce n'est plus la même.

La gauche aussi a changé. Autrefois elle était socialiste ou communiste, idéologies basées sur l'égalité entre les hommes, mais égalité garantie par une économie administrée, où l'Etat est au centre de tout, collectiviste, liberticide. Elle a évolué d'abord vers des valeurs "libertaires" sur le plan des mœurs puis, avec la pérestroïka et la chute du mur de Berlin, le système collectiviste administré a été rejeté. Des pays se proclamant encore communistes comme la Chine ont adopté le capitalisme et n'ont gardé du communisme que la dictature du prolétariat. En France, les gouvernements socialistes ont dérégulé la finance, privatisé, facilité le développement de l'activité de marché des traders (à partir des années 1983), mis en place les stock-options (D.Strauss-Kahn), défiscalisé les investissements en œuvres d'art et les bonus (L.Fabius). Même si les tenants de la gauche se proclament plus sociaux et que le parti socialiste n'a pas changé de nom, pensant que le label "social", dans le mot "socialiste", serait la caution de cette idéologie. Le mot de "social-démocratie" a qualifié les modèles de société nordiques, qui présentent plus de redistribution sociale, moins d'inégalités de revenus. Sans le dire, une partie de la gauche, des socialistes, s'est finalement retrouvée dans les valeurs prônées par le centre. Oui la gauche a changé, ce n'est plus la même.

Alors regardons cette évolution en face et requalifions le repère euclidien droite-gauche, ou mieux encore, au lieu de droite-gauche, appelons les idéologies par leur nom. Encore que ... les partis prennent des étiquettes convenables (Le parti néoconservateur de Bush était nommé le parti "républicain"). Revoyons tous ensemble la véritable ligne de clivage, qui doit nous servir de repère pour envisager une alternance. C'est bien celle du choix entre deux modèles de société. Tout en acceptant le pluralisme de mouvements qui représentent une diversité de vues, de préférences de moyen d'action, mais qui peuvent converger sur les valeurs et les priorités.

 

Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement

... et les mots pour le dire viennent aisément.

(Nicolas Boileau, l'Art poétique, 1674)

25.07.2009

Manipulation de sondages par l'Elysée : Bayrou avait donc raison !

La vérité finit toujours par sortir ...

Ainsi ce scandale de manipulation de sondage par l'Elysée, que vient de révéler le rapport de la Cour des Comptes et que reprennent quels médias ? Les seuls encore non corrompus, indépendants, rebelles et vigilants : Marianne, Mediapart et le Canard Enchaîné.

Alors que le sujet est très grave pour notre démocratie. Le PS et le MoDem ont réagi. Quelques billets de blog le dénoncent comme celui-ci  et celui-là.

Qui avait prévenu et avait déjà dénoncé ces manipulations, dans son discours du 3 juin et sur France Inter le 4 juin, et s'est fait tacler pour cette dénonciation, voire traiter de parano ? C'est François Bayrou. La bête noire des politiques au pouvoir et des opposants en perte de vitesse, qui se sont empressés d'arroser l'arroseur ...

J'aimerais bien qu'au lieu de dire que François Bayrou fait de l'anti-sarkozysme primaire, la presse s'intéresse au fond de ce qu'il dénonce, notamment dans son livre "Abus de pouvoir", reprennent aussi tant de sujets sur lesquels il s'était fait moquer ou tacler et qui lui ont donné raison ensuite, les idées qui ont même été reprises par ses détracteurs, du gouvernement comme de l'opposition, comme la dénonciation de la financiarisation de l'économie et de ses dérives avant même que n'éclate cette crise financière, le sujet des inégalités croissantes et des rémunérations indécentes des grands patrons, la politique d'ouverture, le Small Business Act pour soutenir les PME, la taxe carbone, l'idée des retraites à points qui fait son chemin, et bien d'autres encore ...

Cette histoire de manipulation de sondages par l'Elysée, ainsi que l'incroyable renversement du scrutin des dernières élections européennes permettent de tirer la conclusion suivante : la COMMUNICATION et les MEDIAS ont un rôle bien plus important que le fond. Les électeurs votent bien plus sur des impressions de dernière minute, sur l'émotion d'une émission (le débat avec cette altercation entreCohn-Bendit et Bayrou, le film Home) plutôt que sur le fond des programmes qu'ils n'ont même pas lu. Contrairement à ce qui est colporté par ses partis concurrents et la presse, le MoDem a fait une campagne complètement de fond, sur le programme européen, que ce soit par ses documents de campagne, internet, ses meetings, les diverses interventions de presse et medias des candidats. Mais à force de marteler dans la presse grand public ou télévision, rebondissant sur le succès du livre de Bayrou "abus de pouvoir", que Bayrou ne parlait pas d'Europe, et tout ceci était volontairement orchestré, que le MoDem n'avait pas de programme européen, l'opinion s'est laissé prendre.

CONCLUSION :
- est-ce que le MoDem doit entrer dans ce jeu et "faire de la com" ?
- est-ce que le MoDem doit faire prendre conscience aux citoyens qu'ils sont vraiment manipulés, qu'ils se réveillent, qu'ils exercent leur conscience et leur responsabilité, qu'ils boycottent les médias manipulés et aillent chercher leur information plutôt sur internet, qu'ils s'intéressent vraiment aux sujets de fond et non à l'apparence, aux mensonges et aux fausses promesses, et qu'ils s'intéressent plutôt à l'honnêteté et à la crédibilité des hommes politiques, et qu'ils fassent ainsi leur choix en toute conscience.

La 2ème option est sans doute la plus difficile, mais c'est pour moi la voie la plus saine.

02.07.2009

La recomposition politique française devrait s'articuler autour de la confrontation entre deux modèles de société

Quelques réflexions personnelles sur le paysage politique français en vue de proposer une approche pour les prochaines échéances électorales :

Il y a les partis, les idéologies et les leaders politiques

 

Certains partis sont des partis initialement fondés sur une idéologie plus que sur un leader (le PS, le PC ou Front de Gauche, Les Verts) et d’autres sont des partis rassemblés autour d’un leader, qui montre le chemin et fédère soit par sa personnalité soit par les valeurs qu’il représente (l’UMP avec Nicolas Sarkozy, le Mouvement Démocrate avec François Bayrou). Le NPA étant une combinaison des deux avec le leadership d’Olivier Besancenot.

Certains partis ont une base idéologique affirmée (NPA, Front de Gauche et PC basés sur la lutte des classes, la lutte sociale), d’autres en avaient une mais qui est dépassée (le PS, basée sur le collectivisme et le rôle central de l’Etat), d’autres encore n’affichent pas franchement leur idéologie même si elle est sous-jacente à leur programme (UMP, avec une politique néocapitaliste, centrée sur l’argent, le profit individuel, les valeurs matérielles et la loi du plus fort, même si elle est mâtinée de protection sociale et d’interventionnisme de l’Etat avec notamment la récente crise).

