08.05.2007

De l’effet Bayrou au Mouvement démocrate : illusion ou véritable refondation ?

Bilan de cette élection présidentielle : Sarkozy est élu brillamment, finalement pas de surprise cette fois ; Royal est sauvée par un score honorable même s’il cache des querelles intestines au PS ; Bayrou, malgré ses presque 20% de suffrages exprimés au 1er tour, est ignoré voire censuré par les médias dès l’élection passée, ces derniers entretenant l’illusion que le clivage gauche-droite s’est renforcé et que le centre n’existe plus ou est sérieusement menacé. Or, analysons ce qu’il se passe. Un séisme peut se produire dans la recomposition du paysage politique français et réserver la fameuse surprise pour les législatives …

 

Gauche, droite, centre : que signifient à présent ces termes ?

 

Avant que tombe le mur de Berlin, l’antagonisme entre les modèles de gauche et de droite avaient une signification idéologique, opposant :

 

-         pour la gauche, un modèle de société basé sur une idéologie communiste ou socialiste basée sur l’appropriation par l’Etat des moyens de production et la distribution équitable des richesses aux citoyens et passant forcément au début, comme le justifiait Karl Marx, par une « dictature du prolétariat » (version du communisme appliquée en Union Soviétique et en République Chinoise),

 

-         pour la droite, un modèle de société basé sur le libre-échange, le capitalisme (les moyens de production étant détenus par des propriétaires privés tirant des revenus du placement de leur capital, récompensant un risque), la concurrence des marchés, devant mener par une sorte de loi naturelle à une croissance permanente et un enrichissement optimum des actionnaires et des travailleurs-consommateurs.

 

Ces deux modèles extrêmes ont prouvé leurs limites et c’est le deuxième qui s’est imposé sur la planète : effondrement du bloc de l’Est, privatisation de ses entreprises (au bénéfice d’une nouvelle caste de privilégiés) en même temps que la population s’est paupérisée et a vu son espérance de vie baisser de 4 ans, ouverture de la Chine au capitalisme, préservant néanmoins une « dictature du prolétariat » et développant une nouvelle forme d’esclavage. Le capitalisme est devenu dominant et s’est étendu à toute la planète, nourri par la mondialisation des capitaux et des échanges. Mais en même temps qu’il a prouvé une certaine efficacité motrice sur la croissance matérielle, l’enrichissement global (croissance mondiale de +5% par an ces dernières années), il a aussi mis à jour un accroissement des inégalités sociales, entre les revenus du capital et ceux du travail, une inefficacité à trouver un équilibre entre l’adéquation de l’offre et de la demande sur l’emploi, les compétences requises, une aggravation des inégalités entre les pays riches et les pays pauvres en terme de niveau de vie et d’accès à la santé, une priorisation du profit à court terme sur le long terme (difficulté à investir à long terme dans l’entreprise et pour répondre aux contraintes de l’environnement durable).

 

Lorsque l’on parle maintenant de « gauche » et de « droite », les références sont plutôt devenues :

 

-         pour la gauche, un modèle de société de type « scandinave », où un système capitaliste encourageant l’entreprise privée cohabite avec un Etat qui joue un rôle important dans sa fonction protectrice et re-distributrice des richesses : impôts élevés, protection importante en cas de chômage associée à une possibilité pour l’entreprise de facilement  licencier et à un accompagnement actif du chômeur pour retrouver du travail.  L’homme, le respect de sa personne, est une valeur prioritaire. Ces sociétés ont un véritable fonctionnement démocratique et bénéficient d’une forte implication de la population dans la vie politique et civile, la représentation syndicale, permettant une médiation véritable entre les citoyens et l’Etat pour une meilleure concertation préalable sur les réformes à effectuer et, partant, de l’adhésion de la population à ces réformes.

 

-         pour la droite, un modèle de société ultra-libéral de type « anglo-saxon ». Ce modèle met l’enrichissement matériel au centre des priorités, privilégie la rémunération du capital sur le travail, fonctionne sur la domination des pouvoirs financiers, débouchant en général sur une connivence de ces derniers avec les médias, eux-mêmes entreprises privées soumises à la loi de l’actionnaire, et n’a fait que renforcer les inégalités sociales.

