25.01.2009
QUELLE CRISE ? QUELLE CHANCE ?
Réflexion sur la crise, par Jacques LAÏK , un ami humaniste
J'accueille sur mon blog Jacques Laïk, maintenant à la retraite, engagé comme moi pour construire un monde meilleur, plus juste et humaniste.
En langage simple et courant, celui du quotidien libéré des paroles contradictoires des experts et politiques qui se distinguent par un usage précieux des mots et des concepts et surtout leur assurance qu’ils détiennent La Vérité au moment même où le doute crée plus de désarrois que de certitudes. De quoi parlons-nous à propos de Crise ? Il y en a tellement dans la crise dite économique, l’économie réelle ( !), la financière, la production et laquelle, l’agriculture, l’industrielle, les services, l’éducation … ? La consommation laquelle, de qui, d’ici et ou d’ailleurs…qui commence à être l’objet de plans locaux et mondiaux. C’est peu dire que c’est un dossier névralgique au centre des équilibres, plutôt des déséquilibres économiques de tous les systèmes d’échanges globalement désignés par un mot (explosif) le Capitalisme. Ouf !!!
Des bleuets fanés au milieu des coquelicots financiers
Ce qui est communément admis aujourd’hui c’est que cette crise touche d’abord tout le système financier mondial par où les problèmes ont surgi comme une pousse vénéneuse, bien cachée des bourses flamboyantes avec cependant quelques échos des ravages circonscrits disait-on, une maladie contagieuse et ses premières manifestations du genre « traders » du type Kerviel qui fait perdre à sa société 5 milliards d’Euros sans que sa société ne s’en aperçoive . Depuis on a vu mieux et très fort, c’est 50 milliards de dollars avec Madoff et toutes les « toxiques » qui ont fini par envahir les champs bien cultivés comme peut l’être un champ sauvage de coquelicots rouges avant l’été et les moissons. Partout, partout, ces empoisonnements touchent les corps qui semblaient très florissants, ils s’appelaient Lehmann Brothers ou plus simplement près de chez nous, la Caisse d’Epargne et ses 6 à 700 millions d’Euros partis se faire une nouvelle vie… C’était il y a à peine quelques semaines cet été comme une touffe de végétation colorée mais étrangement fanée de bleuets au milieu de ces champs financiers, les nourriciers du monde planétaire développé !
Maladie et alternative, des remèdes ?
Au-delà des épithètes qui sont nées pour caractériser cette « maladie » du capitalisme d’un capitalisme dont le mot même avait un peu disparu de nos vocabulaires au profit des indices, des OPA, des restructurations, des rendements, des premiers licenciements dits économiques et des difficultés de l’OMC, de la dureté du FMI vis-à-vis des pays pauvres dont certains en voie d’émergence sont devenus la Chine, le Brésil, l’Inde mais tous les autres petits plongés dans la famine et le « sous-développement ». Qu’importent les niveaux de développement, le monde organisé et prospère y a fait face avec force de conférences, d’ONU, de G + + +. Et la vie continuait en surface pendant que la fièvre s’installait dans le siècle, la marmite commençait à donner des signes pas encore très inquiétants vu que des crises, loin de l’Europe comme des USA touchaient le Japon, l’Argentine, des dévaluations, des et des…quelques crises vite amorties avant la création de l’Euro, la bulle informatique … avant la grosse bulle des subprimes … Ma soeur Anne ne vois-tu rien venir ?
Et la crise vint. Non pas à cause d’un paradis fiscal d’où nous venait l’épidémie mais du pays du capitalisme triomphant du pays première puissance mondiale telle, que l’URSS n’y résista pas et disparut comme le « Mur » de Berlin en 1989. La preuve était donnée, depuis la plus lointaine antiquité jusqu’à l’époque moderne, l’économie de marché régnait en maître à tel point que l’on a pu lire que la Chine faisait du communisme capitaliste. La question est donc simple à énoncer :
Marché vieille comme le monde ? Non. Alors que faire ?