 

Dans ce paysage, le PS est un parti ancien, ancré, avec de nombreux élus mais souffrant à la fois d’un problème de leadership (trop de prétendants, en lutte dans une guerre de concurrence autodestructrice, se livrant une guerre fratricide) et d’un problème de clarification idéologique. Son contenu programmatique s’est construit autrefois dans un certain contexte puis a dû s’adapter, nécessitant des « synthèses » de plus en plus difficile à élaborer et à exprimer en cohérence notamment avec les anciens fondamentaux idéologiques et même avec son nom « Socialisme » devenu obsolète. Ainsi comment faire la synthèse entre les partisans du oui et du non à l’Europe, entre les tenants de l’économie de marché dont certains, notamment dirigeants du FMI et de l’OMC (Dominique Strauss-Kahn et Pascal Lamy), s’affichent très libéraux et d’autres au contraire partisans d’une économie régulée par l’Etat.

 

Les Verts sont un parti non fondé sur une véritable idéologie mais basé sur la défense de l’environnement, délivrant un programme centré sur ce thème et donc partiel. En termes de leaders, les élections européennes montrent un décalage entre le contenu programmatique et la représentation de ses leaders, ainsi que l’importance de la communication. Daniel Cohn-Bendit et Eva Joly ne s’étaient jamais montrés spécialement écologistes avant de venir porter les couleurs des Verts, traduisant un certain opportunisme, de même que Daniel Cohn-Bendit a toujours été très libéral, ayant toujours par ses votes soutenu la concurrence contre les services publics, comme l’atteste le dernier numéro du journal Marianne du 27 juin 2009, alors que dans la perception du public Les Verts sont situés à gauche. Des anciens Verts ont préféré rejoindre le MoDem, à forte composante écologique, notamment des anciens représentants du parti tels que Jean-Luc Bennhamias et Yann Wehrling. Point assez paradoxal et qui démontre le succès de communication de Daniel Cohn-Bendit : la manière dont ce dernier a mené campagne en disant qu’il la faisait sur le fond, sur l’Europe, en ne rappelant pas l’orientation de ses propres votes passés (contre les services publics), en stigmatisant en même temps François Bayrou (pourtant profondément européen) qu’il désignait comme un obsédé de la présidentielle « touché par la Vierge », multipliant les petite phrases assassines et les provocations, retournant en bouquet final contre ce dernier l’accusation de phrase assassine (syndrome de l’arroseur arrosé), qu’il a fini par provoquer lui-même en retour. Trop fort ce Dany ! Son fils a raison de dire qu’il ressemble à Sarkozy, sur la com’ notamment ...

 

Le Mouvement Démocrate, issu à la fois de l’ancien parti UDF centriste démocrate et européen et du parti écologiste CAP21 fondé par Corinne Lepage, a été clairement un rassemblement d’hommes et de femmes autour d’un leader, de François Bayrou, au lendemain des présidentielles où ce dernier avait recueilli 19% des voix. Ce leader incarnant des valeurs et une nouvelle forme d’idéologie : défense des valeurs démocrates, républicaines, sociales et humanistes, priorité à l’égalité des chances et au respect de l’environnement, aux valeurs créatives, qu’elles soient appliquées à la création d’entreprise, à l’innovation et à la recherche ou à la culture. On remarquera d’ailleurs la convergence de valeurs exprimées entre le MoDem et le PS, et pour la partie écologique la grande convergence de priorités et de contenu entre le MoDem et les Verts. Le MoDem cherche à exprimer plus franchement son idéologie humaniste, remettant l’homme en tant que valeur centrale à la place de l’Etat et à la place de l’argent-roi. En termes programmatiques, d’application politique, l’Europe représente pour le MoDem un levier central et incontournable dans la mondialisation pour de nombreux sujets : réchauffement climatique, défense, immigration, spéculation mondiale et lutte contre les paradis fiscaux, crise économique et problème de concurrence non équitable engendrant des délocalisations, gestion des ressources énergétiques, accès à l’eau et aux matières premières, développement de l’Afrique, ...

 

Il y a les élections présidentielles et les autres élections 

 

Les élections présidentielles sont différentes des autres car même si un leader est porté par un parti, il doit obtenir une adhésion plus large que celle de son parti et doit pouvoir rassembler et représenter l’ensemble des Français. Il doit aussi être crédible en matière de capacité à former un gouvernement, des ministres qui mèneront une politique cohérente. Ce challenge est d’autant plus fort pour François Bayrou et le MoDem, parti non majoritaire et comptant peu d’élus, donc peu de ministrables.

Les élections législatives découlent des élections présidentielles, le calendrier électoral aidant, alors que les autres élections intermédiaires municipales et cantonales, européennes et régionales, dépendent plus d’enjeux locaux ou programmatiques.

Comme le montrent les résultats en France, un parti peut être majoritaire sur des élections régionales et locales (PS) alors même qu’un autre est majoritaire aux présidentielles et aux législatives (UMP), même à peu de temps d’intervalle. Le score des européennes a aussi montré sur fond de forte abstention un autre équilibre des forces politiques ainsi qu’une très forte volatilité la dernière semaine précédent le scrutin. En effet, en une semaine environ, comparé aux sondages précédents relativement stabilisés, à 27% pour l’UMP, 22% pour le PS,  13 ou14% pour le MoDem, 10% pour Europe Ecologie (Les Verts), le PS perdait finalement plus de 5 points, le MoDem également, le NPA presque 2 points au profit du Front de Gauche tandis que l’UMP gagnait 1 point et que Europe Ecologie (Les Verts) gagnaient 6 points. François Bayrou a été fortement attaqué, rendu coupable de la baisse du score attendu des listes du MoDem suite à l’escalade d’invectives dans laquelle il s’est laissé entraîner lors du débat l’ayant opposé à Daniel Cohn-Bendit, mais on peut se demander si l’effet de la diffusion du film « Home » juste avant le jour du vote, vu par 9 millions de téléspectateurs, déclenchant un réflexe écologique, n’est pas plutôt la cause majeure du renversement. En effet, la baisse constatée sur le PS est de la même ampleur que celle du MoDem, environ 5,5 points chacun (11 points en tout), alors que Europe Ecologie a récupéré 6 points au total.

Il y a ce que disent les leaders pour leur propagande électorale et il y a ce qu’ils font réellement, appliquant leur politique

 

Nicolas Sarkozy a été élu majoritairement par les Français surtout pour sa personnalité, trépidante et active, jugée dynamisante, quelle que soit l’idéologie qu’il défendait ou plutôt qui était sous-jacente à son programme de réformes, sur base de slogans simples (« travailler plus pour gagner plus », « chercher la croissance avec les dents ») et quelques thèmes phares (le pouvoir d’achat et la croissance), thèmes qui rassemblent les français à la fois de gauche et de droite. Il n’a pas été élu ni pour démanteler le contrat social et précariser encore plus les classes moyennes et pauvres, ni pour piétiner les valeurs républicaines d’égalité des chances, ni pour « monarchiser » le pouvoir du président de la République et supprimer les contrepouvoirs, ni pour mettre la main directe sur l’audiovisuel public, ni faire des cadeaux fiscaux aux riches (bouclier fiscal), ni pour rallier le commandement armé de l’OTAN (de surcroît sans conditions ...) donnant une caution atlantiste  la politique étrangère et de défense et remettant en question tout espoir de mise en place d’une politique de défense européenne indépendante), ...

Et pourtant, il a mis en place de nombreuses réformes non annoncées dans sa campagne.

De même qu’il n’a pas augmenté le pouvoir d’achat ni la croissance, même juste avant  la crise financière, qui au moins peut servir maintenant d’alibi à cet échec.