 

Ces deux modèles ont prouvé qu’ils peuvent fonctionner et co-exister dans un monde globalement mondialisé. Faudrait-il encore pouvoir mesurer le niveau de « bonheur de la population dans les deux cas… Mais on a vu le modèle scandinave récemment se « droitiser » et le modèle anglo-saxon s’effriter et souffrir d’un rejet de la population quant à ses dérives (rejet de Bush, Blair, Berlusconi, Aznar,…).

On a vu aussi émerger récemment en Europe (Allemagne, Italie, Espagne…) un nouveau modèle : celui des gouvernements d’union, de coalition « droite-gauche », de sociaux démocrates, qui finalement combinent les avantages du système libéral et de la flexibilité de l’emploi et les gardes fous aux dérives de ce système, une protection sociale garantie, une gestion saine et une démocratie respectée, favorisant l’expression des différents courants politiques du pays et une concertation entre eux pour proposer et valider les réformes, garantissant un meilleur consensus et une adhésion de la population, donc une paix sociale, tout en relançant l’économie et sa croissance.

 

Or, c’est justement ce type de modèle que propose le centre, représenté par François Bayrou. Et il ne s’agit pas seulement de défendre des valeurs où l’homme est remis au centre des priorités, tout en préservant la croissance des entreprises, l’ordre et une gestion saine des finances publiques, mais il s’agit également de préserver la démocratie et de proposer une nouvelle façon de gouverner où la représentation des différents courants politiques est garantie, où un consensus est assuré, où la population est responsabilisée et impliquée.

 

Alors que Sarkozy représente le modèle anglo-saxon ultra-libéral justement rejeté chez nos voisins. Bien qu’il essaie de combler son excès d’autorité par une apparente sympathie et son accaparation du pouvoir par une illusoire invitation à sa majorité d’un pôle du centre et même d’un pôle de gauche, sa proposition de réforme des institutions est très timide comparée à celles de François Bayrou et de Ségolène Royal pour garantir la représentation parlementaire, et la connivence qu’il entretient avec le monde financier et des médias ne sera que renforcée, menaçant gravement notre démocratie.

 

Ségolène Royal de son côté, a tenté de promouvoir un modèle « scandinave » mais dans une société qui n’est sans doute pas prête à fonctionner ainsi, la représentation syndicale étant très faible, l’assistanat et la déresponsabilisation face à un Etat trop coûteux ayant gangrené le système. Elle a été tiraillée d’un côté entre cet appel au centre, dévoilant entre les deux tours une soudaine sympathie pour François Bayrou et ses idées, les encouragements des rénovateurs, de Bernard Kouchner, Michel Rocard, Claude Allègre, des Gracques, du mouvement Spartacus, et de l’autre côté  les rappels à l’ordre des éléphants conservateurs (Hollande, Jospin, Fabius, Emmanuelli, Mélenchon…). Le PS n’est pas uni comme il veut faire semblant de l’être. Il y a bien en son sein un courant proche du « centre », social-démocrate et européen, dans le même courant que François Bayrou, et également un courant conservateur dépassé, anti-européen, croyant en un Etat omnipotent qui peut tout régenter et se financer par l’impôt et la dette.

 

Ce courant du « centre », que l’on baptise maintenant plus volontiers « centre-gauche », existe bel et bien. Les médias cherchent à l’étouffer (mais vous savez qui tient ces médias !). La majorité des élus centristes UDF a soutenu le vote Sarkozy après le 1er tour, sans même d’ailleurs attendre l’issue des débats Royal-Bayrou et Royal-Sarkozy. Car on sait que leur réélection aux prochaines législatives dépend de la concurrence d’un candidat UMP, et Sarkozy ne cache même pas le chantage qui leur est fait. Ils font croire que Bayrou a dérivé de sa ligne politique initiale, vers la gauche, justifiant ainsi leur ralliement à la « majorité présidentielle ». Or, Bayrou a parfaitement gardé la ligne de son discours, qui était déjà critique à l’égard de Sarkozy avant le 1er tour, quand ses élus le soutenaient en ce sens, Hervé Morin et Maurice Leroy les premiers. Le fait d’annoncer la création d’un nouveau parti pour succéder à l’UDF, plus ouvert à la fois à droite et à gauche (mais on l’a compris, surtout plus à gauche), et sans doute d’envisager une alliance avec le PS, voire des désistements réciproques aux législatives, imposait aux élus UDF d’officialiser leur choix et de saisir rapidement la proposition de Sarkozy. C’était programmé par l’UMP pour opérer une désertion en rase campagne des fidèles de Bayrou et affaiblir ce dernier aux législatives. C’est sans compter sur la résistance du Béarnais, et surtout le soutien et l’adhésion de ses électeurs qui, loin d’être des citoyens hésitant entre la soi-disant droite et la soi-disant gauche, ont entendu le projet d’espoir réaliste et démocratique qui leur était proposé et ne souhaitaient pas cette façon de gouverner de Sarkozy ni le projet du PS, même si le 2ème tour leur imposait de faire un choix cornélien !