De l’agit-prop pour occuper les meilleurs sentiments de révolte contre les inégalités croissantes, ce qui est le propre de toute jeunesse.
La Potion Magique comme remède ?
Il y a bien des problèmes spécifiques comme les tentatives de moralisation du système dont la dernière réunion France Allemagne Blair du 8 janvier dernier qui a enfin mis au clair que la maladie capitaliste était planétaire et que c’est par une « gouvernance » économique planétaire que des remèdes pouvaient être recherchés et organisés pour la « corriger ». La « maladie » se guérirait par une correction. On trouverait bien la Potion Magique. De quel ordre serait le remède ? Moral, religieux, philosophique, quel économisme pourrait encore servir, l’ancien de J.Keynes, celui d’A.Greespan en faillite selon l’auteur lui-même lors d’un aveu public, du libéralisme contre le tout Etat ?
Un monde dans l’obscurité
Nous vivons dans l’obscurité des changements qui affectent notre pauvre Terre et son humanité par des gouvernances tâtonnantes, une bougie à la main quand le soleil de l’économie de la production du profit nous a rendus aveugles. Ne le savait-on pas ? Celui qui avait ouvert une voie claire sur la maladie capitaliste n’était ni libéral du renard dans le poulailler, ni socialiste ni marxiste. Jacques DUBOIN dans le début des années 50 avait osé faire le pronostic sur la maladie toute nouvelle du capitalisme. Il faisait état des changements inouïs intervenus dans les modes de production modernes, c’était la cybernétique un mot nouveau pour beaucoup dont les conséquences ont été la productivité considérable, pour l’époque, du travail humain au point d’oser affirmer que contrairement à la malédiction biblique « tu gagneras ton pain à la sueur de ton front » l’ère des machines remplacera l’homme jusqu’à l’idée fiction, mais pas totalement, que les machines sauront créer leurs propres usines. Son postulat de fond était que l’Abondance faisait irruption dans un monde encore soumis à la rareté source de guerres, de conflits et d’idéologies construites sur la pénurie. Le monde changeait, il sortait d’une guerre exterminatrice. Une société nouvelle émergeait, elle était comme le poussin obligé de casser sa coque pour s’épanouir. C’est bien notre société issue de tous les progrès des sciences et techniques qui faisait son entrée et franchissait le fossé considérable qu’étaient la réalité des pénuries, un monde neuf commençait à entrevoir la fin du vieux monde de l’insuffisance de productions, la rareté refluait et commençait à déboucher sur l’Abondance.
Rareté et abondance
Notre monde a changé. En effet l’Homme ne gagne plus son pain à la sueur de son front. Cela veut dire simplement que l’ère de la pénurie a pour certains pays disparu, voire des régions et fait place à l’ère de l’abondance. C’est le changement le plus important de l’histoire humaine, plus que le changement climatique dans l’immédiat. Ce changement considérable a fait de l’homme des cavernes l’homme de l’informatique, l’homme « numérique » et comme aimait à dire un syndicaliste : nous sommes passés de l’ère de la peine à l’ère de la panne.
Les conséquences de cette transformation sont inestimables et touchent tous nos modes de pensée. Pour donner un exemple, celui de l’autosuffisance alimentaire gagnée en Europe pose le problème des excédents de production, comme nous en trouvons ici même pour le blé voire les pêches, le vin, excédents qui conduisent non à soulager ceux qui manquent de pouvoir d’achat mais vont grossir ou les déchetteries ou parfois les Resto du Cœur. En somme, un monde fou ou de fous. On peut multiplier les exemples dans tous les domaines de la production moderne qui recherchent des débouchés nationaux ou mondiaux soit par le commerce et il y a peu encore en s’ouvrant des marchés par la force tel le continent chinois, l’Afrique et la colonisation, et en Europe deux guerres mondiales…
L’Homme nouveau ? ? ?