Il a aussi récemment fait de nouvelles annonces/réflexions qui reprennent des propositions que François Bayrou avait faites lors de sa campagne présidentielle : la taxe carbone, la retraite à points, la distinction entre un bon et un mauvais déficit (déficit dû à des investissements d’avenir et déficit de fonctionnement couvrant des dépenses courantes),...

Malgré toutes ces contradictions, l’UMP (dont le Nouveau Centre, La Gauche Moderne, et autres affidés), ministres et députés, suivent leur leader (aveuglément ?) et votent les réformes décidées par avance par leur charismatique président et encore officiant comme un chef de parti.

 

Concernant François Bayrou, si on compare ses actes à son projet présidentiel, les élus députés qui l’ont lâché au second tour des présidentielles pour soutenir Nicolas Sarkozy ont prétexté qu’il avait dérivé de sa ligne en disant qu’il « ne voterait pas pour Nicolas Sarkozy », voyant en cela à un virage à gauche, même s’il n’a pas soutenu Ségolène Royal, étant en désaccord avec son programme malgré la convergence des valeurs. Les militants n’ont pas suivi ces élus et ont considéré qu’au contraire, François Bayrou était bien fidèle à la ligne défendue, notamment sur l’incompatibilité des valeurs défendues avec celles de Nicolas Sarkozy. Deux ans après, suite aux élections européennes dont le résultat a déçu fortement les têtes de listes et les militants du MoDem, certains parmi eux ont fait ressortir des défauts de gouvernance du parti, notamment le caractère trop autocratique de François Bayrou, la nécessité d’un management plus collégial. Ils considèrent que François Bayrou se doit d’afficher un comportement exemplaire respectant les valeurs que lui-même a toujours prônées, de représentation démocratique des citoyens comme de la manière de faire de la politique, sur les sujets de fond et non sur des querelles de personnes, une attitude d’opposition systématique (à Nicolas Sarkozy) ou se laissant aller à des invectives personnelles. Bref, ils sont les premiers à le rappeler à l’ordre, comme quoi contrairement à ce que disent de mauvaises langues, le MoDem n’est pas un club de fans et de « béni-oui-oui » ! Simplement, je pense qu’ils n’auraient pas dû le faire en public, sous forme de lettre ouverte sur internet avec en plus une pétition publique, ce qui ajoute de la critique à la critique. Les problèmes internes doivent être réglés en interne, en famille.

 

Conclusion

 

Sur le fond, la forte convergence de valeurs entre le MoDem, le PS et Les Verts, pour un modèle de société alternatif humaniste et durable, est favorable aux alliances entre ces partis. Ce modèle à construire est en opposition avec le modèle néocapitaliste libéral dérégulé dans la mondialisation que défendent Nicolas Sarkozy (donc l’UMP dans son sillage) et José Barroso au niveau de l’Europe. Il y a clairement une idéologie convergente à défendre et c’est cela qui est important, au-delà de la concurrence entre personnalités présidentiables. Surtout suite à la grave crise que nous vivons, qui prouve l’échec de la politique précédente. Mais Nicolas Sarkozy, devant l’échec du capitalisme mondialisé, devant la perversion à laquelle a mené la financiarisation de l’économie, commence à adopter un langage plus social, plus régulateur, plus étatiste, pour rassurer, même si les actes ne vont pas vraiment dans le même sens (il ne revient pas sur le bouclier fiscal, il ne fait rien sur les stock-options et les salaires exorbitants des dirigeants, les mesures contre les paradis fiscaux sont purement cosmétiques,...).

Le débat politique devrait se recentrer sur l’affrontement entre deux modèles de société, d’une part le modèle actuel capitaliste centré sur la maximisation des profits individuels, même s’il est soi-disant « refondé » et mieux régulé, d’autre part sur un modèle alternatif qu’on peut qualifier d’humaniste.

Une entente de convergence sur le modèle de société alternatif peut être matérialisée dans des alliances tout d’abord sur le front européen contre la nomination de Barroso, puis aux régionales, dans des positions communes au Parlement en France comme au niveau européen, puis dans une entente de second tour à la présidentielle.

Il s’agira de maximiser les chances au second tour, quel que soit le candidat arrivant au 1er tour, et d’envisager un gouvernement composé de personnes venues à la fois du MoDem, du PS, des Verts.

26.10.2008

Bayrou plutôt que Sarkozy, ou l’humanisme plutôt que le capitalisme

Conference nationale 261008 001.jpgAujourd’hui 26 octobre 2008  s’est tenue la Conférence nationale du Mouvement Démocrate à la Mutualité, rassemblant environ 2000 représentants des adhérents. L’objet de cette instance étant la validation par les adhérents de la stratégie et de l’organisation du MoDem, notamment le règlement intérieur qui était encore provisoire depuis son approbation au Congrès de Villepinte des 1er et 2 décembre 2007, marquant la création du Mouvement. Cette rencontre a été surtout l’occasion de démontrer la ligne politique du Mouvement Démocrate, véritablement axée sur la construction d’un projet de société alternatif humaniste et de rappeler la clairvoyance de François Bayrou sur les dérives profondes du système capitaliste qu’il avait dénoncées pendant sa campagne présidentielle.

 

Cette conférence a centré son ordre du jour sur la crise financière, la compréhension de ses causes, l’évaluation de ses impacts redoutés, en invitant des personnalités émérites à s’exprimer :

-         Michel Camdessus : ancien directeur du Trésor, gouverneur de la Banque de France et Directeur Général du FMI, chargé d’une mission internationale sur le problème de l’eau dans le monde, récemment chargé de l’organisme qui vient d’être mis en place pour favoriser le crédit à l’économie,

-         Robert Rochefort, directeur du Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie.

-         Nicole Maestracci, magistrate, présidente de la Fédération nationale des associations d’accueil et de réinsertion sociale (FNARS),

 

Au-delà de la compréhension des causes et des conséquences de cette crise financière et maintenant économique, cette rencontre a permis de réfléchir sur les leçons à en tirer quant au modèle que nous souhaitons pour notre société. Car cette crise marque bien la ruine et l’échec du capitalisme (ce qui ne signifie pas celui du libéralisme), comme en 1989 la chute du mur de Berlin a marqué la chute du socialisme. Or le Mouvement Démocrate a été justement créé pour cela, pour proposer un nouveau modèle de société qui n’est ni le capitalisme, ni le socialisme, mais l’humanisme.

 

François Bayrou était sans doute en avance sur son temps en 2007, ou n’a pas été suffisamment entendu. Alors que Nicolas Sarkozy fondait sa campagne sur le pouvoir d’achat des Français, qu’il souhaitait même booster en favorisant l’endettement des ménages par un recours plus fréquent au crédit, notamment les hypothèques rechargeables basée sur la valeur des biens immobiliers (rappelant curieusement les subprimes), alors qu’il prônait le capitalisme et la mondialisation, surtout celui du CAC40, le bonheur par la consommation, l’argent comme valeur centrale (et le vedettariat), une société basée sur les valeurs de l’avoir et du paraître, François Bayrou lui prônait une société humaniste, c'est-à-dire mettant l’homme au centre plutôt que l’argent, une société de justice face à notre monde d’inégalités croissantes, donnait priorité à l’éducation, à la création et à l’innovation, une croissance par un soutien aux PME, qui représentent  80% des emplois en entreprise en France, une croissance qui soit durable.