 

Bayrou a en ce moment la meilleure cote de popularité (65% des Français souhaitent le voir jouer un rôle important dans la politique française, devant Sarkozy à 56% et Royal à 52%), il aurait, d’après les sondages, emporté la victoire au second tour à 55% à la fois contre Royal et contre Sarkozy s’il avait accédé à ce second tour. Ces chiffres prouvent qu’il aurait été le meilleur consensus pour satisfaire l’ensemble des français ou faire moins d’insatisfaits.

 

Si le PS avait fait sa révolution culturelle avant l’élection présidentielle et que les sociaux-démocrates du PS avaient rejoint Bayrou, ce centre démocrate aurait gagné l’élection. Il n’est pas trop tard pour les législatives. Mais le PS, déchiré en interne et désireux de garder bonne figure, va probablement essayer de montrer qu’il se rénove en proposant de créer un vaste rassemblement de la gauche et du centre au sein d’un parti vraiment « social-démocrate », comme le prône Pierre Moscovici.

 

François Bayrou réussira-t-il son pari de créer son nouveau Mouvement Démocrate sans aucun député sortant ? Ce mouvement sera-t-il nourri d’une part importante venant du PS ? L’UDF va-t-elle éclater, aspirée en partie par l’UMP et en partie par un PS « rénové », être englobée dans le Mouvement démocrate ou disparaître tout simplement ? Ceci avant l’échéance des législatives ou après, le deuxième tour donnant lieu éventuellement à des accords de désistement réciproques sur de nombreuses triangulaires (entre 400 et 500 sur 577 !) qui pourraient rendre possible, grâce à une alliance, une victoire de ce parti démocrate ou de l’association de ce parti et du PS, face à l’UMP. L’UMP, n’ayant pas la majorité parlementaire, pourrait devoir composer avec ces nouvelles forces alliées ou associées et le gouvernement se retrouver de fait obligé à l’union nationale, comme chez nos voisins,…avec Bayrou comme premier Ministre ?

 

04.03.2007

Comparaison des projets présidentiels

Ci-joint un document comparant les projets présidentiels de  Bayrou, Sarkozy, Royal,Le Pen par thème (tableau word, 31 pages, mis à jour le 11 février).

Merci de vos commentaires si j'ai oublié des points importants.

Si quelqu'un peut m'aider à le mettre sous forme HTML pour l'afficher directement sur le blog, ça serait sympa !

Vous pouvez aussi aller sur le site  http://www.votons.info , site interactif alimenté par les internautes, mais qui est à un niveau très détaillé et pour le moment encore incomplet.

Tableau_projets_compares_elections2007_V5.doc

De l'utilité du sondage pour démontrer que le vote utile...c'est Bayrou !

J'avais déjà souligné dans un article paru sur Agoravox le 3 janvier 2007 (
http://www.agoravox.fr/tb_receive.php3?id_article=17287) l'utilité du sondage pour contrer
l'argument du «  vote utile » en faveur de Ségolène Royal ou de Nicolas Sarkozy contre le risque
«  Le Pen au premier tour », dès l'instant que François Bayrou dépasserait Jean-Marie Le Pen dans
les sondages. Ceci a été confirmé. Bayrou est aujourd'hui à 19% et Le Pen à 12%, avec un effet
d'accélération en faveur de Bayrou.
Le paradoxe est que le « vote utile » s'inverse et devient le vote en faveur de Bayrou. Pourquoi ?

Il y a une semaine est paru un sondage qui faisait l'hypothèse d'une présence de Bayrou au second
tour contre Sarkozy ou Royal. Bayrou était donné gagnant à 54% contre Royal et à 52% contre Sarkozy
et 55% des français souhaitaient le voir présent au second tour.
Ce résultat n'a pas été beaucoup relayé dans la presse et à tout le moins a déclenché quelques
sarcasmes sur l'inanité de l'hypothèse de présence de Bayrou au second tour puisque le sondage le
donnait 3ème au 1er) tour.
 Or, cette hypothèse n'est pas absurde et le résultat de cette dernière va probablement même
enclencher un deuxième coup d'accélérateur en faveur de Bayrou. Car sur l'hypothèse probable du
duel Sarkozy-Royal au 1er) tour, le sondage donne Sarkozy gagnant au second tour. Par
conséquent, les électeurs de gauche peuvent légitimement voir l'intérêt de voter Bayrou dès le 1
er tour puisque c'est le seul à pouvoir battre Sarkozy
. C'est moins risqué
finalement que voter Royal en anticipant sa défaite !