Et maintenant ? Les projecteurs sont braqués sur la seule réalité de notre quotidien : le consommateur. L’équation est enfantine, s’il ne consomme pas (notamment parce qu’il manque de moyens de paiement) celles et ceux qui produisent ne produiront pas ou plus, délocalisés, jetés, des salaires au pouvoir d’achat amputé des entreprises voire des régions à la recherche d’acheteurs c’est la crise vue d’un autre bout… Mais c’est la crise « réelle », son cortège de chômage, de regroupement, de concentration (voir Air-France avec Alitalia), de cupidité de ceux qui fabriquent du pouvoir d’achat mais dont l’esprit de lucre a fait table rase de toute moralité.
Il est clair que nous ne voyons pas bien encore quel est le changement du monde auquel nous assistons, trop habitués à courir dans l’espace de l’esclavage antique devenu « toujours plus », consommer toujours plus, au point que le projet de ce jour proposé par Barak Obama prévoit une baisse d’impôts de 1000 dollars à 95 % des américains pour qu’ils puissent « Consommer », pour un déficit du budget qui atteindra 1250 milliards de dollars (presque 10% du PIB !!!). Chez nous qu’a-t-on fait d’autre quand Michel Rocard 1er ministre de François Mitterrand a mis en place le RMI qui n’est rien d’autre qu’une redistribution d’argent où le concept Prix Salaires Profits est en panne. Ce que le monde capitaliste de la redistribution ne sait pas faire particulièrement s’il n’y a pas échange travail contre salaire et, quand les productions ne trouvent pas acheteurs alors que les moyens de production attendent des ordres pour produire, tout se bloque. Pour débloquer une telle situation un nouveau concept a fait surface venu de la nécessité de consommer pour produire : créer et distribuer du pouvoir d’achat. Pour cela tout l’arsenal de la compassion était nécessaire, il fallait justifier ce colossal changement, cette rupture avec la plus ancienne des règles de l’économie. Le RSA en a donné une nouvelle présentation mais sur le fond, la novation c’est : distribuer du pouvoir d’achat même s’il n’y a pas un travail effectif rendu.
L’ingéniosité de l’homme est incommensurable et il devra trouver les moyens juridiques à mettre en place pour un tel système de redistribution. Mais notre cécité est encore telle aujourd’hui que comprendre ce changement est rien moins qu’un roman (sans épithètes).
... dans un monde nouveau
Ainsi, la moralisation du capitalisme pour contrer la peur existentielle du manque ne pourra être envisagée qu’en sortant de la bulle des limites intellectuelles dans laquelle toute l’humanité est enfermée à cause du vieux précepte biblique : tu gagneras ton pain à la sueur de ton front. L’Abondance grâce à l’intelligence de l’Homme fait irruption, chassant la Pénurie. C’est de cela que nous sommes malades.
Un nouveau monde est en train de naître qui demande déjà ses règles, il en faudra certes. La Crise est donc peut-être La Chance d’un siècle encore souffrant de sa survenue étonnante.
C’était tout le sens de mes vœux de nouvel an, que notre Terre devienne la Terre des Hommes.
Jacques LAÏK Juvisy/Orge le 08 janvier 2009
14:40 Publié dans humanisme et philosophie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : jacques laïk, crise, humanisme, capitalisme



Commentaires
Bonsoir MaryAnne,
Tu évoques bleuets et coquelicots, j'aime assez, mais sais-tu que la symbolique est similaire???
Bleuet nous avons perdu son sens chez nous depuis fort longtemps, mais pas chez les Anglo-saxons d'outre-manche avec leur coquelicot!!??
La crise ne leur est pas seulement imputable, et puis dans les milieux avertis, tous savaient...A moins d'etre sourd et aveugle...
Ecrit par : Martine | 01.02.2009
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