 

François Bayrou avait annoncé toutes les dérives de ce capitalisme dans sa campagne présidentielle. Tout montre à présent qu’il avait raison.

 

Alors que Nicolas Sarkozy cherche à « refonder le capitalisme », continuant à nous vanter le modèle où c’est le capital qui domine le monde, où la croissance est génératrice d’inégalités croissantes, où c’est le profit individuel qui donne le sens, même si l’on met plus de contraintes, de morale, de régulation et de contrôle sur ce système, ce que nous propose François Bayrou avec l’humanisme, c’est une autre manière de voir le monde, c’est la priorité aux valeurs humaines et spirituelles plutôt que matérielles, c’est une redécouverte du sens donné à la vie, pour le bonheur des êtres humains. C’est très profond, c’est le seul modèle qui soit durable et universel. Il ne s’agit pas d’utopie, de paroles idéalistes relevant d’un rêve où ce modèle ne serait pas réalisable. Il s’agit de construire réellement cette société en revoyant les priorités, par exemple concrètement en ne favorisant pas le travail du dimanche pour protéger la vie de famille, en assurant des programmes scolaires assurant une continuité et une sédimentation des savoirs plutôt qu’un lycée à la carte générant une éducation de « zapping », en soutenant les créateurs d’entreprises et les PME plutôt que les actionnaires et les dirigeants du CAC40, en n’abandonnant pas les campagnes dans l’aménagement du territoire (la privatisation de La Poste risque à nouveau de donner lieu à des fermetures de bureaux de poste), …

 

Et pour conduire ce projet alternatif dans la mondialisation, il nous faut un support : ce support c’est l’Europe :

 

-         une Europe où l’identité européenne n’est pas contradictoire avec les identités nationales, l’Europe étant à la Nation ce que la famille est à l’individu,

-         une Europe pour défendre des projets communs qui ne sont réalisables qu’ensemble : le défi écologique, celui de l’énergie, de la régulation européenne et internationale des banques et des marchés, de l’aide aux pays pauvres,…

 

Enfin, il faut aussi faire preuve de pédagogie et non de démagogie auprès des citoyens, tant sur l’explication des causes de la crise que sur les solutions proposées (les milliards du plan de soutien). Les Français se posent deux questions :

-         où le gouvernement trouve-t-il tous ces milliards ?

-         comment se fait-il que pour les banques, on trouve ces milliards et pas pour nous, pour l’éducation, pour valoriser les petites retraites, pour la santé, pour l’emploi ?

 

La pédagogie de la crise n’a pas été faite, et de la crise financière en crise économique, la colère risque de monter et la crise peut devenir une crise sociale.

 

Enfin, alors qu’on pouvait se demander si cette crise allait brouiller les lignes politiques, Nicolas Sarkozy se montrant « socialiste » en prônant un étatisme à tout va pour intervenir dans la finance et l’économie, reprenant à présent à son compte des arguments autrefois soutenus par François Bayrou et même les socialistes (lutte contre les paradis fiscaux, régulation internationale, abus des rémunérations des dirigeants, …), François Bayrou a bien marqué sa ligne, en profondeur, celle d’un projet de société humaniste, celle d’un tournant de civilisation.

01.06.2008

François Bayrou est-il altermondialiste ?

Les lignes de clivage politique sont en train de bouger en France, et le repère euclidien droite-gauche en passant par le centre n'est plus qu'un 905886415.jpgrepère fictif, virtuel, rassurant pour certains dont le manichéisme représente un confort de pensée (voir mon article sur "la bipolarité répond-elle à une structure mentale de la mentalité occidentale ?"), mais dont les contenus devraient être redéfinis en même temps que les étiquettes, rebaptisées.

Plus nous avançons sous ce gouvernement sarkozyste avec son cortège d'erreurs et de confusion, sa cour monarchique et son injure à la démocratie, son arrogance, sa favorisation du modèle américain matérialiste, capitaliste et inégalitaire, en même temps que le contexte mondial est difficile, avec ses crises alimentaire, écologique et financière que cette politique ne sait pas gérer, plus je me dis qu'il fallait passer par cette étape pour une prise de conscience des gens, des Français mais aussi des Européens. Au moins Sarkozy aura prouvé ce qu'il vaut, que ses promesses n'engageaient que ceux qui les écoutaient, que les Français se sont trompés en le choisissant.

De l'autre côté c'est bien parti pour que les socialistes se déchirent, embourbés à la fois dans leurs querelles de personnes, une guerre sémantique révélatrice et une impossible synthèse idéologique. Ce qui est étonnant, c'est qu'ils avouent (enfin !) la reconnaissance de l'économie de marché et osent même pour certains prôner le libéralisme (Delanoë,...) associé à son antinomique socialisme (alors qu'il n'a plus d'avenir), alors même qu'en ce moment s'amorce un fort contre-courant contre les dérives du capitalisme et du libéralisme économique, et qu'ils devraient au contraire retrouver une unité idéologique en dénonçant ces dérives, en proposant une gestion différente qui pour autant ne soit pas le socialisme qui a montré son échec.

François Bayrou de son côté, continue à creuser son sillon en proposant un nouveau chemin, qui me paraît être celui d'un ALTERMONDIALISME humaniste, démocrate et réaliste
 
En effet, lors de son  intervention sur France Culture datant de samedi 31 mai 2008, François Bayrou énonce clairement les deux questions fondamentales :

- celle de la démocratie et du pluralisme en France : n'y-a-t-il dans notre pays que deux offres politiques où y-en-a-t-il d'autres et dans ce cas ont-elle la possibilité de s'exprimer et d'être représentées ?
- celle du projet de société, non limité à la France : la mondialisation porte-t-elle un modèle unique, basé sur la recherche du profit individuel et générateur d'inégalités croissantes ?

Dans la charte des valeurs du Mouvement Démocrate comme dans le projet démocrate et les discours de François Bayrou, les priorités ne sont pas accordées à la recherche du profit individuel, mais au respect de l'être humain, à la justice et à la réduction des inégalités, à la préservation de la planète, des espèces dont l'homme fait partie, à l'éducation et à  la diversité culturelle. Le développement économique n'en est pas pour autant renié mais doit s'inscrire dans ce contexte de nouvelles priorités, ne pas se faire au détriment des autres (de l'Afrique, de l'environnement, notamment) ne plus voir l'unique taux de croissance global du PIB comme l'indicateur absolu du progrès et des jours meilleurs.

François Bayrou propose un autre modèle de société, qui ne nie pas la mondialisation mais qui la régule par de nouvelles règles du jeu mondiales (passant nécessairement par un renforcement de l'Europe) et puisse fonctionner sur un autre moteur que celui de la seule recherche du profit individuel, un autre carburant que l'argent et les valeurs matérialistes (passant par une prise de conscience et une responsabilisation individuelle de notre destin collectif). En ce sens, François Bayrou est altermondialiste.

Rappelons la définition de l'altermondialisme :

L'altermondialisme ou altermondialisation est un mouvement social composé d'acteurs très divers qui, face à une logique de mondialisation libérale effrénée, revendique et met en avant des valeurs comme la démocratie, la justice économique, la sauvegarde de l'environnement, les droits humains en vue d'une mondialisation maîtrisée et solidaire.