Et dans le cas où les résultats de sondages s'inverseraient au profit de Royal plutôt que Sarkozy,
les électeurs de droite feraient le même raisonnement en se disant que Bayrou serait finalement
moins risqué qu'un vote Sarkozy donné perdant devant Royal?

Conclusion  : dans tous les cas, le vote utile, c'est le vote Bayrou pour les électeurs du clan
donné perdant !
Ce vote est d'autant plus utile qu'il en résulterait un minimum de mécontents.
Alors qu'un vote pour Sarkozy ou pour Royal divise les français en mettant au pouvoir un clan
auquel n'adhère que 1 Français sur 4.
Je pense sérieusement que Bayrou sera au 1er tour, et de surcroît que son score sera
le meilleur.

Quoiqu'il en soit, si François Bayrou est élu Président de la République, il ne prononcera
certainement pas la phrase de Nicolas Sarkozy lorsque ce dernier avait emporté la Mairie de Neuilly
sous le nez de Charles Pasqua : « Je les ai tous niqués ! ». Car François Bayrou n'est pas dans cet
esprit. Il n'a pas une machine de guerre ni une usine à tuer, il ne met pas en place d'observatoire
à failles des concurrents, il n'a pas une équipe d'experts en marketing qui analysent comment
séduire telles ou telles catégories de population ni de sbires qui rédigent ses discours et ses
promesses en les ajustant aux désirs d'avenir des français. Et cela les Français le savent. Ils ne
sont pas dupes.

11.02.2007

Message de Marianne (la République) aux citoyens français

Chère Citoyenne, cher Citoyen,

Nous avons prochainement un rendez-vous important : le 22 avril et le 6 mai 2007, pour l’élection présidentielle. Puis un autre également le 10 et 17 juin 2007 pour les législatives.
Par ton vote, tu vas m’unir pour cinq ans à un homme ou à une femme, qui je l’espère me respectera et aimera la France et les Français, n’abusera pas de son pouvoir à des fins personnelles et partisanes, et m’aidera à refonder notre démocratie, réconcilier la société française et reconstruire son économie. Tu auras ensuite à choisir ton représentant à l’Assemblée Nationale, auquel tu délègueras le pouvoir de discuter et de voter des lois et de veiller à leur application. N’oublie jamais que le pouvoir t’appartient, Citoyen, et qu’en cet instant solennel le destin de la France est entre tes mains ! C’est assez rare que je m’adresse à toi ainsi en direct, depuis ma naissance en 1792. Je profite des nouveaux médias mis à ma disposition, notamment Internet et les journaux encore « libres », pour te rappeler les droits de l’homme et du citoyen et t’aider à préparer ce rendez-vous. Ainsi souviens-toi de ma devise, inscrite sur tous les frontons des mairies et des écoles de nos villes et de nos villages : « Liberté, Egalité, Fraternité ».

LIBERTE « La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui » (art.6) « La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme » (art.11). « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions même religieuses » (art.10). De même, au-delà de la libre expression des pensées, la libre circulation des marchandises et des services est-elle une condition nécessaire au développement de l’économie française, européenne et mondiale, mais, à condition qu’elle ne nuise pas à la survie de l’homme et de la planète, ni aux principes d’égalité et de fraternité qui l’accompagnent, c'est-à-dire pas au détriment des plus pauvres et des plus démunis au profit des nantis, ni au détriment des générations futures.

EGALITE « Les hommes (j’ajouterai aussi les femmes !) naissent et demeurent libres et égaux en droits » (art.1).
Tous les citoyens français doivent pouvoir revendiquer cette égalité de droit, devant l’accès à l’éducation, à la santé, au logement, à la sécurité, aux services minimaux de transport et de communication, à l’information, à la vérité. Et ceci quels que soient leur sexe, leur couleur, leur origine, leur région, leur héritage patrimonial et culturel, leur niveau de revenu, leur réseau de relations.