Très hétérogène et composé d'une multitude d'associations, de mouvements d'horizons divers, d'organisations non gouvernementales, l'altermondialisme se manifeste par des positions qui vont du réformisme à la rupture. Pour créer des synergies entre les différents mouvements qui le composent, il tente de développer des réseaux internationaux (Forums sociaux).

Malgré cette définition, le terme ALTERMONDIALISME évoque souvent un courant révolutionnaire utopiste et anarchiste ou d'extrême gauche inspirée du marxisme, les manifestations lors des sommets de l'OMC ou du G8, l'arrachage de plants transgéniques, etc. C'est parce qu'on retient plus, médiatiquement, les manifestations parfois violentes des tenants d'une stratégie de rupture que celles moins bruyantes des réformistes.  L'altermondialisme n'a pas encore été construit politiquement pour proposer un projet de société réaliste en s'inscrivant dans un parti politique crédible.

Or c'est bien ce que propose le Mouvement Démocrate avec François Bayrou. De même qu'aux Etats-Unis, Barack Obama semble être porteur de ce même projet. De plus en plus de personnalités renommées des mondes scientifique, philosophique, politique, journaliste ont déjà tiré l'alarme en vue d'envisager "un autre monde" et sont aussi "altemondialistes" : Hubert Reeves, Joseph Stiglitz, Yves Paccalet, Hervé Kempf,...

La gauche et la droite sont politiquement des concepts dépassés, vidés de leur sens. Donc le centre également. Leur utilisation confortable par les élus en place qui cherchent à préserver un électorat en leur faisant croire à des repères ne pourra plus tenir bien longtemps. Il faut redonner un sens à la politique, aux partis politiques, par un contenu idéologique, non seulement affirmant une priorité à des valeurs de référence et en proposant des actions, un programme, mais surtout en définissant un projet de société.

L'UMP nous a directement proposé un programme, des réformes, sans nous décrire le projet de société, mais que l'on devine aisément comme défenseur d'une mondialisation motivée par la recherche du profit individuel, la loi du plus fort, génératrice d'inégalités croissantes.

Le PS a édicté des valeurs, accordant plus d'importance à la justice et à la solidarité, mais il lui reste à décrire le projet de société et à résoudre les profonds désaccords internes sur les choix politiques, entre libéralisme et socialisme, l'impossible synthèse, ainsi que les luttes de pouvoirs entre personnalités.

François Bayrou nous propose un autre chemin, altermondialiste humaniste démocrate et réaliste, en ayant décrit ses priorités en terme de valeur, son projet de société, sa politique. Etant désavantagé en terme de représentation parlementaire car les institutions et la loi électorale actuelles favorisent la bipolarité politique, les courants majoritaires, il lui faut surtout avoir l'écoute des Français pour exposer cette alternative, leur redonner confiance en la politique, une politique fondée sur un projet de société et non sur des luttes de personnes et des fausses promesses, avec à la clé un beau rendez-vous en 2012 !

11.04.2008

BAYROU : une mise à mort organisée par l'Elysée

1715132248.2.jpgSelon un article du Monde d'hier, une "note stratégique" a été adressée lundi 7 avril à Nicolas Sarkozy en vue d'une réunion le mercredi suivant appelée "comité de liaison" avec les ministres  et parlementaires centristes "ralliés" et en cours de ralliement (+ JM Cavada).

Voici son contenu intégral diffusé par Le Monde.

Cette note prouve l'orchestration organisée de la mise à mort de François Bayrou par l'Elysée, la malveillance des uns, la traitrise des autres, attirés par les prébendes ou intimidés par les menaces. Après Hervé Morin, Maurice Leroy et autres anciens parlementaires qui avaient soutenu François Bayrou puis soudain lâché entre les deux tours des élections présidentielles, Jean-Marie Cavada ensuite, voici maintenant la vague annoncée de sénateurs, entraînés par Jean Arthuis et Michel Mercier, sans omettre Thierry Cornillet. La cohorte des Judas est en marche ...

Mercredi,  François Bayrou avait réprouvé  ce "comité de liaison" de la majorité annoncé par l'Elysée, y voyant un "réseau de cuisine politique" et déclarant à la presse dans les couloirs de l'Assemblée : "Ce n'est pas la fonction du président de la République d'être un animateur des partis politiques". La fonction du président devrait être au-dessus des partis, il ne devrait pas être un des acteurs. Le MoDem n'est pas englué dans ce réseau de cuisine politique de la majorité. Les militants du MoDem sont libres et indépendants".

Ces manoeuvres dépassent les bornes, les limites acceptables de la tactique politicienne élevée à l'école de Machiavel. Les journalistes, la presse et les médias, les journaux citoyens, devraient relayer cette note et dénoncer cet abus du gouvernement, cette honte à la démocratie, qui salit la vie politique et en dégoûte les Français.

Il ne s'agit pas ici de défendre personnellement Monsieur Bayrou, seul contre tous, mais de défendre la République et la Démocratie, d'imposer un peu de moralité en politique !

Je relaie aussi le message des Démocrates :

"Devant les attaques répétées et injustifiées visant le Mouvement Démocrate , et à travers lui François Bayrou ,nous adhérents ou sympathisants déclaront soutenir ceux qui ,à la tête ce de ce mouvement, continuent de résister à la politique de la compromission. Nous souhaitons leur réaffirmer ici notre soutien, leur adresser nos encouragements et témoigner de notre volonté d'avancer. Ceux qui choisissent la voie de la facilité et de la servilité ne font que nous renforcer dans l'idée qu'il est grand temps de faire de la politique autrement. Quoiqu'il arrive, nous affirmons être fiers d'être MODEM et nous continuerons à travailler au renouveau politique de notre pays, pour que le projet d'espoir devienne réalité pour chacun."

05.03.2008

Le « partenariat politique » : Marielle de Sarnez propose une nouvelle façon de gouverner

565382218.jpgCe que propose Marielle de Sarnez a été entendu à la Mutualité le 4 mars 2007 comme une main tendue à Bertrand Delanoë, néanmoins discrète et prudente, sans citer son nom ni le terme d’alliance. Mais au-delà des ententes politiciennes et de l’enjeu des municipales, ce terme a pour moi un retentissement immense, qui dépasse de loin ces deux simples mots que certains entendent peut-être comme venu du langage politiquement correct. Il résonne comme le signal original et prometteur d’une nouvelle façon de faire de la politique « vraie », axée sur le projet, les sujets de fond, avec un débat démocratique entre représentants des citoyens, et de corriger en même temps les injustices d’un scrutin insuffisamment proportionnel pour représenter les courants politiques dans les conseils municipaux. Et ceci pas seulement à Paris  

 

En effet, Si le 1er tour des municipales permet au MoDem d’affirmer son identité, son indépendance, la voie politique nouvelle qu’il propose en France, quelle est l’alternative pour le MoDem au 2ème tour, que ce soit à Paris ou dans d’autres villes ?

-         si la liste MoDem a fait un score inférieur à 10%, elle ne peut se maintenir. Deux cas se présentent :

o       Soit le score, même faible, est susceptible de faire le choix du vainqueur en cas de report des voix. Dans ce cas la négociation peut laisser espérer quand même des candidats du MoDem en position éligible sur la liste de celui que nous préférons soutenir, au moins égal en % de sièges au score du 1er tour pour pouvoir représenter les citoyens qui ont voté pour le MoDem à la proportionnelle. Sous condition d’une convergence sur le projet municipal, les valeurs et la manière de conduire la politique, d’un partenariat où le MoDem sera écouté et respecté, pèsera dans le débat et dans les décisions.

o       Soit le score du MoDem ne représente pas d’enjeu significatif. Cependant, dans la mesure où une liste concurrente peut s’avérer plus ou moins convergente avec la nôtre en terme de contenu de projet et de valeurs personnelles du candidat tête de liste, il ne faut pas s’interdire de dire notre avis en toute transparence et ceci sans étiquette partisane. Sachant que les électeurs du MoDem jugeront eux-mêmes, en toute conscience.

-         Si la liste MoDem a fait un score supérieur à 10%, elle a le choix entre :

o       Soit se maintenir (triangulaires), ce qui implique en cas de non victoire, si les électeurs se maintiennent, obtenir en gros la moitié de son score du 1er tour en représentation au conseil municipal du fait de la règle du scrutin, donc la moitié de proportionnelle, se retrouvant dans l’opposition municipale,

o       Soit faire un « partenariat » avec une voire plusieurs autres listes, en s’accordant sur un projet minimum commun et sur un nombre de candidats qui au moins assurerait une représentation proportionnelle au conseil, donc deux fois plus qu’en étant dans l’opposition. Mais là également, la logique politique du MoDem veut que ce soit à condition d’une convergence forte de projet, d’un accord sur les points principaux concernant les enjeux de la ville, et d’une attitude politique positive, constructive, pluraliste, d’écoute, de débat et de respect et non de positions sectaires sur les décisions à prendre. Deux cas se présentent à nouveau :

§         Notre partenariat permet de faire le choix du vainqueur. La préférence sera, dans l’esprit que défend le MoDem, non pas sur des étiquettes partisanes mais sur le contenu du projet et la personnalité du candidat. La négociation sur le contenu de projet et sur le nombre de candidats éligibles est bien sûr plus favorable. Le résultat final répond mieux à nos attentes pour l’intérêt général de la ville.

§         Une liste concurrence est réputée d’avance gagnante même sans les voix du MoDem, le Modem arrivant en 2ème ou en 3ème position sans qu’une union des deux perdants ne puisse faire basculer le résultat attendu. Deux cas :

·        Si nous ne nous sentons pas de convergence avec cette liste, alors que nous en avons plus avec la seconde en lisse, il reste à voir quelle image nous voulons donner aux citoyens, l’identité de l’étiquette ou la volonté de s’entendre ensemble avec un « concurrent » qui partage des idées communes sur un socle commun, quelle que soit l’issue a priori défavorable du scrutin,

·        Si nous la préférons à la deuxième et que pouvons nous entendre, que nous partageons l’essentiel des valeurs et du programme, nous devons préférer un partenariat (préservant néanmoins l’identité du MoDem) qui sera plus constructif qu’une action dans l’opposition. La liste de partenaires vainqueurs y gagnera en rassemblant plus de citoyens. Si la liste d’union permet au MoDem d’avoir autant de postes éligibles que si elle avait été dans l’opposition (supposé en % des sièges la moitié de son score du 1er tour hormis l’effet de report des listes éliminées), elle ne perd pas de voix au conseil tout en participant de façon plus constructive. Si elle veut démontrer aux citoyens qu’elle est vraiment démocratique, la liste du présupposé gagnant devrait lui proposer plus pour rapprocher sa représentation d’un score proportionnel.

 

Finalement, c’est dans le premier ou le dernier cas de figure que se trouvera le MoDem à Paris, en faveur du PS, globalement, même si dans certains arrondissements, en particulier de l’Ouest Parisien on suppose l’UMP devoir l’emporter.

 

Marielle de Sarnez, dans son discours, a rappelé les grandes lignes de son programme et a fait état en synthèse des convergences et divergences comparées entre le bilan passé et le programme de l’UMP d’une part et du PS d’autre part. « Y-a-pas photo », comme on dit ! Je trouve qu’elle a absolument raison ; tant en terme de contenu que d’attitude politique, d’ouverture versus sectarisme, c’est avec celui du PS donc de B.Delanoë que nous avons le plus de points communs, de valeurs communes, même si des désaccords subsistent sur la circulation et les parkings, sur la prise en compte des classes moyennes, …  Cependant, on ne demande pas malheureusement au citoyen parisien de voter pour le Maire de Paris, mais pour le maire de son arrondissement…

 

Et le message de Marielle n’invitait pas pour autant les candidats têtes de liste du MoDem à Paris à faire un partenariat systématique avec le PS, ni ses électeurs du MoDem à voter PS au 2ème tour, mais de suivre un code de conduite citoyen réellement basé sur l’adhésion aux valeurs et au contenu de programme ainsi qu’à la personnalité, l’éthique des candidats.

 

D’ailleurs, les élus ou candidats du MoDem voudraient-ils faire autrement, les électeurs du MoDem, eux, voteront en toute conscience dans cet esprit et leurs voix ne sont pas négociables ! Et reprenant René Char, disons aux candidats du MoDem ; « impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque ! »

 

Finalement, ce que propose Marielle devrait être le B-A-BA de la politique. Et c’est pourtant aujourd’hui une idée RE-VO-LU-TION-NAIRE !

26.01.2008

A Monsieur Jacques Attali, sur le rapport de la Commission pour la Libéralisation de la Croissance en France

26eb46d1bb553baa6621ce8c78ac9d25.jpgLe rapport que vous venez de rendre public et de remettre au Président de la République, fait l’objet de nombreuses réactions, aussi bien de la part de personnes politiquement situées dans la majorité que dans l’opposition, ainsi que de la part de professions directement visées par des mesures proposées. 
 

Reconnaissons tous au moins le mérite de cette réflexion, d'une commission spécialisée composée de membres compétents, sur la question de la croissance, de la relance de l'économie et de l'emploi en France, avec une synthèse de l'état des lieux dans ce contexte de mondialisation et des propositions intéressantes à étudier. Il ne faut pas prendre ses propositions  "à la lettre". Elles doivent absolument faire l'objet de discussions, constructives plutôt que polémiques, dans un esprit de consensus visant l’intérêt général, au Parlement (Sénat et Assemblée), ainsi qu’avec des organisations professionnelles, syndicales, associations de consommateurs, qui représentent les citoyens. Les adopter par ordonnance ou par simple enregistrement à l'Assemblée sans discussion préalable serait une erreur. Elles ne peuvent être efficaces qu'avec l'approbation de la population.

J’ai lu ce rapport. J’en critiquerais pour ma part les points suivants :

- la partie consacrée aux entreprises (PME) ne me semble pas assez développée (bien sur la réduction des délais de paiement et le statut fiscal simplifié pour les PME<CA de 100 000 €, mais développement  insuffisant sur un Small Business Act à la Française, sur l’ouverture aux marchés publics, sur la nature et l’ampleur de la baisse des charges sociales, de nouveaux outils de financement  pour les PME...) ; pourquoi ne pas reprendre l'idée des deux emplois sans charges proposée par François Bayrou, qui avait été plébiscitée par le panel d'économistes dans l'Expansion , ainsi qu'une défiscalisation des brevets d'invention, et des mesures sur l'élargissement de l'intéressement des salariés au bénéfice de l'entreprise ?