FRATERNITE Si la liberté et l’égalité n’étaient pas associées à la fraternité, notre monde serait triste. Sans amour, l’homme moderne ne serait plus qu’une machine, un robot sans espoir, sans goût de vivre. Sans la solidarité, la somme des intérêts individuels ne serait plus égale à l’intérêt collectif, équation sans laquelle la survie même de l’être humain, de l’espèce humaine, n’est plus assurée.

Enfin, pour garantir la viabilité de cette République, gardienne de la démocratie, il faut préserver sa REPRESENTATIVITE et LEGITIMITE.

Premier principe : quelles que soient tes opinions, que tu aies déjà décidé ou non à qui déléguer ta confiance, il est important de VOTER. Ne pas le faire, c’est tuer la démocratie. S’abstenir, c’est stériliser la République. C ’est faire injure à tes ancêtres qui sont parfois morts pour avoir défendu ta liberté et ton pouvoir de choisir tes dirigeants.

Deuxième principe : être RESPONSABLE. Avant de voter, prends un minimum de temps à écouter les candidats, à lire leurs projets, à juger de leur fiabilité et de leur crédibilité. Ne te laisse pas influencer par les apparences, par des comportements partisans bornés, claniques ou courtisans. Ne te laisse pas infantiliser, ne brade pas ton vote pour des paroles prometteuses, flatteuses, mais menteuses.

Troisième principe : être IMPARTIAL. Pour cela, je te propose une méthode simple et efficace :
1-     compare les contenus des projets proposés, par thème. Exerce ta propre vision critique sur ces contenus, par rapport aux droits de l’homme exposés précédemment, sur leur cohérence, et sur les moyens financiers proposés pour la mise en application de ces contenus.
2-     Evalue la personnalité du candidat ou de la candidate, sa fiabilité, sa crédibilité, sa loyauté, son désintéressement et son dévouement pour la France , son humanité, et aussi sa force, sa façon de s’exprimer au nom de la France.
3-     Enfin regarde l’équipe dont s’entoure cet homme ou cette femme, la manière dont elle fonctionne. Ce sera sans doute ainsi que fonctionnera le futur gouvernement.

Un des premiers contenus de projet qui conditionne les autres car de lui dépend ta représentativité et la légitimité de cette délégation de pouvoir : c’est l’assainissement de mes institutions. Mes fondations sont usées, s’affaissent…Tu n’es peut-être même plus représenté au parlement à la hauteur de ce que tes idées pèsent dans ce pays. Tu as délégué tes pouvoirs à des députés qui parfois ne sont même pas présents au parlement pour discuter et voter les lois, et qui souvent perdent plus de temps à s’invectiver vivement en séance, qu’à s’écouter et dialoguer calmement et dans le respect que l’on doit à un interlocuteur, fut-il d’un autre avis que le sien. Il ne s’agit pas de mettre un « coup de peinture » sur ma façade mais bien de refaire une chape de bêton sous ma bâtisse lézardée.

Aux urnes, citoyen !

 

                                      Marianne ( la République )

Garantir l'indépendance et le pluralisme des médias

Artcicle publié sur AgoraVox le 16 janvier 2007 http://www.agoravox.fr/ecrire/articles.php3?id_article=17...

François Bayrou a été un des premiers à dénoncer les relations consanguines voire incestueuses entre les pouvoirs politique, économique et médiatique. Une de ses manifestations est le bipolarisme des médias en matière politique (le duo Ségo-Sarko). Voici des propositions concrètes pour lutter contre ce poison qui envenime la démocratie.
François Bayrou : Les médias suivent un mécanisme implacable : les minutes de télévision créent les bons sondages, qui eux-mêmes suscitent des articles qui engendrent les minutes de télévision. C’est un formatage qui pousse à la bipolarisation de la vie politique...

Je dénonce deux phénomènes :
D’abord, que les groupes qui possèdent des médias soient par ailleurs en affaire avec l’Etat : c’est une anomalie démocratique
qu’il y ait des liens de clientèle entre l’Etat et les groupes de presse, dans d’autres activités comme l’armement ou le bâtiment.
Deuxièmement, je dénonce la revendication des liens d’intimité entre les patrons de ces groupes de presse et certains hommes politiques.
Autant le second phénomène est une affaire de démarche personnelle, autant le premier peut se régler par la loi. Je propose une loi interdisant aux grands groupes qui vivent des commandes de l’Etat d’acquérir des entreprises de médias. »

Je proposerais même pour élargir le sujet :

OBJECTIFS :

-  favoriser le pluralisme de la presse et des chaînes et garantir leur indépendance ;

-  empêcher les positions dominantes, les trop fortes concentrations ;

-  empêcher la détention capitalistique de journaux de presse et de grands médias par des groupes vivant de commandes publiques (armement notamment) ;

-  veiller à ne pas sombrer dans la déculturation, l’abêtisation due à l’apauvrissement des programmes, le remplacement progressif des émissions éducatives, de réflexions, de savoir, par les jeux télévisés, les plateaux people, les télé-réalités.