- rien concernant l'hyperfinanciarisation de l'économie dans le contexte mondialisé et nécessitant de prendre en compte le développement durable (l'environnement et l'écologie sont plutôt abordés comme opportunités de nouveau business que comme une contrainte à imposer au système économique pour garantir notre lendemain dans tout projet de croissance, en témoigne la proposition de suppression du principe de précaution (OGM)), la motivation du capitalisme d'aujourd'hui n'étant plus celle d'un capitalisme industriel visant une rentabilité à long terme de l'entreprise sur de vrais projets industriesl, mais la rentabilité à court terme, un objectif de ROE minimum de 15% (intenable économiquement sur la durée). Le monde est devenu une sorte de grand casino où on mise sur la valeur spéculée, anticipée, sur ce que le marché va croire et non plus sur une valeur économique réelle des entreprises. Les paradis fiscaux contribuent à l'évasion fiscale et au blanchiment. Dénonçons (car ne contribuent pas à la croissance) les parachutes dorés et les stocks options faramineux et non justifiés de patrons qui se les auto-attribuent en co-participant aux conseils d'administration de leurs pairs et qui forment ainsi la nouvelle aristocratie des temps modernes, la ploutocratie qui domine le monde jusqu'à la presse et les médias. Et ce n'est pas la généralisation des stock-options aux salariés (évidemment des miettes à côté de celles des patrons) qui pourra, au motif d'égalisation du dispositif, légitimer ce dispositif. Le rapport aurait dû aborder tous ces sujets !

- la flexsécurité (souplesse pour mettre fin au contrat de travail contre sécurisation assurée par la rémunération du "chercheur d'emploi" et formation et aide pour retrouver un emploi) : est-elle étendue à un ex chef d'entreprise ou indépendant, commerçant ou profession libérale ? Bien souvent, un ex salarié n'ose pas se lancer dans une entreprise à son compte car il a peur de perdre ses droits au chômage si son affaire ne marche pas. Je n’arrive pas en lisant entre les lignes du rapport à voir si ce cas est prévu, sécurisant les professions non salariées et motivant la prise de risque.

- certaines propositions sont plus des voeux pieux que des mesures concrètes, notamment celles sur l'éducation visant à acquérir un socle de connaissances en primaire. Il faudrait parler des méthodes d’éducation (échec de la méthode globale…), de la lecture abandonnée au profit de la télévision et des jeux vidéos, impliquant baisse du niveau culturel et sédentarisation (donc obésité), donc parler aussi de l’éducation familiale et sociale …

- Certains points proposés me paraissent engendrer plus de problèmes que d'avantages quant à l'emploi et la croissance : 

La déréglementation concernant la grande distribution, soit disant pour faire baisser les prix en bénéficiant au pouvoir d'achat, risque à nouveau de mettre la pression sur les producteurs, en position de soumission et de faiblesse face à ces géants de la distribution, de nuire à la qualité de l'alimentation, d'anéantir le petit commerce de proximité qui est important pour la cohésion du tissu social.

La proposition de déréglementer  les professions soumises à autorisation ou à quota comme les taxis, les pharmaciens, les notaires, doit être argumentée plus finement et nuancée (raison initiale du quota, par exemple éviter circulation dense en ville, maintenir un niveau élevé de compétence pour un niveau de besoin de population suffisant,...) et la manière de lever les quotas sans trop déstabiliser la profession et les utilisateurs des services devrait être définie (progressivité, rachat des licences au prix actuel pour revente de plus de licences à un prix moindre?...). Combien d'emplois concernés et pour quelle croissance attendue (impact minime à mon avis au regard de la déstabilisation attendue) ?

L'ouverture massive à l'immigration sur des qualifications recherchées (universitaires, santé, bâtiment,hôtellerie) doit être étudiée avec plus de prudence : concernant les qualifications supérieures, cela entraîne une fuite des cerveaux et des cadres dans les pays en développement, notamment en Afrique, qui en ont absolument besoin pour se développer chez eux, afin que ces pays s'en sortent et que la France puisse in fine endiguer l'immigration non souhaitée ; concernant les secteurs ayant des manques de qualification et de main d'oeuvre en France, pourquoi ne pas proposer plutôt d'orienter et de former les chercheurs d'emplois vers ces professions ? De plus l'immigration massive à bas coûts va faire fortement baisser les salaires des personnes employées dans ces professions, comme aux USA, et engendrer des problèmes sociaux d'intégration, de logement, etc.


- les Ecopolis, villes vertes créées de toute pièces, me paraissent une idée surtout médiatique, risquant d'engendrer les mêmes problèmes que les villes nouvelles en grande banlieue. Ne vaut-il pas mieux investir dans des villes actuelles en insérant progressivement dans le tissu social et urbain existant des infrastructures écologiques, des nouvelles énergies, des nouveaux modes d'habitats,... Est-ce que l'avenir est de construire de nouvelles villes vitrines  flambant neuf puis de demander aux habitants des villes anciennes de migrer vers les nouvelles villes ? Irréaliste …

- de nombreux points n'ont pas de rapport la croissance (ou très indirectement, alors il faudrait expliquer) avec : suppression des départements, de la carte scolaire, éducateurs en crèche, ...

- chiffrage du financement et des économies relatifs à chaque  proposition ? Je ne l'ai pas vu dans le rapport (annexe ?). C'est important notamment si certaines mesures ne sont pas retenues et d'autres oui. Il faudrait faire les comptes ... C’est bien d’avoir remis en avant le problème du déficit et de la dette publique, qu’il faut absolument endiguer (baisse du déficit de 1% du PIB par an, soit 20 milliards par an, comme le proposait François Bayrou), mais comment le financer en même temps que les investissements proposés dans l’innovation et l’éducation, la flexsécurité,, les villes Ecopolis, les constructions de logements sociaux, l’évaluation de tous les services publics,… ?
Et rien sur une taxe carbone ?
Et quelle ampleur, quelle différenciation selon les produits et services, et quel impact de la hausse de la CSG et d’une TVA sociale, sur la compensation de la baisse des charges des entreprises et sur le pouvoir d’achat des catégories moins favorisées ?


Bref, discutons, argumentons, justifions, proposons, et … décidons en connaissance de cause et dans le consensus, dans une société réconciliée !

                                                            Marie-Anne Kraft (Saint-Maur-des-Fossés)
                                                                      Citoyenne responsable et constructive
                                                                    ESSEC promo 82, cadre dans la Finance, 
                                                                       
Mère de famille, membre du MoDem

17.01.2008

Lettre ouverte de militants du MoDem à Jean-Marie-Cavada

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Nous vous avions soutenu lors des élections législatives à Saint-Maur / Créteil / Bonneuil dans le Val de Marne. Vous représentiez pour nous des valeurs, une compétence, une image, un soutien exemplaire de François Bayrou et du Mouvement Démocrate. Et nous étions fiers de mener ce combat à vos côtés, ne comptant pas notre temps, tractant par tous les temps sur les marchés et dans les gares, le week-end et en semaine, participant aux multiples réunions et débats, animant votre blog de soutien militant. A l’époque, vous sembliez très attaché à vos responsabilités au Parlement Européen, néanmoins prêt à les quitter en cas de victoire aux législatives en France, jugeant l’enjeu très important pour le MoDem et pour que la France fasse avancer le projet européen, et vous vous étiez déclaré absolument pas intéressé par un mandat local de Maire, laissant donc entendre qu’il n’y aurait pas de suite à votre candidature aux élections municipales, quelle que fût l’issue des législatives.

Une chose nous avait intrigués: votre sympathie très affirmée à l’égard de Nicolas Sarkozy, proclamé publiquement comme une de vos plus proches amis, avec lequel vous avez souvent passé des vacances à Arcachon. Tout en faisant également le panégyrique de François Bayrou, de son courage, de son honnêteté et de sa droiture. Nous avons cependant aussi noté deux autres points : votre rancune à l’égard de François Bayrou qui n’aurait pas dû selon vous dire qu’il ne voterait pas pour Nicolas Sarkozy au second tour des présidentielles, et votre refus de partager le pouvoir au MoDem avec Marielle de Sarnez. Nous redoutions déjà une rupture …

Vous avez attendu la formation des candidatures aux municipales pour soudain basculer de camp et vous déclarer candidat tête de liste UMP aux municipales de Paris dans le XIIème arrondissement, que vous n’habitez pas puisque vous résidez à Neuilly-sur-Seine.

Nous respectons vos choix. Ce que nous ne pouvons pas comprendre, c’est la raison de votre décision, vos arguments nous paraissant incohérents, votre discours dévoilant vos palinodies, ou disons un désaveu.

Vous étiez parfaitement en ligne avec les valeurs et le programme du Mouvement Démocrate, qui sont très différentes de ce qu’a exprimé et met en œuvre l’UMP et le gouvernement Sarkozy. Pourtant, au motif de préférer être du côté du gouvernement pour défendre plus efficacement les idées qui ne sont pas les siennes, vous ralliez donc un camp dont vous savez bien qu’il est très difficile de faire valoir des idées contradictoires, comme nous en avons la preuve avec le Nouveau Centre, Bernard Kouchner et bien d’autres. Les députés ex-MoDem ralliés au gouvernement utilisaient les mêmes arguments que vous, proclamant avoir conservé les mêmes valeurs et programmes initialement du MoDem, et n’arrivent plus à se faire écouter, allant même jusqu’à l’autocensure, leur porte-parole François Sauvadet refusant à plusieurs reprise de faire valoir des demandes de ses pairs. On se demande aussi pourquoi vous n’avez pas rejoint ce Nouveau Centre … Sans doute car il est déjà doté d’un chef, Hervé Morin. Vous prétendez à présent vouloir fédérer les centristes, le centre gauche, bref, les démocrates …

Reconnaissez également que le principal intérêt de Nicolas Sarkozy à votre recrutement était bien celui de « casser » Bayrou et son Mouvement Démocrate, et diviser le centre comme la gauche par ces débauchages pour mieux régner sans partage et désamorcer l’opposition.

Vous venez d’annoncer hier le lancement d’un « forum d’action » ou encore d’une « structure de travail » appelée maintenant « Avenir Démocrate » (remplaçant donc le « Alliance des citoyens pour la démocratie » suivi du « Action citoyenne pour la démocratie en Europe » annoncé récemment ?). Le plagiat devient caricatural…

Quant à votre propre intérêt, puisque vous n’étiez pas motivé, selon vos propres dires, par un mandat local, il est probablement à chercher du côté de la promesse d’autres fonctions, d’un poste ministériel, tout en faisant plaisir à votre ami Sarkozy, en rejoignant sa cour.

Et enfin ce que nous ne pouvons admettre, ce sont toutes les critiques venimeuses et pleines de fiel que vous avez soudain étalées sur la place publique à l’égard de François Bayrou, critiques de surcroît infondées et dites sur un ton si passionnel qu’elles ne pouvaient qu’éveiller la suspicion de leur auditoire.

Rappelons quelques-unes unes de ces phrases assassines :

«J’ai voulu accompagner François Bayrou jusqu’aux limites de la loyauté, pour des raisons essentiellement humaines et par fidélité aux militants. […] Mais aujourd’hui, j’ai épuisé tous les recours de la loyauté.»
« J’ai voulu créer une structure pour accueillir les militants du MoDem en déshérence » 
 «François Bayrou a un programme romantique mais un tempérament qui lui fait refuser l’obstacle de la décision. S’il avait voulu que ses idées prévalent, il aurait pu négocier une alliance avec le gouvernement. […] Il s’y est refusé.» 
 "Nous voulons écarter les diseurs de bonne aventure, ceux que j'ai appelés les télévangélistes, qui observent, dénoncent, critiquent, et invoquent un avenir meilleur, mais se refusent à passer à l'action" et sont "focalisés" sur la prochaine échéance présidentielle."
«Je refuse que les militants de l’UDF-MoDem soient sacrifiés aux négociations municipales ou à l’échéance présidentielle de 2012»
Je vous ai même entendu dire que vous proposiez une porte de sortie aux militants du MoDem, que Bayrou envoie « à l’abattoir » en ne pensant qu’à son élection en 2012.

Trop, c’est trop ! Bayrou n’est pas un boucher et nous ne sommes ni des gogos ni des brebis égarées que l’on va bientôt égorger ! Un peu de décence aurait été plus conforme à l’image que vous donnez habituellement de vous ! La calomnie ne fait pas partie du registre des valeurs du Mouvement Démocrate, aussi cette lettre vise-t-elle à répondre à cette vilaine et indigne attitude sans pour autant vous retourner de telles paroles haineuses. Je peux vous affirmer que les militants du MoDem sont en très grande majorité très déçus de votre attitude, jugée méprisante non seulement à l’égard de François Bayrou, mais aussi à leur égard.

Par votre comportement, vous avez non seulement participé à la division et non au rassemblement des forces démocrates du pays, mais vous avez fait perdre à la France un poste important de présidence de Commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures du Parlement Européen, car votre ralliement à l’UMP, affilié au parti conservateur européen PPE-DE, a provoqué de vives réactions de la part de vos pairs européens démocrates de l’ADLE, vous obligeant à démissionner du poste le 15 janvier dernier, et de ce fait c’est probablement un député belge (Gérard Deprez) qui vous remplacera.

De surcroît, vous donnez aux citoyens une piètre image de la politique, laissant accroire que l’attrait des postes est plus fort que les valeurs, les idées que l’on défend, la loyauté.

Depuis votre défection, vous ne nous avez pas rappelés ni envoyé vos vœux, probablement persuadé que notre accueil ne serait pas chaleureux ou bien peut-être nous avez-vous complètement oubliés.

Nous vous souhaitons quand même une bonne année 2008, avec plus de cœur et moins de rancœur, et avons même composé pour vous et Hervé Morin ces quelques alexandrins :

Tous ceux-là, malgré la réception des honneurs,
Devraient méditer sur ce bel antique adage
Qui rappelle que nul même sous projecteurs
N'est à l'abri d'une chute après les hommages :
Le "Arx tarpeia Capitoli proxima " :
"La Roche Tarpéienne est près du Capitole"
Voilà ce dont prévient, maxime a minima,
Que même la tête des vrais preux dégringole.

L'adulé d'aujourd'hui peut être honni demain,
Quand le banni d'hier a aujourd'hui la main !

 

                    Marie-Anne Kraft et des militants MoDem de Saint-Maur (94)

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