PROPOSITIONS :

-  inscrire dans Constitution l’indépendance des médias par rapport aux pouvoirs économiques et politiques (en plus de celle entre l’exécutif, le législatif et le judiciaire, déjà mise à mal...) ;

-  étendre le rôle du CSA, de la même manière que l’AMF tient ce rôle pour protéger les épargnants de dérives de délits d’initiés, d’ententes entre investisseurs sur les opérations de bourse et de banque d’investissement. L’AMF veillerait à la surveillance capitalistique (un actionnaire peut en cacher un autre !) pour vérifier les concentrations abusives et les collusions d’intérêt, et le CSA imposerait des règles de programmation (par exemple quota minimum en prime time pour servir l’éducation, le savoir et la réflexion, comme le propose la rédaction du journal Marianne) et serait garant de leur respect, veillerait à ce que les journalistes de grands médias qui présentent les journaux télévisés et les émissions à caractère politique ne soient pas trop orientés politiquement ni personnellement trop liés à des personnages politiques... De plus, en cas de non-conformité au respect d’équité des temps d’antenne accordés aux candidats présumés (cf.communiqué de presse du CSA du 4 janvier 2007), il faudrait prévoir des sanctions en cas de non respect, avec une obligation de rééquilibrage et même de rattrapage de temps d’antenne des candidats lésés ;

-  trouver d’autres formes de financement aux grands médias et organes de presse, par exemple un financement "mutualisé", par les clients lecteurs et auditeurs, de la même façon qu’on peut l’envisager aussi pour des médias citoyens sur internet. Ceci existe dans le domaine de l’assurance et de la banque (mutuelles, crédit coopératif...) qui pourtant existent aussi en structure capitalistique.

Vote utile ou sondage utile ?

Article publié sur Agoravox le 3 janvier 2007 http://www.agoravox.fr/ecrire/articles.php3?id_article=17...

Les médias, y compris dans la manière de sonder l’opinion, nous enferment dans la bipolarité "Ségo-Sarko". L’argument ultime contre les autres alternatives est le "vote utile", pour ne pas diluer les voix et reproduire un second 21 avril 2002.

Je rencontre beaucoup de déçus du PS, notamment pro Strauss-Kahn, qui se sentent plus proches de Bayrou, de même des UMP déçus de Chirac et qui ont peur du personnage de Sarkozy, qui se sentent plus proches de Bayrou. Faites le test, il doit y en avoir 20% de chaque côté ! Ainsi François Bayrou fait son chemin et est de plus en plus écouté, même s’il bénéficie de peu d’espace médiatique.

Tant que Le Pen dépasse Bayrou dans les sondages, ces personnes ont peur, pour les premières d’un second tour Sarko-Le Pen, et pour les secondes d’un second tour Ségo-Le Pen. Les derniers sondages (IFOP 21/12/06) affichent en effet au premier tour 31% d’intentions pour Ségo, 29% pour Sarko, 11% pour Le Pen et 8% pour Bayrou. Mais si ces personnes annonçaient vraiment le choix de leur conscience sans peur du deuxième tour, les résultats du sondage deviendraient, sur l’hypothèse précédente : 25% pour Ségo, 23% pour Sarko et 20% pour Bayrou. Le risque du deuxième tour n’est donc plus d’avoir Le Pen au deuxième tour, mais Bayrou contre Ségo ou Sarko, ce qui devrait rassurer ces derniers ! Les sondés devraient donc mieux affirmer leur penchant sans peur du vote utile...

Sur l’hypothèse des récents meilleurs résultats de sondage pour Bayrou à 12%, et d’un basculement de 20% des électeurs du PS et de l’UMP sur Bayrou, ce dernier arriverait même à 24%, donc à égalité avec les deux autres !

Je propose donc de préférer le "sondage utile" au faux concept de "vote utile" !